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Autonomie protéiquePatrice Brachet, éleveur de Dordogne, teste des associations de fourragères

| par Nicolas Mahey | Terre-net Média

Patrice et David Brachet, éleveurs laitiers à Azerat (Dordogne) ne labouraient déjà plus depuis 1997 quand ils rencontrent Konrad Schreiber en 2012. Agronome atypique connu pour ses travaux sur les TCS et son engagement pour l'autonomie fourragère et protéique, celui-ci les accompagne aujourd'hui dans le suivi de leurs méteils. Trois nouvelles associations légumineuses/maïs sont notamment à l'essai depuis l'année dernière.

Patrice Brachet teste plusieurs associations de variétés en méteil pour une autonomie fourragère et protéique de son élevagePatrice Brachet teste plusieurs associations de variétés en méteil pour une autonomie fourragère et protéique de son élevage. (©Nicolas Mahey)

Patrice Brachet reconnait lui-même « ne pas toujours être pris au sérieux. Pourtant, nous obtenons des résultats », affirme-t-il. Il faut dire que la démarche de ce laitier périgourdin, en Gaec avec son fils et son épouse a de quoi surprendre. Pionniers du non-labour dans son département puis des techniques culturales simplifiées, les Brachet cultivent aujourd’hui 65 ha de méteils dont 10 ha de mélange-tests associant maïs et légumineuses. « C’est en 1997 que j’ai pris conscience de l’importance de la vie du sol, explique Patrice Brachet. J’ai travaillé vingt ans à la charrue. Plus on pouvait descendre profond, mieux on se portait. C’était l’usage. » C’est en essayant un déchaumeur Smaragd qu’il a le déclic : « le sol était ameubli sans être déstructuré : j’ai été immédiatement convaincu. Par la suite, nous n’avons travaillé qu’avec ça, avant de passer aux TCS, puis au semis direct. Nous avons toutefois fait une exception en 2002, avec un labour pour détruire 30 ha de ray-grass. »

Un mélange d'espèces « maison » pour un ensilage de méteil

Installé sur 114 ha en système intensif, le Gaec Brachet possède un troupeau de 150 laitières et produit 1,3 million de litres (chiffres 2017). Côté cultures, 55 ha sont semés avec un mélange d’espèces maison (voir tableau 1) entre le 15 octobre et le 5 novembre. Des maïs suivent immédiatement après. Objectif : parvenir à l’autonomie fourragère et protéique. But actuellement atteint aux deux tiers, 30 % de la ration apportée aux laitières comportant encore 3,5 à 4 kg de tourteau de soja non-OGM par animal, soit 50 000 €/an. Un coût « non négligeable » dont les associés aimeraient s’affranchir totalement. Composée pour moitié de méteil et de maïs ensilage, à quoi s’ajoutent 4 kg de farine d’orge par vache, le coût de la ration est de 95 € pour 1 000 litres de lait.

« C’est Konrad Schreiber qui nous a suggéré d’implanter des mélanges. Nous avions des difficultés à détruire nos ray-grass avant maïs ; on a démarré sur une petite surface et aujourd’hui le méteil est notre culture principale. » Il faudra trois ans d’essais pour arriver à une recette satisfaisante : « changer de système ne se fait pas du jour au lendemain. Le choix d’espèces adaptées aux conditions pédo-climatiques est primordial », fait remarquer Patrice Brachet. Le méteil est ensilé fin mai puis stocké en silo-taupe. « Il faut bien évaluer le stade de récolte. Ensilé trop tôt, le produit est trop azoté. »

Doses/haCoût/haStade de récolte% de MS

MAT

(g/kg de MS)

UFL

(UFL/kg de MS)

PDIN

(g/kg de MS)

PDIE

(g/kg de MS)

Avoine (semence fermière)50 kg4,80 €laiteux32 %11 à 16 selon analyses0,8075 à 92 selon analyses78 à 85 selon analyses
Fèverole (semence fermière)50 à 60 kg10 €graines formées
Pois arkta (variété résistante au gel)15 kg21,75 €gousses formées
Vesce velue7 kg23,10 €fleurs
Trèfle squarrosum et/ou* trèfle micheli3 à 3,5 kg7,95 €

boutons (squarrosum)

fleurs (micheli)

67,60 €/ha

* : Semés habituellement en mélange mais en terrain inondable : micheli seul / sol sec : squarrosum seul.

