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FourragePlantain et chicorée : des espèces qui survivent à la sécheresse

| par | Terre-net Média

Si la sécheresse de cet été a fortement grillé les prairies classiques de ray-grass/trèfles, il est temps de songer à semer d'autres fourrages pour ne pas se faire avoir l'année prochaine en cas de nouvel épisode caniculaire. La chicorée et le plantain ont cet avantage d'offrir un fourrage vert et relativement durable.

Le plantain, riche en tanins s'associe facile à la chicorée ou à un mélange de graminées et de trèfles et offre un fourrage vert sur une longue duréeLe plantain, riche en tanins s'associe facilement à la chicorée ou à un mélange de graminées et de trèfles et offre un fourrage vert sur une longue durée. (©CC)

Les amateurs de pâturage en parlent et quelques-uns les ont testés : le plantain et la chicorée ne sont plus exclusivement réservés aux prairies néozélandaises. Semées ensemble ou séparément, ces deux espèces ont comme vertu principalement connue d’être riches en tanins. Pour rappel, les tanins réduisent la part des protéines solubles contenues dans les légumineuses (digérées par les bactéries du rumen) en les rendant plus assimilables par l’animal au niveau de l’intestin.

De la chicorée et du plantain en association

Si ces deux espèces sont souvent cultivées en mélange pour du pâturage, deux périodes de semis sont envisageables : au printemps ou après la moisson (d’août à septembre) afin de les exploiter au printemps suivant. Le hic souvent relevé est la procuration des semences : tous les fournisseurs n’ont pas de plantain ou de chicorée à leur catalogue, mieux vaut donc s’y prendre à l’avance pour la commande des semences.

Les semenciers et chambres d’agriculture préconisent de combiner la chicorée et le plantain à un mélange de trèfles (blancs et violets) ainsi qu’à des graminées. Cela permet d'obtenir un fourrage qui reste vert quand les classiques mélanges RGA-TB souffrent de la sécheresse (leur pousse s’étale sur un plus long temps). Quelques éleveurs ont néanmoins relevé que la chicorée pouvait avoir tendance à prendre le pas sur le plantain (elle se développe plus rapidement).

La chicorée fourragère : faire pâturer au bon stade

Avec une bonne résistance en périodes sèches, la chicorée fourragère possède une forte vitesse de pousse. Utilisables en prairie temporaire comme en dérobées fourragères, ses petites graines sont à semer en fin d’été ou au printemps (et éventuellement en sursemis) en pur ou en mélange (dans ce cas, prévoir 1 à 2 kg/ha de chicorée, voire moins, en association avec des graminées et des légumineuses).

Les racines à pivot de la chicorée lui permettent une bonne résistance à la sécheresseLes racines à pivot de la chicorée lui permettent une bonne résistance à la sécheresse. (©Terre-net Média)

Si la chicorée permet d’obtenir des prairies de longue durée, son exploitation reste délicate : il ne faut pas la laisser trop se développer. En effet, si celle-ci monte en tige, les bovins risquent de la bouder et elle perdra ses valeurs alimentaires. C'est d'autant plus vrai sur la deuxième année d'exploitation. Pour ce faire, il est conseillé de revenir sur la parcelle toutes les deux à trois semaines.

Les résultats d’analyses de valeurs alimentaires de la chicorée sont souvent supérieurs aux prairies RGA-TB avec 0,97 UFL et jusqu'à 25 % de MAT pour les meilleures.

Le plantain fourrager : plus facile à exploiter

Concernant le plantain et d’après les divers retours d’expériences, seule la variété Cérès tonic semble tenir la route. Il s’associe aussi bien avec la chicorée qu’avec d’autres espèces (en étant moins agressif que cette dernière). En mélange avec la chicorée, le plantain permet de compléter l’offre de fourrage en arrière saison lorsque celle-ci devient moins productive.

Il est fréquemment semé en mélange pour une longue durée (dans ce cas, prévoir 1,5 kg/ha avec des graminées ou un mélange de trèfles et de la chicorée). Certains mélangent aussi le plantain à la luzerne. Pour ce qui est du semis, il est plutôt conseillé de le réaliser au printemps qu’à l’automne car dans ce dernier cas, le plantain ne va pas s'être suffisamment développé pour passer l’hiver.


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DÉJÀ 4 RÉACTIONS


Plantain
Il y a 472 jours
En théorie, le plantain et la chicoré sont fait exclusivement pour le pâturage, mais certaines personnes arrivent bien à le conserver en enrubannage. Ce sont des plantes qui sont assez difficile à sécher
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Patrice Brachet
Il y a 477 jours
Peut-on ensiler ces plantes? Et si oui quel rendement ? Mais en lisant le commentaire précédent les températures descendent à plus de -10 chez-moi l implantation n est elle pas risquée ?
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Cricri 29
Il y a 471 jours
Nous avons semé le 6 avril 2018 un mélange Rga-Tb classique plus 2 kg de plantain ! Sceptique au départ je constate malgré des conditions climatiques peu favorables une pousse importante Et partante! A suivre
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Rv
Il y a 478 jours
J'en ai semé en avril 2017 pour créer une rotation dans mes parcelles proches de l'étable sans perdre de surface pâturage à 2 kg/ha de chaque.
La première année c'est très bien passé avec des passages tous les 3 semaines.
Mais la chicorée n'as pas passé l'hiver plus froid que d'habitude mais pas si terrible 2-3j à -5° (Finistère) c'est ça ou autre chose, mais la parcelle c'est sali dans les trous. Le plantain est bien là, un peu de mal a faire pâturer les tiges.
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