Paroles de lecteursLorsque le pâturage régénératif fait (re)naître de multiples débats

| par | Terre-net Média

Le pâturage régénératif, pratiqué par Julien Mermon et ayant fait l'objet d'un reportage la semaine dernière sur Web-agri, a renouvelé les sujets de discussion entre les lecteurs, même s'il reste lié aux fourrages, l'une de leurs thématiques de prédilection. En plus, l'éleveur interrogé s'est mêlé aux échanges, répondant aux questions de ses pairs et apportant les précisions demandées. Un bel exemple de partage d'expériences !

paroles de lecteurs web agri julien mermon eleveur pratiquant le paturage regeneratif  « Comme je n'épuise pas l'herbe par un surpâturage, elle pousse », fait remarquer Julien Mermon. (©Émilie Durand // Création Terre-net Média) 

Massol félicite Julien Mermon, l'éleveur du reportage sur le pâturage régénératif, paru la semaine dernière sur Web-agri : « Choix du type d’animal par rapport à la valorisation des fourrages produits sur la ferme, à la fertilité et aux aptitudes laitières : voilà un producteur plein de bon sens qui a su s'adapter à son exploitation » et à ses atouts/contraintes. (...). « Heureusement, dans toutes les races, des éleveurs n’ont pas écouté la musique des centres d’insémination qui prône des animaux de plus en plus gros et de plus en plus coûteux, donc de moins en moins rentables ! »

Voilà un éleveur plein de bon sens, qui a su s'adapter à sa ferme.

Jc le rejoint : « Bien dit @Massol ! »

Julien Mermon les remercie, précisant qu'il « essaie de revenir aux fondamentaux de l'agriculture et de l'élevage ». « La sélection des animaux aujourd'hui est, de mon point de vue totalement aberrante, poursuit-il. On sélectionne sur l'aptitude à grossir avec des aliments industriels, ce qui donne des bêtes complètement inadaptées, et avec lesquelles on produit moins de viande à l'hectare qu'avec des vaches beaucoup plus petites. Une fois de plus, tout est dans le paraître : il faut les plus grosses vaches, la plus grosse ferme, le plus gros tracteur... mais avec un porte-monnaie de moins en moins rempli. Perso, je préfère le contraire, mais ce n'est que mon avis bien sûr. »

Revenir aux fondamentaux de l'élevage.

« Récolter moins de foin et gérer les stocks sur pied »

Adrien Lhommet trouve « l'article très intéressant », tout comme la « vision de l'agriculture » de Julien Miermon, « plutôt juste » selon lui. « Du moins comme je la vois moi aussi », ajoute-t-il. Cependant, deux éléments lui posent question. « Peu de récoltes de foin, qu'est-ce que cela veut dire exactement ?, interroge-t-il. Car même avec votre système, l'herbe a dû mal à pousser de décembre à mars... Et quid de la sécheresse ? Nous, les prairies sont grillées tout l'été. »

Moi, mes prairies sont grillées tout l'été !

Julien Mermon lui répond : « @Adrien Lhommet, l'idée est de récolter moins de foin mais de faire et de gérer les stocks sur pied. D'où l'importance de la génétique qui est capable de se maintenir avec cette gestion. Pendant la période estivale, il faut des stocks sur pied les plus feuillus possibles, c'est-à-dire avoir une rotation longue dès le printemps et pratiquer un étêtage, ou alors sursemer au printemps une plante capable de pousser en été telle que le plantain ou la chicorée. Les réserves sur pied d'hiver sert pour des vaches à faibles besoins donc, cette année, c'est du foin que je n'ai pas fauché et comme il y a beaucoup de repousses dedans, je les ferai pâturer dans les mêmes conditions. »

Jeuneagri lance alors : « Personnellement, cela fait 4/5 ans que mon herbe est grillée du 20 juin au 10 octobre et je suis bien content d'avoir des grosses vaches, de gros taurillons et plein de camions d'aliment, parce qu'on n'a rien sans rien ! »

« Un chargement un peu faible ? »

Et l'hiver, quand l'herbe ne pousse plus ?

PàgraT demande à Julien : « Vous êtes sur sols filtrants ou hydromorphes ? Comment faites-vous l'hiver lorsque l'herbe ne pousse plus ? »

Julien Mermon y explique : « @PàgraT, je suis sur ces deux types de sols. J'ai des terres légères à dominante sableuse sur arènes granitiques et aussi des prés de fond avec des joncs, que l'on peut voir sur une photo dans le reportage. Depuis quelques années, les hivers sont doux et comme je n'épuise pas la plante par un surpâturage, elle pousse. Pendant l'hiver 2019-2020, cette parcelle où sont les génisses a été pâturée par cette catégorie d'animaux en janvier et mars, et avant en novembre par les brebis. Ensuite, l'objectif est de faire du stock sur pied. Cette année, j'ai essayé pour voir de ne pas faucher une pâture. » À suivre donc.

Les fourrages nourrissent les débats entre éleveurs sur Web-agri. Pour preuve dans ce Paroles de lecteurs.

« Reportage intéressant », estime également bzhgrassland, qui s'étonne toutefois : « Le chargement global paraît très faible. Peut-être est-ce lié au moindre potentiel des terres ? Mais comment se situez-vous par rapport au chargement global des vos voisins éleveurs ? Enfin, quel est le temps de retour sur une même pâture en fonction des saisons ? »

Julien Miermon reconnaît : « @bzhgrassland, oui, pour l'instant, le chargement est faible mais c'est ma première année avec ce système et il reste malgré tout élevé pour la région. Je suis monté jusqu'à 1 600 UGB/ha en chargement instantané. Le temps de retour est d'environ deux mois au printemps et davantage en été et automne. »

« Rien de nouveau »

Lau intervient : « Il y a 40 ans, on faisait cette technique du "fil avant fil arrière" dans les petites fermes de l'ouest pour optimiser le chargement et ça marche encore ! » Il juge néanmoins l'article digne d'intérêt. « L'éleveur a l'air bien dans ses bottes, c'est l essentiel ! », conclut-il.

L'éleveur a l'air bien dans ses bottes, c'est déjà bien !

titian renchérit : « Rien de nouveau ou comment faire du neuf avec du vieux en renommant les choses. Merci qui ?
André Voisin... »

Massol est d'accord : « Effectivement, il est difficile d’être éleveur sans avoir lu "La productivité de l’herbe" d'André Voisin. »

Meuh s'amuse : « D'un côté, on a le robot repousse-fourrage et de l'autre Julien, le "repousseur" de fils. Y en a un des deux que je préfère. Bravo juju ! »

Merci, Julien, d'avoir participé au débat !

Et Patrice brachet de conclure : « Et merci d'avoir participé au débat. J'adore une de vos phrases : "il faut les plus grosses vaches, la plus grosse ferme, le plus gros tracteur... mais avec un porte-monnaie de moins en moins rempli". Tout en vous contredisant un petit peu, ou plutôt en ajoutant "mais un énorme compte en banque" car ça existe aussi. »


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DÉJÀ 1 RÉACTION


Didier Fertil Fertil
Il y a 32 jours
Sur YouTube vous avez Greg Judy qui explique deux fois par semaine depuis plusieurs années comment il manage quasiment sans apport de Fourrage supplémentaires à la pâture un troupeau de cent cinquante mères et la suite sans étables ni tracteur 🚜?, vraiment pationnant !
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