Associer maïs et légumineuses pour un fourrage riche

10 ha habituellement laissés en jachère avant un orge ont également été affectés depuis l’année dernière à des associations maïs/légumineuses (voir tableau 2) - dont certaines, comme le lablab sont peu connues. Appelée aussi pois antaque ou dolique d'Égypte, cette fabacée au port grimpant est largement répandue dans les régions tropicales. Le cowpea à quant à lui déjà fait l’objet d’essais dans l’est de la France et le Maine-et-Loire ; également baptisée cornille, dolique à œil noir ou niébé, l’espèce est couramment cultivée dans le sud des États-Unis, aux Caraïbes et au Brésil. Récoltées avant maturité, ces plantes s’adaptent bien au climat du sud-ouest et bénéficient du réchauffement climatique.

Maïs + fèverole : l'association gagnante !

Moins exotiques, la fèverole et la vesce velue ont à leur tour été testées. « Nous avons obtenu des résultats encourageants, affirme l’éleveur. L’association la plus productive semble être maïs/féverole, même s’il faut travailler à augmenter le pourcentage de matière sèche à hauteur de 28 à 30 %. Maïs/cowpea est intéressant également, notamment au vu des propriétés désherbantes de celui-ci. Concernant le lablab, les résultats sont bons mais je crains que le volume de matière végétale produit par cette plante ne provoque la verse du maïs en zone venteuse ou sensible à la fusariose. » Quant à la vesce velue, celle-ci a tellement pris le pas sur le maïs qu’elle l’a étouffé. « En revanche le sol était extrêmement propre après récolte. Même le chardon n’avait pas poussé », fait-il remarquer.

Dose/haCoût/haStade de récolte% de MSMAT (g/kg de MS)UFL (UFL/kg de MS)PDIN (g/kg de MS)PDIE (g/kg de MS)
Maïs*80 000 pieds120 €Pâteux-laiteux27 %13,5 (à améliorer)0,83 (à améliorer)8388
Lablab (Lablab purpureus)20 kg100 €Premières fleurs
Maïs*80 000 pieds120 €Pâteux-laiteux27 %13,5 (à améliorer)0,83 (à améliorer)8388
Cowpea (Vigna unguiculata)20 kg100 €Premières fleurs
Maïs*80 000 pieds120 €Pâteux-laiteux23 % (à améliorer)16,50,8310395
Féverole150 kg30 € (semences fermières)Fleurs
Maïs80 000 pieds120 €Néant (étouffé)32 % préfané16,50,7111080
Vesce velue15 kg52 €Premières fleurs

* : indice 360

Un système qui n’est pas sans impliquer quelques inconvénients, comme l’admet lui-même Patrice Brachet.  Ainsi, épandre le fumier avant les semis entraîne une importante surcharge de travail à l’automne. Les méteils sont également gourmands en eau : « nous sommes dans le sud, précise l’exploitant. En terrain léger, si la météo n’est pas favorable, il faut prévoir au moins un à deux passages d’irrigation (minimum 80 mm d’eau) sur les maïs par la suite. » L’important volume de masse végétale des méteils a en outre occasionné de la casse au moment de la récolte. « Il a fallu faucher à la barre de coupe et faire venir deux ensileuses. Ça a été un chantier très compliqué. Actuellement il n’y a pas de matériel adapté qui soit homologué sur route. » Côté financier, tout n’est pas rose non plus : actuellement en redressement judiciaire, l’exploitation est fragile. À 60 ans, Patrice Brachet a renoncé à prendre sa retraite pour « remettre d’aplomb la trésorerie en travaillant comme on le fait aujourd’hui. » Actuellement, la marge brute de  l’exploitation affiche 8,27 € pour 1 000 litres.

