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Paroles de lecteursL'or vert, ce n'est pas l'ensilage d'herbe mais l'enrubannage

| par | Terre-net Média

Selon un article paru fin novembre sur Web-agri, l'ensilage d'herbe est très rentable dans le sud-est de la France, au regard de sa valeur énergétique et azotée rapportée au coût de la technique. Les lecteurs, eux, préfèrent l'enrubannage en termes de facilité de chantier et surtout de qualité de conservation. Mais peut-être ne sont-ils pas de cette région...

paroles de lecteurs ensilage d herbe Steph72 juge l'ensilage d'herbe trop contraignant : « Le tassage est compliqué, il faut relever les rehausses, sans oublier les pierres qui remontent. » (©Fidocl // Création Terre-net Média) Patrice Brachet : « Ce qu'il y a de bien dans ces travaux, c'est que chacun affirme son savoir sans se rendre compte que d'autres organismes avancent autre chose, dont ils sont sûrs eux aussi. Qui croire ? Comment s'y retrouver ? Pour la fauche des prairies par exemple, une étude très sérieuse disait que la faucheuse simple était le meilleur compromis. Une chose est sûre cependant, en foin, ensilage comme enrubannage : il est impératif de récolter l'herbe au bon stade ! »

Tell14 : « Un enrubannage à 50 % de MS au rotocut est plus laitier qu'un ensilage d'herbe. Et au niveau conservation, c'est top ! Comme pour faire des lots d'animaux différents selon les coupes. Sur le plan économique, si vous avez un peu de route et donc plusieurs bennes, cela peut vite monter. Pour diminuer le coût de l'enrubannage, il faut un round baler à chambre variable, qui compresse fortement l'herbe. Nous arrivons à former des balles de 850 kg et de 50 % de MS ! Les deux points faibles : la manutention et les films plastiques ! »

l'enrubannage, « c'est top AU NIVEAU CONSERVATION ! »

Tell14 : « Encore moi, j'ai oublié de préciser que l'enrubannage est moins acide que l'ensilage et si vous voulez réaliser quatre à cinq coupes par an, attention aux bennes si vous travaillez avec des voisins. Si vous en avez trois, qui effectuent également cinq coupes chaque année, vous avez 15 jours de travail à leur rendre. »

Patrice Brachet : « Merci Tell14, tu l'as écrit pour moi ! J'enrubanne plus de 2 000 bottes de 750 à 1000 kg et de 14 à 18 de MAT, méteil et herbe tout confondu. »

Steph72 : « Moi non plus, je ne fais pas d'ensilage d'herbe. C'est moins cher que l'enrubannage, mais trop contraignant : le tassage est compliqué, il faut relever les rehausses, sans oublier les pierres qui remontent. Quand tu es dans la préparation des ensilages de maïs, tu te passes volontiers de tout ça ! S'ajoutent aussi à cela les pertes au silo : jus, moisissures, etc. » 

L'ensilage d'herbe : moins cher mais trop contraignant

Capitaine : « La chose la plus importante en effet lorsque qu'on fait de l'ensilage d'herbe : ajouter un conservateur tout au long du chantier. Cela représente un coût, c'est vrai, mais insignifiant comparé aux pertes. » 

Patrice Brachet : « Si cette étude sort, ce n'est peut-être pas anodin ! En effet, nous sommes de plus en plus d'éleveurs à avoir un penchant pour l'enrubanné. On va faire quoi des ensileuses, ces monstres de 400 000 à 500 000 € ? D'autant qu'en allant plus loin, avec très bon enrubanné, des céréales, du maïs humide et un peu de colza si besoin, basta aussi l'ensilage de maïs ! (...) »

Fink : « Les constructeurs feront comme nous, ils s’adapteront... »

Tell14 : « Pas facile de calculer le coût de l'enrubannage. Entre un combiné à chambre fixe, qui donne des balles de 500 kg, et à chambre variable qui sort des bottes de 750 kg à 60 % de MS). On peut vite doubler le coût de la tonne de MS ! L'enrubannage présente aussi l'avantage, par rapport à un silo d'herbe, de pouvoir trier plus facilement en fonction des différentes coupes. Mais que de manipulations en contrepartie ! »

Méteil :  « Je suis d'accord au niveau du coût de revient. Par contre, on n'a pas du tout le même produit : à 50 % de MS, ça sent toujours bon ! À 22 %, ce n'est pas toujours terrible. Faut faire gaffe au voisinage. Je préfère l'enrubanné car le chantier est beaucoup plus souple et on dégrade moins les prairies en période humide. »

Petit aparté entre Patrice Brachet et Jonathan

Patrice Brachet : « Petit clin d'œil à nos détracteurs : mes vaches produisent 28 à 29 kg de lait par jour à 46 de TB et 37 de TP. Et 13,6 g de méthane au litre (mesure officielle). »

Retrouvez le Paroles de lecteurs : Quand l'herbe délie les langues

Jonathan : « En race prim'holstein ? »

Patro Brachet : « 60 % de Prim'hosteins et 40 % de Montbéliardes. Cet été, le TP était toujours supérieur à 33-34. Je pense que cela vient de l'alimentation : 2/3 de méteil, de l'herbe et des céréales. Mais je n'en suis pas sûr. »

Jonathan : « Ce n'est pas ta moyenne annuelle ? »

Patrice Brachet : « Je suis à 35 de TP et 43 de TB. »

Tell14 : « Sans compter Patrice que, si tu abandonnes le maïs ensilage au profit du maïs épi, tu améliores ton bilan carbone en laissant 7 à 8 t de cannes dans le champ. Et plus besoin de soja, le colza suffit ! Tu luttes en même temps contre la déforestation et les problèmes liés au transport de marchandises sur de longues distances en bateau ou avion. »


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