[Paroles de lecteurs] En pays de CauxClimatosceptiques quant aux effets bénéfiques du réchauffement climatique

| par | Terre-net Média

Les effets du changement climatique dans le pays de Caux ont fait causer les lecteurs de Web-agri, bien plus qu'on aurait pu le penser pour une petite région agricole. Beaucoup mettent en doute son impact positif dans cette zone, pensant que la chaleur risque plutôt de « griller les prairies ». Comme quoi il ne faut pas s'arrêter seulement au titre d'un article mais bien lire son contenu pour éviter les mauvaises interprétations.

paroles de lecteurs rechauffement climatique pays de cauxLes lecteurs de Web-agri ne croient pas que le changement climatique sera favorable à la pousse de l'herbe. (©Terre-net Média)

Patrice Brachet : « Dans une réunion, j'ai aussi entendu que le potentiel de rendement des prairies va augmenter partout en France avec le réchauffement climatique. Dans le sud-ouest, on parle de 20 à 22 tMS à l'hectare en plus ! Par contre, les précipitations de l'année tomberont en six à huit mois avec des abats d'eau entraînant de longues périodes d'inondations et pour le moment, personne ne sait gérer cela ! Si on écoute tous ces bien penseurs, la Bretagne aurait le climat du sud-ouest qui, lui, aurait celui de Barcelone ! Pour nous rassurer, les chercheurs émettent une autre hypothèse : des orages très violents en été surtout dans le sud-ouest. Moralité : le climat change, c'est sûr mais que personne ne s'en réjouisse car il y aura des dégâts collatéraux énormes. Il serait temps de penser à faire des réserves d'eau l'hiver ! »

Et la qualité de l'eau ?

Maec : « Cet article ne parle pas de la qualité de l'eau potable. Dans le pays de Caux, celle-ci se dégrade car les cultures industrielles prennent de plus en plus la place de l'élevage. S'il pleut pendant un certain laps de temps et qu'il y a de moins en moins de prairies, elle va encore s'altérer. »

Hautot Nicolas : « Oui, les cultures industrielles sont néfastes à la qualité de l'eau à cause de la dégradation de la matière organique des parcelles. Mais, elles dégagent un revenu deux à cinq fois supérieur à l'élevage. »

« Augmenter le nombre d'UGB/ha »...

Jett : « Lire dans cet article que le changement climatique permettrait d'augmenter le nombre d'UGB/ha me surprend quand on voit qu'aujourd'hui, l'élevage bovin est pointé du doigt comme l'une des causes majeures de ce même changement climatique. Alors pourra-t-on accroître le chargement des prairies dans les prochaines décennies ?? Il me paraît plus logique de s'orienter vers les productions végétales et de garder un minimum d'élevage. »

Voir également le Paroles de lecteurs : Changement climatique : vos solutions pour s'y préparer

Patrice Brachet : « Jett, ne t'embête pas trop avec les UGB. Dans le sud-ouest, fini les animaux, on cultivera des oranges ! Tout cela me fait un peu rire quand on voit que la météo n'est plus sûre à 48 h. La climat change, c'est un fait, mais cela n'empêche pas les donneurs de leçons d'aller toujours plus loin en vacances en voiture, bateau ou avion fonctionnant à l'énergie fossile. Si les vaches émettent du méthane, elles permettent de part leur alimentation de stocker du carbone, donc font partie d'un cercle vertueux. »

... sur « de l'herbe grillée par la chaleur » ?

Jett« J'adore les oranges, je passerai te voir pour en prendre quelques cagettes ! Plus sérieusement, c'est dingue de croire que le réchauffement climatique est bénéfique, en pensant produire plus et que l'herbe sera plus verte demain alors qu'elle risque au contraire de griller aux premiers coups de chaud... cf. 2018 ! Enfin si les prévisions du Cniel sont aussi fiables sur le climat que sur le prix du lait... »

Patrice Brachet : « Jett, c'est pourquoi je me bats contre la généralisation du pâturage à 150 jours. (...) Chacun fait ce qu’il peut avec ce que la nature lui donne. (...) »

Retrouvez le Paroles de lecteurs sur le pâturage :
Quand l'herbe délie les langues

Attention à bien lire les articles, pas que les titres !

Vincent : « "Globalement dans le pays de Caux, le changement climatique n’aura pas beaucoup d’incidences négatives. Au contraire, il aura une incidence positive sur les rendements." J'ai du mal à comprendre votre "enthousiasme" pour le réchauffement climatique. Même si vous pensez que les rendements agricoles vont augmenter, il y a d'autres phénomènes imprévisibles. Les animaux vont-ils supporter ? Et les hommes ? »

Steph72 : « Le pays de Caux n'est-il pas en bordure maritime ? Le réchauffement va provoquer une montée des eaux et une accélération du grignotage des côtes par la mer. Donc moins de terres agricoles. À part ça, le réchauffement climatique est positif ! »

Les prix des terres agricoles, département par département, sur : [Cartographie] − Trois cartes et trois enseignements clés de l'évolution du foncier agricole

Prudence : « Regardez en Australie, la catastrophe qui vient d'arriver à cause du changement climatique ! » 

Patrice Brachet : « Le titre de l'article est-il opportun ? Je m'explique : vu le nombre de lecteurs non initiés, ils vont encore dire que les agriculteurs font tout pour accentuer le réchauffement climatique car c'est source de profits. »

Se préoccuper aussi de l'artificialisation des terres

Hautot Nicolas : « Le pays de Caux est particulier par rapport à une autre région. Il est entouré de la Seine et de la mer, ce qui protège des orages et permet d'amener de l'eau régulièrement. Il est même difficile de récolter des céréales suffisamment sèches mais l'herbe et le lin poussent très bien. Et le pays de Caux ne craint pas trop les montées des eaux par rapport aux Pays-Bas. Le gros souci, c'est plutôt l'industrialisation (pétrochimique et portuaire). Les industriels ont tous les droits et prennent tous les ans des terres agricoles. (...) »

Maec : « L'autre problème plus sérieux que le changement climatique : c'est le pays où les reprises d'exploitation sont en rapport avec le potentiel de rendement, soit très chères. »

Sur la valeur de reprise des fermes, découvrez le Paroles de lecteursÉlevage laitier − Les cédants ne sont pas prêts à « accepter une reprise à la valeur du marché »

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