Exploitation des prairiesLes fabuleuses légumineuses prairiales

| par MO | Terre-net Média

Les avantages des légumineuses au niveau agronomique, zootechnique et économique sont prouvés. Cependant, les conditions pédoclimatiques et les objectifs peuvent être différents suivant les exploitations. C'est pourquoi il convient de faire le point sur les espèces disponibles, les critères variétaux et les éléments de choix des espèces.

LuzerneLa luzerne est bien adaptée aux sols séchants. (©Gnis)

Il existe 11 espèces de légumineuses sur le marché : les trèfles violets, blancs, incarnats, hybrides, de Micheli, de Perse, d’Alexandrie, la luzerne, le lotier, la minette et le sainfoin. Toutes ces espèces ont en commun leur capacité à fixer l’azote de l’air grâce à une bactérie (rhizobium) qui se développe dans les nodosités des racines. Les deux se développent en symbiose. La première clé de la réussite est donc de favoriser le développement des nodosités qui ont besoin d’air dans le sol. Leur développement est donc très compromis si les sols sont tassés ou hydromorphes.

Les légumineuses préfèrent d’abord utiliser les nitrates du sol et, ce n’est que du fait du manque d’azote disponible que les nodosités se développent. Les légumineuses sont donc aussi piégeuses de nitrates. Une proportion de 30 % de légumineuses dans une prairie amène 100 unités d’azote disponibles et gratuites pour les graminées voisines et après retournement, ce sont 80 à 100 unités par an pour les cultures les deux années suivantes.  

En sol humide, tous les trèfles sont assez adaptés mais pas la luzerne, le lotier et le sainfoin. En sol séchant, la luzerne, le trèfle de Perse, d’Alexandrie, le lotier la minette et le sainfoin sont, par contre, bien adaptés. Une seule espèce est gélive : le trèfle d’Alexandrie, d’où son utilisation en culture dérobée avant l’hiver. Pour ce qui est de la résistance aux fortes chaleurs, sont plus sensibles les trèfles violets, incarnats, hybrides et de Micheli. Quant aux pH bas, seul le sainfoin est intolérant. La luzerne, le trèfle incarnat, la minette ne se développent bien qu’au-dessus d’un pH 6 voire plus. Pour les autres espèces, les tolérances sont plus grandes.

Certaines légumineuses doivent être associées à des graminées pour être exploitées comme le trèfle blanc, hybride, de Micheli, la minette. Les autres peuvent être utilisées en pur comme en mélange. Pour une utilisation en pâturage, certaines ne sont pas météorisantes, comme le trèfle incarnat, de Micheli, d’Alexandrie, le lotier, la minette et le sainfoin. Pour les autres, le pâturage est possible en mélange et si quelques fleurs sont présentes. Dans ce cas, les luzernes de type sud conviennent davantage car les repousses redémarrent horizontalement et donc supportent mieux le piétinement.   

Il existe dans le cadre de la Pac 2015-2020 plusieurs soutiens couplés en faveur de la production de légumineuses fourragères à destination des éleveurs. Ces espèces peuvent être associées ou pas à des graminées, mais les légumineuses doivent représenter au moins 50 % des graines du mélange. Le montant de l’aide est de 250 euros par an et par hectare, pendant trois années. 


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DÉJÀ 1 RÉACTION


Francky22
Il y a 137 jours
Il me semble qu'ils existent d'autres types de trèfles. Tel que le trèfle squarosum ou encore le trèfle vesiculosum.
Et la vesce est aussi une légumineuse fourragères qui peut s'utiliser dans des prairies.
Et depuis quand la luzerne est adaptée au pâturage ?

Une fois de plus, on voit qu'il y a un gros manque de connaissance sur ce site sur les fourragères !!!

Et on peut pas dire que tous les trèfles sont tolérants aux sols humides. A part le trèfle hybride qui s'en sort bien sur sol humide, les autres préfèrent largement des sols plutôt sains
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