Nouvelle-ZélandeLes vaches passent l'hiver dans les betteraves fourragères

| par | Terre-net Média

La Nouvelle-Zélande est un pays laitier favorable au pâturage. Les vêlages sont groupés en fin d'hiver pour caler les besoins des vaches sur la croissance de l'herbe. Suite à de nombreuses études, les éleveurs placent désormais leurs vaches taries dans des champs de betteraves fourragères et autres cultures.

L’été chez nous correspond à l’hiver en Nouvelle-Zélande. En effet, juin, juillet et août sont les mois les plus froids dans ce pays à l’autre bout du monde. C’est d’ailleurs la période propice au tarissement car les éleveurs groupent les vêlages en fin d’hiver afin de caler les besoins des vaches sur la croissance de l’herbe.

Petit retour d'expérience personnelle au sein de la ferme expérimentale LUDF sur un système qui peut inspirer les éleveurs français...

Le tarissement dans les champs de betteraves fourragères

Même si la Nouvelle-Zélande profite d’une pousse abondante de l’herbe, en hiver (et surtout dans l’île du Sud où les hivers sont plus froids), le rendement des pâtures n’est pas suffisant pour satisfaire les besoins du troupeau. Après plusieurs années de recherches de la part des organismes agricoles néo-zélandais, un nouveau type de pâturage est en plein essor dans le pays : le pâturage des champs de betteraves. De ce fait, les vaches sont déplacées vers ces champs durant les deux mois d’hiver (juin et juillet). Elles sont taries à la même période afin de vêler au printemps. Cette méthode permet de satisfaire les besoins alimentaires des vaches taries tout en garantissant la repousse de l’herbe pour le printemps.

Ce système a longuement été étudié sur des vaches fistulées (études réalisée par Lincoln University et DairyNZ) afin de vérifier les risques acidogènes de la betterave. Les résultats démontrent qu’il n’y a pas de dysfonctionnement du rumen, à condition qu’une transition soit correctement réalisée. Les vaches commencent d’abord par avoir 1 à 2 kg de MS de betterave en étant régulées directement dans le champ au fil. La quantité augmente progressivement d’1 kg de MS/j/vache. Le fil est donc avancé chaque jour pendant trois semaines, jusqu'à ce qu'elles disposent des betteraves à volonté dans la parcelle. Lors du retour au pâturage, après les deux mois d’hiver dans les champs, le rumen se réajuste de lui-même et les études ne préconisent pas de transition dans ce sens. La pousse de l’herbe étant encore modérée lors de leur retour en pâture, les vaches peuvent recevoir de l’ensilage d’herbe ou du foin qui a été récolté pendant le printemps ou l’été, périodes où les rendements des prairies sont supérieurs aux besoins des animaux. Le pays cultive également des choux fourragers, du rutabaga, du plantain, des navets, de la chicorée sur le même principe de pâturage des animaux au fil.

Un système laitier basé sur l’herbe

Le climat néo-zélandais favorise la croissance de l’herbe qui peut alors être pâturée toute l’année. Elle est le principal facteur de production laitière du pays. C’est pour cette raison qu’il investit beaucoup dans la recherche sur l’herbe. De plus, les pâtures sont irriguées (jusqu’à 500 mm supplémentaires par irrigation dans la région de Canterbury, dans l’île du Sud) et les normes en termes d’engrais sont plus souples qu’en France, avec par exemple l’autorisation de booster la croissance de l’herbe aux hormones. Ces avantages permettent aux éleveurs de saisonnaliser leur production (60 % de la production laitière du pays se fait durant les quatre mois du printemps). En effet, les vêlages groupés leur permettent de tarir les vaches durant l’hiver (juin/juillet, période où la pousse de l’herbe est la moins importante) et de les faire vêler à la fin de l’hiver (en août), lorsque la végétation reprend et est forcément plus riche. Ce système permet aux élevages d’avoir peu de charges alimentaires mais aussi de structure : la plupart des fermes ne disposent pas de bâtiment, à part la salle de traite. Les vaches sont de races Jersiaise, Holstein, ou Holstein-Jersiaise (croisement appelé Kiwi cross). Le parcellaire de pâtures est systématiquement regroupé autour du local de traite. Les prairies sont majoritairement à base de ray-grass anglais et trèfle blanc.

Des idées à prendre pour nos élevages français ?

La France ne disposant pas du même climat que la Nouvelle-Zélande, le système ne peut pas être totalement copié dans notre pays. Cependant, certaines idées peuvent être reprises, comme l’organisation du parcellaire avec des chemins et des clôtures de qualité. En effet, les paddocks sont disposés de façon à favoriser l’accès des vaches de la parcelle vers la salle de traite avec des chemins empierrés et suffisamment grands pour favoriser le flux des animaux.

La Nouvelle-Zélande oriente la génétique de ses animaux pour l’adapter aux systèmes herbagers. Les taux de matières utiles sont privilégiés à la production. Le format des animaux est plutôt petit et la fécondité est très importante afin d’assurer les vêlages groupés. La saisonnalité est peu transposable en France car la filière laitière exige une production répartie sur l’année.

La simplification du logement mérite d’être étudiée en France. En effet, en fonction de la localisation, du type de sol et de l’accessibilité des parcelles, l’hivernage extérieur peut être envisagé avec un chargement faible des pâtures et des abris à disposition. Ce type de système limiterait les équipements et la mécanisation qui représentent une grosse part des charges de structure.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter (en anglais) le site internet de DairyNZ, organisme de recherches sur l'élevage laitier en Nouvelle-Zélande ou encore la page Facebook de LUDF, ferme expérimentale.

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