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Maïs riches en huileRetour sur un sujet qui fait débat

| par | Terre-net Média

Le mois dernier, Web-agri publiait un article sur les maïs riches en huile. Un sujet qui a immédiatement fait réagir plusieurs lecteurs. Quel utilité de ces maïs ? Peut-on comparer cette alimentation à la filière Bleu blanc c½ur ?

Les maïs riches en huile semblent faire débat. Si certains y sont favorables, quelques éleveurs restent sceptiques.Les maïs riches en huile semblent faire débat. Si certains y sont favorables, quelques éleveurs restent sceptiques. (©FarmerSeb) Le 12 février dernier, suite à une journée technique dédiée aux maïs riches en huile, Web-agri publiait l'article : Vers une rémunération du lait selon la qualité de sa matière grasse ? Frédéric Poujaud, gérant de Panam semences, y affirmait en s'appuyant sur 3 essais que l’augmentation de la production laitière des vaches consommant ces variétés de maïs est de l’ordre de 1,2 à 1,9 litres. Il expliquait également l'impact des maïs RH sur la composition nutritionnelle du lait. En effet, le profil des acides gras du lait diffère de ceux d'un lait produit avec une alimentation "classique". Cet article a suscité de nombreux commentaires :

Retrouvez l'article sur les maïs riches en huile : Vers une rémunération du lait selon la qualité de sa matière grasse ?

Pour ou contre les maïs RH : à chacun ses arguments

Habitué du site, Patrice Brachet commente : « Ce maïs ne règle pas le problème du soja car si l'un (le maïs) a l'air meilleur pour la santé humaine, le second n'est pas le petit copain des omégas ! » De son côté, Gilles est loin d'être convaincu : « La ferme des 1000 vaches qui produit un lait de pâturage 365 jours de l’année avec des vaches en bâtiment et une ration maïs : lol ! Et bientôt, en y rajoutant une botte de jachère fleurie on va nous faire du lait de montagne... Re-lol ! » D'autres commentaires sont plutôt favorables. Chrislait écrit : « Après tout, le maïs est une graminée ! » Dina répond quant à elle : « Que du travail de dentelle. Si c'était dans l'électronique, ce serait appelé révolutionnaire. Ces résultats apportent la valeur ajoutée du végétal à l'animal et de l'animal a l'homme. C'est un cercle vertueux. »

Le maïs en question est peut-être plus riche en huile (w6) mais ce n'est pas du tout la même huile que l'herbe (w3) !

Par mail, deux lecteurs ont aussi réagi à cet article, notamment Etienne Goumand : « L'huile de maïs fournit principalement des oméga 6 et non des oméga 3 avec un rapport oméga 6/oméga 3 très défavorable. J'ai donc du mal à comprendre comment on peut faire du lait "de pâturage" ou "équivalent à Bleu blanc cœur" avec des maïs riches en huile. Le pâturage et l'alimentation BBC apportent des oméga 3 qui se retrouvent dans le lait. » Autre indignation de la part de Jean-Pierre Pasquet de l'Earl PJP : « Le maïs en question est peut être plus riche en huile (w6) mais ce n'est pas du tout la même huile que l'herbe (w3). Laisser dire que c'est la même chose est scandaleux d'une part parce que l'on trompe le consommateur et d'autre part on dévalorise tous les éleveurs qui font pâturer leurs vaches quand ils peuvent et qui cultivent luzerne, trèfle, féverole, lin, pois, herbe pour faire de l'ensilage et du foin. Ces éleveurs remettent aussi de la biodiversité dans nos champs avec un vrai bénéfice nutritionnel et bien-être animal. Je ne crois pas que la solution est de cultiver encore plus de maïs qui occupe déjà une grande partie de l'espace avec tout ce qui va avec (désherbage, insecticide...) versus de l'herbe, trèfle, luzerne qui ne demande ni désherbage ni engrais. »

Sur la page Facebook de Web-agri, des doutes planent parmi les commentaires. Frédéric s'exprime : « Une valeur ajoutée pour l’industrie, certes. Une plus-value pour les éleveurs, là il faut pas trop rêver ! » Yann répond quant à lui : « On marche sur la tête !!! »

Sur Twitter, un véritable débat s'est même lancé entre consommateurs et éleveurs suite au partage de Benoît Rouillé de l'Institut de l'élevage. En effet, Patrick Genin demande : « Il est où le terroir avec du lait de maïs ? Manger local, produire avec des prairies naturelles c'est ce que réclame le nouveau consommateur soucieux de sa santé et de la biodiversité. » Les professionnels sont nombreux à réagir à ce sujet. On peut par exemple lire : « La maïs, c'est bien du "manger local" pour les vaches ! Et c'est une plante de base dans les rations pour plusieurs raisons (rendement, valeur énergétique, etc.). Deux facteurs semblent importants pour le consommateur : l'autonomie et le "non OGM". Le maïs répond aux deux. » Là, on entre dans un autre débat...


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DÉJÀ 1 RÉACTION


Panam Semences
Il y a 185 jours
Bonjour
Pour clarifier le débat et lever un mal entendu, les maïs riches en huile permettent de baisser le taux d’acides gras saturés du lait de l’ordre de -10 % au profit des acides gras insaturés +10 % (Omega 9).
C’est en cela que le lait issu d’une alimentation avec de l’ensilage de maïs Riche en huile est comparable au lait de pâturage. Ceci améliore sensiblement la qualité nutritionnelle du lait et sa texture.
Concernant les taux d’Omega 6 et Omega 3 ils sont sensiblement identiques. Le rapport est de 6 pour 1. Ce qui reste très bien, compte tenu que le taux moyen dans notre alimentation en France est de 15/1. ( Et 40/1 aux Etats unis).
Les maïs riches en huiles peuvent être considérés comme une innovation de rupture, tant l’augmentation de la teneur en huile et la modification des profils d’acides gras, sont significatives.
L’apport en énergie sous forme d’huile, permet un gain de productivité de + 1.9L/J/VL pour l’éleveur.
L’ensemble de résultats techniques obtenus par les instituts techniques sont présentés sur notre site www.maïs-rh.com
L’objectif n’est pas de semer plus de maïs, mais remplacer le maïs conventionnel par des maïs riches en huile dans l’intérêt des éleveurs et des consommateurs.
Frederic Poujaud
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