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Paroles de lecteursL'herbe est-elle plus verte en système pâturant ? Et avec un robot de traite ?

| par | Terre-net Média

Le reportage chez François Dumont et son système tout herbe a poussé les lecteurs de Web-agri au commentaire ! Vous êtes très nombreux à avoir félicité cet éleveur du Pas-de-Calais, qui a réussi à augmenter son EBE. Des messages qui ont vite été suivis d'un débat plus large sur le pâturage et les robots de traite.

paroles de lecteurs reportage francois dumont paturage et robot « Ça fait du bien, un vrai paysan, bien dans ses bottes ! », s'exclame Tell14. (©Terre-net Média)

Patrice Brachet : « Bravo monsieur Dumont, pour différentes raisons : arrêt du couple maïs ensilage/soja, utilisation de l'herbe au maximum puisque vos conditions pédoclimatiques vous le permettent, réduction de la production laitière et amélioration du revenu de l'élevage. Il vaut mieux être premier au Cer France que de la top liste PLM !! Tant pis si j'en choque certains ! »

Tomy : « Bravo pour ces résultats. L'étape suivante : améliorer encore la qualité de vie. »

Gillesdu01 : « En tous cas, bravo François Dumont pour ce virage permettant de sortir de la spirale infernale ! Si je me souviens bien, il fait partie de ceux qui ont compris depuis bien longtemps la direction que veulent nous faire prendre nos pseudos représentants. »

Félicitation, François Dumont !

MDR : « Le ratio EBE/produits : le seul indicateur valable ! Quand vous êtes à 70 % et que vous redonnez de la TVA, c'est que votre système est plutôt efficace. »

Tell14 : « Ça fait du bien, un vrai paysan, bien dans ses bottes ! L'article est rafraîchissant. La preuve qu'on n'a pas besoin d'un 300 ch pour y arriver ! Au contraire, il faut revenir aux bases quand on peut. La vache est un ruminant et n'est pas faite pour manger du soja. J'ai le même mode de production et j'arrive à baisser le taux de renouvellement à moins de 20 %, ce qui est un signe de bien-être animal. Et si M. Dumont passe en bio, son prix du lait va grimper de 120 € sans charges supplémentaires. De quoi dépasser 50 % de ratio EBE/produits. Toutes mes félicitations à l'éleveur et merci à la rédaction de Web-agri. Multiplier les témoignages sur des systèmes particuliers peut faire évoluer les pratiques et donner des idées. »

Se rapprocher du modèle irlandais, avec un maximum d'herbe ?

Chrislait : « Aujourd'hui, on assiste à une restructuration énorme du secteur laitier avec d'un côté, des exploitations avec plusieurs centaines de vaches, entièrement automatisées et avec un maximum de lait par animal et de l'autre côté, ce type d'élevage qui s'oriente vers le bio. »

Voir, en vidéo, un élevage entièrement automatisé : Alimentation, traite et paillage robotisés au Gaec du Tertre Goutte (22)

Tell14 : « Tu as raison Chrislait, mais si les grosses structures s'orientent vers l'autonomie, le pâturage et le "penser soi-même", elles vont se rapprocher du système irlandais. Un maximum d'herbe, le moins d'investissement possible et beaucoup de vaches, cela te donne un coût de production à moins de 200 €. »

Chrislait : « Exact, d'ailleurs, je vois plus mon (notre) avenir dans le modèle irlandais que danois ou hollandais, surtout en Bretagne où le climat est favorable à la pousse des fourrages... »

Titian : « Même en oubliant qu'ils commencent à céder à l'intensification, je ne trouve pas les Irlandais plus sexy, désolé : bulle financière et foncière, saturation au travail, agrandissement sans modération...

« Les techniciens, eux, nous poussent à produire un maximum de lait par vache »

Hautot Nicolas : « C'est bizarre, les techniciens, qui viennent dans nos exploitations, nous poussent à produire un maximum de lait par vache alors que les chiffres nous prouvent qu'il vaut mieux faire le contraire ! »

Chrislait : « Quand des techniciens arrivent dans la cour de la ferme, c'est pour nous faire les poches ! »

Tell14 : « C'est parce que le technicien ne regarde que son salaire et sa commission en fin de mois et se moque de savoir si tu t'en sors. Il veut vendre à tout prix. J'ai en tête l'exemple d'une ferme qui a acheté deux robots neufs et a arrêté de les utiliser six mois plus tard. Le vendeur n'a pas redonné sa com. pour autant ! On est pris pour des vaches à lait ! Depuis 30 ans, on nourrit un tas de parasites. Quant tu as de la visite, ce n'est jamais par hasard. Il est grand temps que l'on puisse produire du lait et gagner correctement notre vie. »

MDR : « C'est sûr que ce genre de système ne fait pas le bonheur des techniciens et des fournisseurs. Chez moi, aucune livraison à part le fuel... »

Patrick Patrick : « Il ne faut pas rejeter la responsabilité aux vendeurs et techniciens. C'est à nous de prendre les bonnes choses dans les conseils car il y en a et de savoir analyser ce qui est bien pour nous. Dans le cas cité par Tell14, ce n'est pas la faute du vendeur. L'éleveur n'est pas un bon gestionnaire pour laisser tomber six mois après un tel investissement ! »

Pour ou contre le robot de traite ? ça marche CHEZ CERTAINS, alors que pour d'autres...

