DiversificationLa silphie, une culture écologique et résistante à la sécheresse

| par Sophie Guyomard, avec l'AFP | Terre-net Média

« C'est un pari pour l'avenir ! » : dans les Vosges frappés par la sécheresse, Jean-Luc Bernard cultive sur une centaine d'hectares une plante prometteuse, la silphie, bien moins gourmande en eau et en produits phytosanitaires que le maïs ou le soja, pour l'alimentation de ses vaches et la méthanisation.

SilphieDans les Vosges, Jean-Luc Bernard, éleveur de bovins, a déjà planté 114 hectares de silphie. (©Pixabay)

Sur un champ de la vallée de Dompaire, la silphie, plantée l'an dernier, affiche ses hautes tiges à côté d'une parcelle de maïs à la peine, écrasée par le soleil. Plante vivace pouvant atteindre 3,50 m de hauteur et originaire d'Amérique du nord, la silphie poussait en France jusque dans les années 1960-1970, avant d'être progressivement délaissée. Surtout destinée à la méthanisation, elle intègre aussi l'alimentation des ruminants.

« Une plante écologique »

C'est en Allemagne, qui compte 6 000 hectares de culture, qu'Amédée Perrein, gérant du négoce agricole vosgien HADN, a déniché les semences de cette plante « aux avantages phare ». En 2019, 160 hectares ont été semés dans les Vosges, en Haute-Saône et Haute-Marne, puis 750 hectares cette année dans 29 départements. Unique distributeur en France des graines de silphie (variété Abica Perfo), propriétés de deux groupes agricoles allemands, le négoce d'Amédée Perrein dispose de semences pour 3 000 hectares à mettre en terre l'année prochaine.

Implantations de silphie en FranceLes différentes implantations de silphie en France. (©Site web HADN)

Selon Amédée Perrein, « c'est une plante écologique ! » : elle n'a pas besoin d'être irriguée grâce à ses racines qui se développent jusqu'à 2 m de profondeur, au plus près des nappes phréatiques. Semée une seule fois, la plante aux grandes fleurs jaunes se développe chaque année entre le printemps et l'été et ne demande plus guère d'attention pendant au moins quinze ans. « C'est une économie de charge pour l'agriculteur », qui, outre une fertilisation annuelle, n'a plus ni semis, ni labour, ni traitements phytosanitaires à réaliser après la première année, souligne Noémie Choffel, conseillère en agronomie à la chambre d'agriculture des Vosges.

Jean-Luc Bernard, éleveur de bovins, a déjà planté 114 hectares de silphie et prévoit de la semer sur l'ensemble de ses parcelles d'ici à 2021. L'agriculteur de 52 ans a récemment installé un méthaniseur à Dompaire (Vosges). Le coût d'implantation de la silphie - 3 600 euros par hectare selon la chambre d'agriculture d'Alsace - ne l'a pas découragé. « Pour le prix d'un tracteur, on plante de la silphie sur plus de cinquante hectares ! », s'exclame-t-il, énumérant les économies en temps de travail réalisées au fil des années.

Des atouts pour la méthanisation

« On ne peut pas présenter la silphie comme une culture de demain pour remplacer le maïs, elle reste sensible au manque d'eau », nuance Marielle Stimpfling, conseillère en grandes culture à la chambre d'agriculture d'Alsace, région où la plante s'épanouit sur une cinquantaine d'hectares. Entre l'absence de pluie au printemps et la sécheresse estivale, un apport en eau est nécessaire, « sinon elle ne va rien donner », selon la conseillère. «  En période de sécheresse, la silphie fera moins de rendement qu'une belle année, mais elle fera du rendement par rapport aux autres » végétaux, rétorque Amédée Perrein. « Ce n'est pas la plante miracle », reconnaît-il, mais une première coupe mi-juin « donne aux agriculteurs une sécurité de fourrage avant les gros coups » de sécheresse qui les contraignent à acheter de la paille, explique-t-il.

