Paroles de lecteursSorgho multicoupes : adapté aux étés secs ? Pas chez vous, on dirait...

| par | Terre-net Média

Alors que la chambre d'agriculture du Grand-Est et plusieurs éleveurs estiment que le sorgho multicoupes résiste bien à la sécheresse et le conseillent pour pallier le déficit fourrager en production bovine laitière, les lecteurs de Web-agri, eux, ne semblent pas convaincus par cette plante.

paroles de lecteurs web agri sorghoPour titian, cette plante ne fait « pas de miracle » ! (©Chambre agriculture du Grand Est // Création Terre-net Média)

Jp44 a réalisé « deux coupes de sorgho avec des rendements d'environ 2,5 t à chaque fois ». « Les bilans d'analyse sont très différents de la bibliographie : 0,96 en UFL et 11,9 de MAT, ce qui est plutôt décevant », poursuit-il.

titian témoigne, également peu convaincu : « J'ai irrigué pour faire lever mon sorgho Piper implanté en juin. Résultat : 25 % d'eau de moins qu'un maïs et 25 % de biomasse ensilée en moins également. Pour avoir des repousses à l'automne, puisque la pluie est arrivée trop tard, il aurait fallu recourir davantage à l'irrigation. » « Il n'y a finalement pas de miracle, c'est juste une culture fourragère de plus, qui permet de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier », conclut-il.

« Mieux vaut un maïs »

25 % d'eau de moins d'un maïs et 25 % de biomasse aussi !

« @titian a mis du piper, relance Patrice. Nous, on s'est laissés tenter par du BMR multicoupes et c'est de la m... ». Il insiste : « Tous mes collègues, qui ont semé du Piper, ont récolté quelque chose, nous nada ! » « Semis début juin, puis 50 mm en un seul abat d'eau et ensuite plus aucune goutte, explique-t-il. (...) Le sorgho coûte trop cher à l'implantation pour de maigres résultats sans irrigation. Donc, vaut mieux un maïs. »

Trop cher à l'implantation pour peu de résultats.

« 3 m de haut, ça c'était avant... 2003 ! »

Un autre Paroles de lecteurs sur le même sujet : Le sorgho et le méteil pour cultiver son autonomie alimentaire

Paysan Ardechois raconte : « En Ardèche chaude et sèche, je cultive du sorgho depuis 1996 derrière des ray grass de printemps. Distribué en vert, je jonglais avec les variétés pour étaler la récolte. Le Piper était le plus précoce mais le moins bon. Alors dès que je voyais un épi, c'était l'enrubannage pour le sorgho, sinon je ne récoltais que de la paille ! Les plus belles plantes que j'ai obtenues mesuraient 3,2 m de haut sans épi et donnaient 6 t de MS en 1ère coupe sans irrigation. Mais ça, c'était avant !! Avant 2003 !!! Cette année-là, je n'ai pas pu semer et depuis, tous les printemps se ressemblent : secs, secs, secs. J'ai donc abandonné cette culture. Je préfère la luzerne : elle a une meilleure valeur pour moins de travail. Et je viens d'essayer le moha et ce n'est pas mal du tout ! Dernière remarque : attention, le sorgho est toxique en dessous de 50 cm. »

« Pas d'eau, pas de sorgho... »

J'ai abandonné cette culture.

Cette année, moi, je n'ai rien récolté !

Jmb67 est de la même région et prévoit, pourtant, d'implanter encore du sorgho multicoupes derrière méteil en 2021. « En agriculture bio, cette plante me permet de maîtriser l'ambroisie sur des parcelles à bas potentiel, où le maïs reste difficile à cultiver et à biner notamment à cause des cailloux », explique-t-il avant de nuancer : « Mais ne nous racontons pas trop d'histoires : cette année, je n'ai rien récolté, le sorgho n'a pas non plus résisté à la sécheresse. J'ai semé début juin, les plantes ont levé puis séché sans atteindre plus de 5 à 8 cm de hauteur ! » « Pas d'eau, pas de sorgho... », conclut l'éleveur.

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posts facebooks sorgho multicoupes et secheresse (©Page Facebook de Web-agri) 


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DÉJÀ 1 RÉACTION


Didier Fertil Fertil
Il y a 25 jours
Vous parlez souvent de la variété Piper, quelqu'un a-t-il essayé les lignées hybride Sudan x Sudan ?
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