DanemarkLes quotas de phosphore : un véritable challenge pour les éleveurs danois

| par | Terre-net Média

La réglementation environnementale resserre son étau. En instaurant un quota de phosphore en plus de celui de l'azote, le Danemark oblige les éleveurs à changer leurs pratiques. Ils se penchent néanmoins sur une meilleure valorisation des lisiers en remplacement des engrais starter sur maïs.

Les quotas de phosphore nouvellement imposés au Danemark obligent les éleveurs laitiers à revoir leur utilisation de fertilisants et à mieux valoriser leurs effluents d'élevageLes quotas de phosphore nouvellement imposés au Danemark obligent les éleveurs laitiers à revoir leur utilisation de fertilisants et à mieux valoriser leurs effluents d'élevage (©Watier-visuel)

Les membres du programme international Eurodairy se sont penchés sur l’élevage laitier au Danemark. En effet, une nouvelle loi a récemment introduit un quota de phosphore applicable à l’hectare. Les éleveurs doivent alors trouver des solutions pour mieux gérer leurs systèmes.

Autrefois, la réglementation environnementale danoise se focalisait sur l’azote. Mais aujourd’hui, le phosphore se voit attribuer un quota, au même titre que l’azote. Ce quota de phosphore affecte principalement les éleveurs bénéficiant d’une dérogation à la directive nitrate. Grâce à cette dérogation, les éleveurs peuvent augmenter leurs quantités d’azote épandues en passant de 170 à 230 kg/ha. Les fermes concernées doivent cependant répondre à plusieurs critères sur le choix des cultures ou encore sur la quantité d’azote et de phosphore dans les sols. Environ un tiers des éleveurs danois bénéficient de cette dérogation.

Néanmoins, la nouvelle réglementation impose aux éleveurs laitiers un quota de 30 kg de phosphore/ha. Il est alors de 35 kg/ha pour les fermes sous dérogation. Cela représente un véritable challenge pour les fermes laitières.

Remplacer les engrais starter du maïs par du lisier

Avec ces quotas à respecter, les fermes dérogées ne pourront plus appliquer d’engrais starter sur le maïs sans réduire leurs épandages d’effluents. Normalement, l’engrais starter est déposé sous la graine lors du semis de maïs. Cet engrais coûte aux éleveurs environ 70 €/vache. L’arrêt de cette pratique ramènera une part considérable dans le revenu total des éleveurs qui ont une pression non négligeable sur leurs finances.

Ce quota pousse les agriculteurs à revoir leurs pratiques de fertilisation au semis. L’épandage de lisier au semis pourrait remplacer cet engrais starter. Il leur faudrait alors épandre le lisier exactement sur le rang de maïs juste avant le semis. Les éleveurs se sont tournés vers un système allemand capable d’épandre du lisier sur deux niveaux. Grâce au système GPS, la graine pourrait ensuite être déposée directement dessus. Les éleveurs et entrepreneurs danois devraient tester ce système en 2019.

Eurodairy : un programme d'inspiration pour les éleveurs

L’un des ateliers du programme Eurodairy est consacré à l’estimation des équilibres minéraux. Dans ce cas présent, les représentants danois ont été inspirés par l’approche hollandaise dans l’outil ANCA (analyse annuelle du cycle des nutriments). Au Danemark, le lait et les cultures sont évalués séparément tandis que dans l’outil danois, l’analyse est conjointe. Cela donne une meilleure vision sur l'exploitation et la possibilité d’être dans une approche globale pour identifier les moyens d’améliorer l’utilisation du phosphore.

L’atelier mis en place a également montré que les concentrations de phosphore en Hollande étaient inférieures à celles du Danemark. En mettant en place la méthode hollandaise, les éleveurs danois pourraient alors améliorer leur gestion du quota de phosphore.


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