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FourragesÊtre plus autonome : oui mais pas à n'importe quel prix !

| par | Terre-net Média

Améliorer l'autonomie alimentaire : voilà un objectif partagé par beaucoup d'éleveurs et dont les fourrages en sont le principal levier. Qu'ils soient pâturés ou stockés, il est important de faire le point pour vérifier que cette autonomie soit bien financièrement intéressante. Ça passe notamment par le coût de mécanisation et la productivité de la culture (en quantité et qualité).

Si le fait d'améliorer l'autonomie fourragère fait grimper les charges de l'élevage (notamment par les coûts de mécanisation), mieux vaut bien étudier la chose.Si le fait d'améliorer l'autonomie fourragère fait grimper les charges de l'élevage (notamment par les coûts de mécanisation), mieux vaut bien étudier la chose. (©Terre-net Média) Vouloir gagner en autonomie fourragère et/ou protéique est une bonne chose et de nombreuses solutions existent. En revanche, il est important de peser le pour et le contre de chacune d'entre elles pour qu'autonomie puisse rimer avec réduction des charges.

C'est notamment ce qui a été reproché dans un précédent article à Anton Sidler dans sa ration à base de méteil en vue de produire 25 l de lait sans tourteau. Sur les réseaux sociaux, les lecteurs s'étonnent que l'éleveur distribue des céréales traitées à l'urée alors qu'il prône l'autonomie.

Sur le même thème, retrouvez les conseils des nutritionnistes > Légumineuses, graminées, méteil, maïs grain : quelles pistes pour mon système ?

Benoit Laffineur, délégué régional du Gnis, rappelle les bases de l'autonomie fourragère dans un communiqué de presse :

- Produire son fourrage et son concentré sur l'exploitation avec un rapport PDI/UFL qui corresponde aux besoins des animaux.

- Produire des fourrages avec un taux d'encombrement faible. C'est souvent cet encombrement trop élevé qui fait que les besoins ne sont pas satisfaits pas les fourrages. Il existe d'ailleurs une corrélation étroite entre valeurs alimentaires et encombrement : moins un fourrage est  encombrant, plus la ration sera concentrée en énergie et protéines (voir tableaux ci-dessous).

Lorsque la valeur d'encombrement des fourrages augmente, la valeur alimentaire (énergétique et azotée) dimunue.Lorsque la valeur d'encombrement des fourrages augmente, la valeur alimentaire (énergétique et azotée) diminue. (©Gnis)

Produire des fourrages avec de bonnes valeurs alimentaires, sans trop de frais de mécanisation.

- Le concentré ne doit venir que pour équilibrer la ration de base et l'objectif est d'en distribuer le moins possible. Il faut donc que les fourrages soient riches en protéines de base (ce qui fait le plus souvent défaut). Les besoins en PDI des vaches laitières peuvent par exemple atteindre 120 g/kg MSI contre 80 à 100 g pour des génisses ou vaches allaitantes.

- À l'inverse, c'est parfois l'énergie qui fait défaut, mais c'est dans ce cas plus facile de palier le manque grâce aux céréales ou à la betterave fourragère.

- Dernier aspect : les coûts de récolte et du stockage des fourrages qui peuvent parfois grimper fortement.

Du côté de l'autonomie protéique, la compétition entre alimentation animale et humaine et souvent pointée du doigt. L'Idele tord le cou aux idées reçues en affirmant que « 76 % des élevages laitiers sont producteurs nets de protéines : ils en produisent plus qu'ils n'en consomment. »
Retrouvez l'article complet en cliquant sur le lien ci-dessus.

Le Pâturage : solution économique mais technique

Bien-sûr, l'herbe pâturée est indétrônable côté coûts de production. Pourtant, le pâturage ne se résume pas qu'à lâcher des vaches dans un champ. C'est bien plus technique ! Et l'expert du Gnis explique : « Il faut déjà choisir les bonnes espèces par rapport aux conditions pédoclimatiques, à la résistance aux maladies, respecter une proportion suffisante de légumineuses et graminées et les exploiter à un stade optimum. »

Les légumineuses : l'épicentre de l'autonomie fourragère !