Pour les chambres d'agricultures des Vosges et d'Alsace, la teneur en protéines de la plante reste toutefois insuffisante pour remplacer le maïs ou même le soja. « La silphie remplit la panse, fait ruminer les bêtes, mais ne leur donne pas beaucoup d'éléments énergétiques », prévient Marielle Stimpfling, qui lui reconnaît cependant de nombreux avantages pour la méthanisation. « On a très peu de recul sur cette plante » dont la seule littérature à l'heure actuelle date des années 1970, rappelle-t-elle aussi. Autour des grands pétales jaunes de la silphie bourdonnent les abeilles d'une quinzaine de ruches, installées par un apiculteur au bord de la parcelle ce qui réjouit Amédée Perrein: « C'est une plante très mellifère et un abreuvoir pour les insectes et les oiseaux avec ses feuilles en coupole qui retiennent l'eau. »


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DÉJÀ 16 RÉACTIONS


Marius
Il y a 97 jours
A voir pour l'année prochaine sur deux hectares. A voir les valeurs nutritives....
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bgenin
Il y a 102 jours
pourquoi de tel difference de prix d installation?
peut on faire ses propres semences?
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laurent du 79
Il y a 103 jours
En climatologie, on part du principe que la végétation ne consomme pas d'eau mais apporte des pluies, et ça change toute la compréhension du dérèglement climatique !
depuis 50 ans l'ONF fait planter des conifères parce ça consomme deux fois moins d'eau que les feuillus, bilan ça apporte deux fois moins de pluies et ça brule tous les étés !
Depuis plus de 30 ans les vrais climatologues disent bien qu'il n'y aura pas moins d'eau mais une dégradation de la répartition annuelle des pluies : inondations l'hiver et sécheresse l'été, exactement le scénario qui s’installe durablement (depuis 20 ans ... ) en France.
Si tout le monde avait le bon sens de faire de faire comme les agriculteurs, des réserves d'eau l'hiver (particuliers, villes, industriels, etc ...) pour épargner les nappes phréatiques l'été on ne parlerait jamais de sécheresse !

quand on vous coupe l'irrigation c'est pour alimenter des villes qui crée des points de fraicheurs en arrosant du gazon ... sans jamais recycler l'eau !

cf https://www.mediaterre.org/actu,20200810121408,1.html
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maxens
Il y a 104 jours
On peut planter des cactus aussi, aucune rentabilité, aucun intérêt, mais cela résiste au sec..j'aimerais que lorsque l'on m'envoie des bonnes idées de choses à faire, on me dise combien cela rapporte ou me coûte.....
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vaului
Il y a 104 jours
Couvrons la France de fleurs "écologiques" et importons notre alimentation.
Vive l'imbécilité des bobos suivis par nos institutions.
Nos petits enfants jugerons.
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erick28
Il y a 105 jours
pour titian , pour les ZNT , LE CHARDON MARIE ; peut etre pas mal pour empécher les traineux d'aller se prommener là ou ils n'on rien a y faire .
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Rêveur
Il y a 103 jours
Problème de la Metha : par cupidité on lui fait avaler n importe quoi ; même du miel!!! Ça vous étonne ? Il vient du Mexique , on extra l arômes et la partit sucrée va a la methanisation
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Pipo
Il y a 104 jours
la méthanisation c'est bien pour le secteur élevage, pour la grande culture c'est juste le business du moment, c'est comme l'éolien , un énorme scandale financier pour le contribuable/consommateur. Concernant l'écologie, mieux vaut parler d'écologisme... Par ailleurs, il y a un methaniseur à 2km de chez moi, je conseillerai aux futurs voisins de ce genre d’installation de s'y opposer. Il faut être clair: ça pue.
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Réaliste
Il y a 105 jours
D'après l'article c'est à comparer avec de la paille. Donc mis a part pour les methaniseurs..mais comme ça non plus ça ne convient pas aux écolos..
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Chris
Il y a 106 jours
Non, mais en élevage ? Dommage de ne pas parler des valeurs alimentaires !!!
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