Agriculture biologiqueLa Russie se lance dans le bio

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Partout dans le monde, la demande en produits bio augmente. La Russie entend bien en profiter pour booster ses exportations. Un ambitieux plan de développement de l'agriculture biologique commence à porter ses fruits. [Article paru initialement le 14/01/2020]

Coquelicots dans une parcelle de bléPour l’instant, c’est en grandes cultures, pour l’alimentation animale, que la Russie se teste en agriculture biologique. (©Terre-net Média)

Dans un marché mondial du bio dont le chiffre d’affaires s’élève à 100 milliards, il est clair que la Russie veut sa part du gâteau. Une ambition clairement affichée par Vladimir Poutine, qui, en décembre 2015, clamait son intention que « la Russie devienne le 1e exportateur mondial de produits bio ». « Dès 2014, nous avons commencé à exporter des produits bio, retrace Stanislas Gouriev, de la société Sibbio products. Partout dans le monde, la demande pour les produits bio est en croissance. Nous comptons bien suivre le train mondial ». En Russie, la demande en produits bio se cantonne dans les villes où le pouvoir d’achat est plus élevé.

« Avec l’embargo, nous ne pouvons pas importer les produits alimentaires bio qu’une certaine partie de la population demande alors nous allons les produire ». Ce n’est pas uniquement pour son marché intérieur que la Russie veut produire bio mais surtout pour l’export, plus rémunérateur. « Par exemple, en France, les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux conditions de production et sont prêts à payer plus pour du bio », souligne Stepan Shibaev, chargé d’affaires en Russie pour Bretagne Commerce international.

Exporter céréales et protéagineux

Pour l’instant, c’est en grandes cultures, pour l’alimentation animale, que la Russie se teste en agriculture biologique avec des céréales (orge, avoine, seigle) mais aussi des oléo-protéagineux (colza, pois). Même si le bio représente moins de 1 % de la production russe, une partie est déjà exportée. « Nos consommateurs principaux sont les Pays-Bas et le Royaume Uni, souligne Stanislas Gouriev. Depuis cette année, nous produisons aussi de l’avoine sans gluten et bientôt, nous vendrons aussi des huiles et des tourteaux bio ».

Si elle veut exporter, la Russie sait qu’elle devra être irréprochable en termes de conditions de production et de traçabilité. Le 1er janvier, a été promulguée une loi pour développer la production. « Elle harmonisera aussi les standards russes avec les exigences internationales, précise Mme Galina, de l’organisme national de certification. Tous les producteurs seront accrédités par des agences gouvernementales ». Et d’assurer que chacun est contrôlé trois fois plus qu’en Europe !

Une autre échelle de production

« 70 producteurs sont certifiés aux normes UE, une centaine est en cours de conversion », assure Serguey Korshunov, président de l’Union of organic agriculture of Russia. Ce qui pourrait sembler anecdotique si ce n’est la taille des exploitations, qui dépasse largement le millier d’hectares. Dans la région d’Ortcozka, il n’y a qu’une ferme certifiée bio mais elle couvre 12 000 ha ! La région de Belgorod affiche une ambition de 700 000 ha convertis en bio. À comparer aux 476 000 ha bio ou en conversion en Occitanie, première région bio, ou aux 2 millions d’hectares bio ou en conversion sur toute la France. Les ambitions russes seraient d’une conversion en bio de 30 millions d’hectares.

Pour se développer, la filière bio russe compte bien profiter de l’avance des autres pays européens, en termes de matériel, de génétique, de conseils techniques. « Nous sommes très intéressés par des transferts de technologie et de la formation », ne cache pas la délégation russe notamment présente lors du Space 2019 à Rennes (Ille-et-Vilaine).


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DÉJÀ 22 RÉACTIONS


Réaliste
Il y a 10 jours
« Nous sommes très intéressés par des transferts de technologie et de la formation » Que l'on leur envoie Abeille. Vite !
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phil47
Il y a 7 jours
plutôt gonflé comme réflexion quand on lis t'on pseudo !!!
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steph18
Il y a 5 jours
Si le forum agriconvivial ne vous plait pas, et bien ne le suivez pas....Mais je peux vous dire que les bios se servent bien de l'agriculture conventionnelle pour vendre leur marchandise.
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dans conventionel il y a
Il y a 7 jours
Sur ce forum, 90% dénigrent les agris bio, sur le forum agri convivial qui n'a de convivial que le nom, c'est 99% des gens qui haïssent les gens en bios. Et la bas c'est des excités comme tu dis, il n'ont pas de limites. Ça va vraiment loin. Pourtant un des administrateurs du site, Patogaz, est à la coordination rurale.
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Taxi
Il y a 7 jours
Entièrement d’accord avec votre remarque !
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Cabeillade
Il y a 7 jours
Du dénigrement, il y en a des deux côtés, si on veut être honnête justement (et je précise que je suis en bio, donc on ne peut pas m'accuser de mauvaise foi). Mais globalement, à part quelques excités, je trouve que nous sommes passés au delà de ces querelles de cour d'école pour apprendre les uns des autres, peu importe le mode de production.
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phil47
Il y a 9 jours
et oui il faudrait que l'on ai tous une étiquette et du coup faire parti d'un système, sinon tout le monde voisin agri ou administration nous regarde de "travers"( sans jeu de mot).
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dans conventionel il y a
Il y a 7 jours
Si tu étais de bonne foi, tu ne dirais pas''le côté clivant de la chose'' mais tu nommerais précisément les gens qui sont à l'origine du clivage, a savoir les agris conventionnels qui n'arrêtent jamais de dénigrer la bio et se complaisent à souhaiter la faillite des bois.
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The germs
Il y a 10 jours
C'est vrai, mais la mains d’œuvre me semble plus importante en bio qu'en conventionnel.
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phil47
Il y a 9 jours
Effectivement le bio est souvent plus gourmand en main d'oeuvre, c'est ceux qui constitue un frein a son développement en France ( manque de bras et prix de l'heure) mais dans tout les cas que ce soit en bio ou pas le développement de l'agriculture a l'est va mettre a mal la notre, le parcellaire, la terre peut exploité jusqu’à présent et la main d'ouvre pas chère..... on va le sentir passer.
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