L'association maïs/lablab donne un fourrage assez dense mais M. Brachet craint que cela ne provoque la verse du maïsL'association maïs/lablab donne un fourrage assez dense mais Patrice Brachet craint que cela ne provoque la verse du maïs. (©Nicolas Mahey)


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DÉJÀ 32 RÉACTIONS


PATRICE BRACHET
Il y a 124 jours
Je viens de lire un dossier sur les méteils sur une revue nationale c est à vous couper l envie d en faire j ai beaucoup à apprendre mais là on a un concentré de c........
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PATRICE BRACHET
Il y a 152 jours
Je croyais que la vente de protéines ne rapportait pas On n à pas de marges vous dit on Ben tous le monde doit pas penser pareil
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PATRICE BRACHET
Il y a 150 jours
Capitaine d accord car j en prends plein la tronche quand je dis on a presque tout sous la main mais voila je gêne et c est comme dans un autre forum les elfes que l on vous envoie pour vous dire que vous avez tord Mais manque de bol je suis un vieux con et du signe du bélier donc je n ai pas peur d encorner quand je suis extrêmement sur d avoir raison !
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tell14
Il y a 148 jours
salut capitaine tu as l air d etre bien au courant du plan legumineuses
peux tu nous dire si le ministre revient sur sa position?
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Capitaine
Il y a 150 jours
L'aide à la légumineuse pure est maintenue. En revanche l'aide à la légum. associée à une graminée est suspendue et l'aide à l'association de plusieurs légumineuses reste d'actualité aussi.La profession sera reçue au ministère de l'agriculture le19 .02 pour qu'il revoie sa copie. L'enveloppe allouée à la France pour ces aides s'élève à 95 millions d'€ , seul 33 sont consommés chaque année. Voilà le pourquoi de sont retrait. Pour consommer local produisons local!!! Le soja de Chine ou sud américain laissez le dans les supertankers de 28 000 t . On a tout pour faire du lait et de la viande chez nous , manque plus la volonté. Affaire à suivre...
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tell14
Il y a 152 jours
en parlant de proteine notre ministre de l agriculture vient d abandonner l aide au plan legumineuses pour la pac 2018 et ceci de façon retroactive!!! j ai enguage des parcelles en 2016 et 2017 pour 3 ans et nounource supprime la mesure comme cela.trop d autonomie doit faire flipper les coops et la fnsea....et comme nounourse ne pige rien a l agriculture c est l fdsea 50 qui lui dit comment penser.
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La Chouette
Il y a 152 jours
Vous avez totalement raison il existe de nombreuses protéines pour équilibrer les rations et non ogm .c aux agriculteurs de se former et de s'informer en dehors des commerciaux qui vivent à leur dépand. Pour ce qui est des contraintes ogm ou non elles arriveront doucement mais sûrement sans même qu'on en soit les auteurs .
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PATRICE BRACHET
Il y a 152 jours
Je suis d accord mais dès foi il faut arrêter de tirer sur l ambulance Pour ma part aucun engagement ne doit se faire sans rétribution loyale mais il faut rester dans la logique des choses si je pique un coup de gueule c est simplement pour mettre en garde contre les dérives cela va tellement vite Je ne souhaite pas travailler à perte sinon c est la descente aux enfers donc je me bas pour une reconnaissance du travail accompli par tous les éleveurs mais ce n est pas une démarche qui va faire manquer de non ogm et tout en restant à des prix logiques Certains le savent on a à d autres façons d avoir de la protéine à prix égal au colza
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titian
Il y a 152 jours
Désolé Patrice, mais tes collègues ont en partie raison, il te faut être très très prudent dans ta communication.
Car avec certains autres dans la filière, on a très vite fait d'essuyer les plâtres avec gratuité, et de faire glisser tout le monde vers des contraintes et de nouvelles obligations, sans rétribution, bien entendu...
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PATRICE BRACHET
Il y a 153 jours
Merci La Chouette pour le conseil mais faut pas que tout le monde ai là même idée car ça va pas le faire ‘ Pour ma part je vais faire part de mon agacement a tout les coups de fil de collègues inquiets par le mot non ogm : on va en manquer ! Tu fais chi....... et moi je répond : pas de panique on a plein de solutions de remplacement ! Par contre que font nos organismes de vulgarisation ? Cela serait à eux de se gratter la tête !
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