L'actu d'ArvalisPerformances techniques d'un essai bio de longue durée

| par Arvalis-Institut du végétal | Terre-net Média

Depuis 2009, Arvalis évalue la faisabilité d'un système céréalier bio autonome en azote sur sa station de Boigneville (Essonne). Découvrez les premiers résultats techniques.

 

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Ce dispositif étudie un système de grandes cultures conduites en agriculture biologique sans apport extérieur d’engrais organiques, en particulier d’azote. Après 10 ans de suivi, il permet de répondre aux différentes questions posées par les acteurs de l’agriculture biologique d’Ile-de-France (fertilité des sols, gestion de l’enherbement, biodiversité, consommation d’énergie, lixiviation des nitrates).

Une rotation riche en légumineuses, toujours plus longue

Le dispositif étudié repose sur une rotation longue avec de nombreuses légumineuses : sources d’azote du système, associées à des cultures plus rémunératrices, à destination de l’alimentation humaine. La luzerne est le moteur de ce système. Cette légumineuse apporte de l’azote et joue un rôle essentiel dans la gestion des adventices.

Les rotations étudiées sont cohérentes avec celles pratiquées dans la région Ile-de-France. Historiquement, la rotation testée sur l’essai était d’une durée de 6 ans, avec, en tête de rotation, de la luzerne. La contre-performance des luzernes, observée depuis 2013, a conduit à l’allongement de la rotation à 8 ans en 2015, rendant encore plus représentative cette pratique (moyenne francilienne de 7 cultures par exploitation d’après la Chambre d’agriculture d’Ile-de-France sur la période 2005-2017).

Afin de limiter le lessivage de nitrates parfois conséquent suite au retournement de la luzerne, la rotation a été modifiée et un blé de blé a été intégré (faute de pouvoir garantir le succès d’un colza bio – problème récurrent d’insectes sur le secteur). La rotation passera à 10 ans en 2019

Performances techniques d’un essai bio de longue duréePerformances techniques d’un essai bio de longue durée (©Arvalis-Institut du végétal)

Des rendements et des qualités globalement satisfaisants sauf en luzerne

Depuis sa mise en place en 2009, plusieurs indicateurs sont suivis : itinéraires techniques, notations adventices, reliquats azotés, analyses de sol complètes, rendements, qualité des grains… À l’exception de la luzerne, les rendements obtenus sur cet essai reflètent les potentiels atteignables en bio dans ce contexte pédoclimatique. À noter que toutes les cultures de la rotation sont présentes chaque année sur le dispositif.

Evolution des rendements du dispositif bio de Boigneville (91)Évolution des rendements du dispositif bio de Boigneville (91) (©Arvalis-Institut du végétal)
Remarque : le potentiel d’un blé conventionnel dans ce contexte se situe autour de 80 q/ha.

Les variétés de blé sont choisies en fonction de leur position dans la rotation. L’objectif est d’avoir un blé panifiable, le différentiel de prix avec un débouché fourrager étant marqué (entre 70 et 90 €/t sur 10 ans), différentiel qui tend à s’accentuer ces dernières années. Les variétés derrière luzerne ont un profil alliant productivité/protéines alors que les variétés les plus « éloignées » de la luzerne sont choisies pour leur capacité à faire des protéines avant tout. Cette stratégie a permis d’atteindre, même sans apport exogène d’azote, en moyenne la teneur de 10,5 % requise en protéines.

Aucun problème de mycotoxines n’a été observé sur le dispositif.

Evolution des rendements du dispositif bio de Boigneville (91)Évolution des rendements du dispositif bio de Boigneville (91) (©Arvalis-Institut du végétal)

Les rendements de blé tendre sont très liés à l’azote disponible dans le sol en sortie d’hiver. De forts reliquats sont souvent synonymes de bons rendements.

Relation entre rendements des blés bio et reliquats sortie d’hiverRelation entre rendements des blés bio et reliquats sortie d’hiver (©Arvalis-Institut du végétal) 

Une carence en soufre pénalise la croissance de la luzerne

Des problèmes de développement de luzerne nous ont conduits à faire des diagnostics approfondis (analyses, essais aux champs et en laboratoire). Ils ont mis en évidence une carence en soufre, phénomène en lien avec des retombées atmosphériques en diminution constante (60 kg SO3/ha en 1980, 24 kg/ha en 1990, 3,3 kg/ha émis en 2014). Pour y remédier, des apports systématiques de kiésérite (l’équivalent de 60 kg SO3/ha) sont réalisés chaque année sur la luzerne depuis 2017. Si l’autonomie en azote semble aujourd’hui possible sans aucun apport de fertilisants extérieurs, il n’en est pas de même pour le soufre.

