Sécheresse 2011Le manque d'herbe estimé à 15 millions de tonnes de matière sèche

| par | Terre-net Média

Le bilan fourrager de la ferme France enregistre un déficit sans précédent de - 15 millions de tonnes de matière sèche. Un déficit qui, selon l'institut de l'élevage, ne sera compensé ni par la mobilisation massive de la paille, ni par le rationnement des animaux. D'autres leviers existent mais toutes solutions confondues, le coût pour compenser ce déficit est estimé à plus de 2 milliards d'euros.


En mai 2011, la pousse de l'herbe a été très faible dans 
de nombreuses régions, alors que ce mois est habituellement
celui de la plus forte pousse. (© Terre-net Média)

L’institut de l’élevage estime « a minima la perte de production de matière sèche à 1 t/ha sur les prairies permanentes et à 1,5 t/ha sur les prairies artificielles et temporaires ». En année dite normale, la production annuelle est respectivement de l’ordre de 4 à 4,5 t/ha et de 7,5 t/ha.

Autant dire que le bilan fourrager de la ferme France est plutôt critique : au 31 mai, les ingénieurs des réseaux d’élevage chiffrent le manque de production des surfaces herbagères à 15 millions de tonnes de matière sèche. Le tout sans tenir compte « de la production de maïs ou d’autres fourrage cultivés pour lesquels les jeux ne sont pas encore faits ».

4,6 Mt de pailles pourraient être mobilisées

Face à ce déficit, les ingénieurs se sont penchés sur « la première solution qui vient à l’esprit », à savoir la mobilisation de la paille, et ont sorti leurs calculatrices. Tablant sur une baisse de production de paille de 30 %, soit une production de 17,4 Mt contre 25 Mt en année normale, ces derniers estiment à 5,8 Mt la disponibilité maximale en paille pour l’alimentation des animaux, déduction faite de 11 Mt de paille utilisée en litière et de 0,6 Mt ensilées à un stade immature.


Sur l'ensemble de l'Hexagone, le déficit fourrager
est de l'ordre d'une tonne de matière sèche
par UGB herbivore. (© Terre-net Média)

Par ailleurs, « il est difficile d’imaginer que la totalité de cette paille pourra servir à l’alimentation des ruminants. Mobiliser 80 % de ce potentiel serait déjà admirable »

Complémentée avec 1,5 Mt de céréales en grains et 0,4 Mt de tourteau de soja, la paille fournira 6,5 Mt de fourrage supplémentaire et permettra de combler seulement 43 % du déficit.

La facture pour compenser les pertes dépasserait les 2 milliards d’euros

Outre la paille, l’institut de l’élevage envisage d’autres leviers pour compenser la perte de fourrage. Selon lui, le rationnement des troupeaux, de l’ordre de 7 % pour le cheptel de souche à viande et de 2 % pour le cheptel laitier pourrait faire économiser environ 2,9 Mt de matière sèche supplémentaire.

Autres possibilités : le raccourcissement de la durée de finition des animaux à abattre et l’ajustement des cheptels de souche. « Un raccourcissement de 20 jours environ de la finition des animaux à abattre devrait se traduire par une économie de 0,6 Mt de MS ».

Quant à l’ajustement des cheptels, le réseau d’experts envisage « des abattages accrus par rapport aux prévisions de début d’année de 350.000 vaches et génisses, 66.000 brebis, 20.000 chèvres et 40.000 juments. » Ces abattages anticipés réduiraient la demande de fourrages de 0,9 Mt.Q

Selon les experts du réseau d'élevage, « à condition d’activer tous les leviers d’économie de fourrage, de mobiliser la paille, de compter sur 200.000 hectares de céréales immatures mais aussi sur 3 Mt de stocks de maïs chez les éleveurs, on peut trouver tout juste de quoi compenser le déficit actuel, mais guère plus. »

Reste que l’addition pour les éleveurs s’annonce salée : l’institut de l’élevage estime à plus de 2 milliards le coût de la simple compensation du déficit fourrager (payer la paille, les grains, les tourteaux, pénalisation due à la vente d’animaux plus légers…).

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