[Cap Climat] Sébastien Baron (56)« Avec le maïs population, j'adapte la plante à mes conditions pédoclimatiques »

| par | Terre-net Média

Sébastien Baron, éleveur laitier à Allaire dans le Morbihan, sème les deux tiers de son maïs avec une variété population : le Grand Roux Basque dans l'objectif d'adapter au fil des sélections la plante à ses conditions pédoclimatiques. Son témoignage est issu du recueil Cap Climat où plusieurs éleveurs présentent leurs pratiques pour s'adapter aux aléas climatiques.

Sébastien BaronSébastien Baron est éleveur laitier dans le Morbihan. (©Cap Climat)

Chiffres-clés de la ferme :
  • Installation en 2003
  • 4 UTH : Christian, Christophe, Hervé et Sébastien
  • 85 vaches laitières et jus de pomme en agriculture biologique
  • Vaches laitières croisées (Abondance, Normande, Prim’Holstein, Montbéliarde, Brunes des Alpes)
  • 430 000 l/an : 6 200 l/vache 
  • 7 000 l/an de jus de pomme
  • 180 ha de SAU : 142 ha de prairies, 17 ha de maïs, 9 ha de mélanges céréaliers, 4 ha de féveroles, 2 ha de verger, 5 ha de blé panifiable.
  • Débouchés : laiterie & circuits courts pour le jus de pomme (Biocoop, Intermarché, au cinéma et à la ferme)

« Nous sommes dans un contexte particulier de zones plutôt séchantes et de marais. Pour adapter le maïs à notre terroir, nous en avons semé les deux tiers avec une variété population : le Grand Roux Basque.

Bon à savoir : Une variété de maïs population provient de la sélection paysanne, elle est multipliée en pollinisation libre, au champ, et les individus se croisent à chaque génération. Elle est moins uniforme qu’un hybride et plus adaptable aux conditions locales et aux évolutions climatiques.

L’idée du maïs population, c’est d’adapter au fil des sélections la plante à nos conditions pédoclimatiques. Cette année on l’a mis sur une parcelle hostile, de manière à ce que les poupées de maïs qui vont s’exprimer cette année soient plus tolérantes aux conditions extrêmes. Le maïs s’améliore rapidement : il y a beaucoup plus de poupées fécondées qu’avant. En rendement, nous sommes légèrement en dessous de celui du maïs hybride, mais cette différence s’atténue avec le temps à mesure des sélections.

Depuis trois ans, nous testons des mélanges rang par rang de différents maïs dans une même parcelle afin de pouvoir les comparer entre eux. La variété population féconde toujours un peu moins que les autres, mais il n’y a pas de différence de hauteur, et les pieds du maïs population sont plus gros.

Côté analyses, il y a un léger effet bénéfique en protéines sur la variété population depuis plusieurs années. Malheureusement il ne se comporte pas forcément mieux en année sèche – sensibilité semblable aux hybrides - mais il nous permet de mieux valoriser les mauvaises terres à maïs. La sélection à la ferme demande surtout du temps, mais c’est valorisant. »

Classification du maïsClassification des populations de maïs testées selon leur précocité moyenne. Sources : Qualimaïspop (©Cap Climat) 

Intérêts de la pratique :

  • Produire ses propres semences
  • Adapter les cultures à ses conditions pédoclimatiques
  • Améliorer la rusticité des cultures et leur capacité tampon face aux évènements extrêmes
  • Diminuer le recours aux intrants 
  • Favoriser l'autonomie du système
Cap Climat (©Cap Climat)
Dans le cadre de Cap Climat, programme mis en place par le réseau Gab-Frab de Bretagne avec le groupe Yves Rocher et l'Ademe, quinze éleveurs bovins bretons ont réfléchi aux pratiques d'adaptation des élevages face aux aléas climatiques.
Retrouvez l'ensemble des témoignages d'éleveurs dans la publication Cap Climat.

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