Pour le phosphore et le potassium, la problématique est un peu différente : si la luzerne permet d’enrichir le sol en azote, elle exporte beaucoup de potassium et de phosphore. Si les teneurs du sol en P et K sont en diminution, la teneur en potassium reste satisfaisante en lien avec la richesse du sol. Pour le phosphore, les teneurs sont plus préoccupantes bien qu’encore loin des seuils les plus bas rencontrés dans la région en bio. De nouvelles mesures sont prévues au cours de l’automne 2019 et feront l’objet d’une étude approfondie.

Une gestion des adventices satisfaisante

La gestion des adventices est aujourd’hui correcte sur le dispositif de Boigneville malgré les problèmes rencontrés sur luzerne. Combiné à d’autres leviers agronomiques, le binage à faibles écartements couramment pratiqué donne des résultats satisfaisants.

Les résultats économiques du dispositif feront l’objet d’un autre article. À suivre...


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DÉJÀ 29 RÉACTIONS


jean
Il y a 27 jours
dans ma région il y a aussi des fermes de400 ha qui font du bio .avec des amendements organique provenant des élevages non bio mais jusqu a quand c est sur c est le système polyculture élevage l idéal mais il ne faut plus manger de viande alors....
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nanard3
Il y a 27 jours
Et avec des cultures de légumes ou de la pomme de terre dans la rotation, ça donne quoi?
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hub
Il y a 27 jours
La "grande culture " ,c'est le bébé de l'agrochimie,ca ne peut pas marcher sans phyto ... Le seul systeme qui vaille c'est la polyculture-elevage !!
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professeur chorn
Il y a 23 jours
En France?
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Schumi79
Il y a 27 jours
Au lieu de râler comme des veaux, vous feriez mieux de faire du bio et de l'Agro écologie ! J'ai visité des fermes de 400 hectares en bio !
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polo
Il y a 27 jours
continuez a faire mumuse avec les sous des agriculteurs ;la planete famine vous tend les bras ;;et un peuple qui a faim; je vous laisse deviner la suite !!!!!
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Cabeillade
Il y a 27 jours
Je pense qu'aucun système n'est vraiment viable actuellement, mais c'est plutôt dû au contexte économique qu'aux pratiques de chacun. Même si on n'exporte qu'une coupe, je ne considère pas une parcelle en luzerne comme improductive vu le levier que ça représente niveau fertilité et gestion de l'enherbement. Il est effectivement préférable de travailler avec des couverts inter-cultures et des associations afin de pouvoir continuer à dégager du revenu mais le super travail de décompactage en profondeur qui ne peut être opéré que par des pérennes comme la luzerne ou la fétuque prend vraiment effet la deuxième année, c'est comme ça. Si c'est ponctuel, ce n'est pas moins viable qu'un autre système je trouve.
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Réaliste
Il y a 27 jours
Ce qu'il faut surtout lire ici entre les lignes c'est qu'il ne faut rien exporter les années de luzerne. En clair faucher et laisser sur place. D'ailleurs ça commence à faire consensus chez les bio où de + en + n'exportent qu'1 coupe/an.
Donc ça veut dire que pour maintenir un système bio à peut près viable il faut entre 30 et 50% de la surface improductive (le temps de la luzerne dans la rotation). Je n'en rajoute pas, je pense que tout le monde a compris la viabilité économique.
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Bobbobbob
Il y a 28 jours
Vue les terres que c est, il ne font pas 80 q en blé mais plutôt 100 q en conventionnelle !
Et tous le monde n a pas la chance d avoir des usines a côté pour faire de la luzerne ou du lin!
Bref si tous le monde doit faire de la luzerne pour viabiliser le système bio va y avoir de la surproduction !
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Silou
Il y a 28 jours
Les assolements trienals sont nécessaires pour la rotation des cultures
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