Yeneralalcazar : « En plaine, en production laitière et système herbager, on peut sans problème dégager deux revenus (Gaec) avec 110 000 l et un avec 60 000. On réalise des économies sur tous les postes de charges : non-labour, sursemis, pâturage tournant, dérobées fourragères pour l'été, sortie des vaches fraîchement vêlées dès le 10 février certaines années... Le robot de traite pousse à la suppression du pâturage, notamment parce qu'il empêche la plupart du temps d'organiser le parcellaire de façon rationnelle. »

Oups : « Arrêtez de croire que tous les éleveurs ayant des robots de traite ne savent pas compter ! Il y a des système robot qui fonctionnent très bien ! »

Tomy : « Rien à voir avec le fait de savoir compter. Certains éleveurs ont des soucis techniques avec leur robot. D'autres ont des problèmes économiques (pas tous évidemment), liés souvent à un surcoût (investissement, maintenance ou intensification) quand le lait est moins bien payé. »

Tell14 : « Je n'ai rien contre les robots, mais cela ne marche pas chez tout le monde et quand ça ne fonctionne pas, c'est vraiment la galère. Toutefois, ce n'est pas après les robots que j'en ai, mais après tous les parasites qui t'expliquent comment faire et surtout que tu dois investir pour produire plus. Et quand tu es dans la m..., ils ne sont plus là. »

Patrice Brachet : « Autour de moi, il y a des robots et ce sont eux les plus forts niveau production. Pour le reste, c'est très opaque, on a du mal à avoir des infos. La marque majoritaire impose le silence et c'est ce qui me dérange avec les robots. Peut-être que ce n'est pas pareil pour les autres marques. Même auprès de bons copains, difficile de savoir quelque chose, à part les jours où ça ne marche pas, où ils laissent échapper quelques jurons. Là, on est loin des grandes messes avec des showmen qui vous prouvent que vous allez payer ce bel outil rien qu'avec l'argent qu'il vous fera gagner ! »

Tell14 : « Pour ou contre les robots, il faut reconnaître que traire ses vaches 14 fois par semaine, c'est un peu dur surtout pour gagner des cacahuètes. Les robots progressent depuis 20 ans et dans quelques années, les salles de traite seront de plus en plus rares chez les jeunes générations. »

« on soulage les épaules, mais on allège le compte en banque »

Hautot Nicolas : « J'ai pu voir des robots de traite dans plusieurs journées portes ouvertes. À chaque fois, il y a des cultures de vente pour compenser les surcoûts. »

Steph72 : « Du blé à 140 €/t, c'est pas avec ça que tu vas compenser toutes les charges supplémentaires. 10 000 € d'annuités + 5 000 € de maintenance : faut en sortir du produit en plus, sans compter tout le reste (plus d'aliments achetés, moins de pâtures...) ! Ça fait le bonheur de ceux qui vivent au crochet des producteurs : ils gagnent leur vie bien mieux que leurs clients. »

Patrice Brachet : « Steph72, pour un rouge, il faut compter 150 000 € sur 7 ans. Pour la maintenance, 5 000 €, tu es sympa non ? »

Steph72 : « C'est vrai, j'ai sous-estimé le prix de la maintenance. C'est plutôt 7 000 €, voire plus. Et si on ajoute l'eau et l'électricité en plus, on arrive vite à 20 000 € par an. »

Patrice Brachet : « Si tu veux soulager tes épaules, tu allèges ton compte en banque ! »

Un autre Paroles de lecteurs sur les robots de traite : Un robot de traite vaut-il le coût (de l'investissement) ?

Hautot Nicolas : « Je pense que la location devient inévitable vu le prix d'achat et la valeur de revente dérisoire. »

Steph72 : « Il va falloir que le prix du lait remonte car faire du volume pour amortir l'investissement ne suffit pas. »

Jonathan : « Les robots poussent les agris à produire encore plus pour amortir et diluer les charges. Hélas, c'est une grave erreur. Arrêtez de croire que votre voisin fera le lait que vous ne produisez pas ! Il faut revenir à des méthodes simples : pâturage de trèfles et luzerne, qui apportent des protéines produites sur l'exploitation, et toujours un peu de maïs. Comme disait mon grand-père, le camion d'aliment est un "ruine boutique". Avec les années, je me suis rendu compte qu'il avait raison. Le maître mot, c'est l'autonomie. Tant pis si tout le lait n'est pas produit. De toute façon, pour que le prix du lait remonte, il faut que la production diminue. Concernant les robots, à chacun de choisir. Mais, c'est vrai qu'après plusieurs années de salle de traite, les épaules commencent à souffrir. »

Patrice Brachet : « Je pense qu’il ne faut pas être contre les robots. C'est le business qui gravite autour qui est délirant (entretien, produits, concentrés, etc.). Qui ne connaît pas de ferme ayant investi dans cette super technologie et qui, suite à des problèmes à répétition, a tout arrêté. Il faut être mieux renseigné que le vendeur afin de pouvoir gérer l'après acquisition. D'autant que les éleveurs équipés sont peu bavards et évasifs sur les problèmes rencontrés. »

Le (ou les) mot de la fin 

MDR : « En tous cas, robot ou pas, cela montre qu'il y a des solutions et que, contrairement à ce que disent certains, on peut encore vivre de l'élevage en France même sur de petites structures... »

Titian : « Bien sûr qu'il existe toujours des solutions d'amélioration individuelles. Par contre, faudrait pas nous faire croire que l'argent ruisselle dans la filière élevage. En ajoutant l'astreinte, les jeunes générations ne s'y trompent plus. »

Jersiaises : « Merci pour tous vos commentaires ! Le changement n'est pas toujours facile au niveau psychologique mais le résultat est encourageant. Toutefois, mon système n'est pas transposable dans toutes les exploitations. »


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