« Pour rappel, le déprimage est primordial pour la saison de pâturage, l'objectif étant d'exploiter l'herbe sur la plus grande durée. Il faut aussi savoir faire du stock sur pied pour les périodes difficiles. »

Shane Bailey de Pâturesens recommande d'ailleurs dans ses conseils sur la mise à l'herbe : « L'enjeu de la mise à l'herbe est d'enlever la matière morte. Il faut alors sortir à l'herbe tôt pour maîtriser la qualité de la prairie. La matière morte qui ne sera pas sortie en début de saison sera gardée toute l'année. Ce doit être votre pire ennemi. »

Stocker du fourrage pour sécuriser le système

Même principe que pour le pâturage : « Plusieurs paramètres sont à estimer pour les fourrages à récolter : choisir des espèces adaptées, productives et avec des valeurs alimentaires et une appétence suffisantes. Le mode de récolte et de conservation est tout aussi important. » Benoit Laffineur insiste : « La productivité est même le premier levier de la réduction du coût de récolte. »

D'autres espèces existent aussi, il ne faut pas les oublier : le chou, la betterave fourragère, le sorgho ou encore le colza. La betterave fourragère conjugue productivité (jusqu'à 17 t de MS/ha) et faible encombrement. Le sorgho apporte de l'énergie mais surtout un fourrage vert en période estivale pour compléter l'herbe. Le colza fourrager s'inscrit quant à lui parmi les couverts végétaux d'intercultures intéressants à exploiter.

Sans oublier bien entendu les légumineuses, « l'épicentre de l'autonomie fourragère ». Qu'elles soient utilisées en pure ou associées, au pâturage ou récoltées, elles apportent la protéine et peuvent largement remplacer le tourteau des rations. Sans parler des qualités agronomiques des légumineuses (fertilisation azotée, reliquat)... Là aussi, le choix de l'espèce est déterminant.


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DÉJÀ 19 RÉACTIONS


Antoine-gagneur
Il y a 18 jours
Activités très passionnantes!
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!!!
Il y a 9 jours
DSL PDIE non limitant
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!!!
Il y a 10 jours
Aliplus, maxxamon, vitalac c’est la même chose une base urée 15 kg/t+la poudre de perlimpinpin vendu très cher . Urée +eau+amidon=production de bicarbonate d’ammonium donc très fort pouvoir tampon azote soluble pdin et conservateur. Mais perte d’uf Par la réaction exothermique. Si tu a une ration 100% maïs avec de l’acidose Et PDIE limitant tu va me dire c que des c... ça marche super si ta compris le fonctionnement d’une panse Cb % amidon fibre sucre ect..... ça fait très cher pour du PDIN et une rustine sur une chambre à aire percée
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Jonathan
Il y a 18 jours
J'ai essayé de l'aliplus (orge) pour les vaches, je n'ai rien vu de spectaculaire. Ils m'ont dit d'en mettre 5 kg par vache. J'ai un plus de 100 vaches, ça fait 500kg par jour donc 15t par mois. désolé mais pour moi je trouve que ça fait beaucoup trop....
Aux autres utilisateurs dites moi ce que vous en pensez !
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Cyrille
Il y a 18 jours
J'éviterai, le traitement alliplus est a base d'urée. Metaboliquement, le veau ne rumine pas encore, il ne va pas 'transformer' l'azote aliplus. Tes génisses ne vont pas être couverte en protéine (sous forme d'acide aminés). Il me semble qu'on trouve pas d'aliment veau avec de l'urée ou sulfate d'ammonium
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Ingalls
Il y a 17 jours
Achète du tourteaux de colza sous forme de granulés. Tu mélanges ça avec du maïs grain (1/3 ttx - 2/3 maïs) et c'est bon ça revient pas trop cher et c'est très efficace.
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MAN49
Il y a 18 jours
Y en a t il parmi vous qui utilisent du blé et / ou du maïs traité à l'aliplus pour les petites génisses dés 8 jours? Pour éviter l'achat d'aliment du commerce....
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Popeye
Il y a 19 jours
L'autonomie alimentaire nous a sauvé.nous avons gagne 10000euros d'ebe ce qui n'est pas enorme par rapport au conventionnel mais nous n'avons plus de dettes fournisseurs....et 100 euros d'ebe par ha de SAU ça. N'est pas si mal...
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prudence
Il y a 19 jours
L'autonomie alimentaire est rentable à condition d'être autosuffisant en fourrage et d'avoir un chargement inférieur à 1,4 ugb ; sinon on courre à l'augmentation des charges par le biais des frais vétérinaires et des achats d'aliments .
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Patrice brachet
Il y a 18 jours
Merci pour l invitation et pourquoi pas ! Pour le lait il faut un lait de qualité et surtout ne pas chercher à exploser les volumes ! On a des industriels qui ont de la demande de lait de qualité c est une niche actuellement mais cela va évoluer car encore personne n en parle mais quand je montre mes analyses de lait ( payées de nôtre poche) a des industriels ils t avouent qu ils ne voudraient que du lait comme ça. Aujourd’hui ce qui bloque c est que la nourriture ne compte plus dans un budget c est banalisé. Je ne pense pas me tromper ou un jour viendra où il va falloir tout revoir sinon on part à la catastrophe démographique ( je sais que l on est trop mais quand même) Nos résultats intéressent au plus haut sommet et c est parti en flèche ( t’inquiète pas mes chevilles ne gonflent pas)
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