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Conservation de l'herbeMalgré son coût, l'enrubannage a la cote chez les éleveurs

| par | Terre-net Média

D'après des sondages en ligne sur Web-agri.fr, plus de quatre éleveurs bovins sur cinq feraient de l'enrubannage. Une technique pratique et efficace pour conserver les valeurs alimentaires des fourrages, mais aussi l'une des plus coûteuses.

Pourquoi aller mettre de l’herbe sous cellophane ? Peut-être que la pluie guette et que l’on craint de ne pas avoir le temps de faire de foin, ou bien pour récolter un fourrage précoce, plutôt riche et équilibré en protéines et en énergie, qui plus est, très appétent pour les bovins. D’après notre sondage, plus de 80 % des éleveurs laitiers ou allaitants choisissent de lancer un chantier d’enrubannage de temps en temps. Pour 23 % des éleveurs, c’est sous cette forme qu’ils stockent la majorité de l’herbe récoltée, derrière l’ensilage (39 % des éleveurs) et le foin (35 %). Au fil des années, les récoltes en foin semblent diminuer, au profit de l'ensilage et de l'enrubannage.

Sondage en ligne sur Web-agri enrubannage foin ensilage Sondage en ligne sur Web-agri en mai 2015, 735 votants. (©Terre-net Média)

Beaucoup misent sur l’enrubannage pour récolter les fauches d’avril-mai et les dernières coupes d’automne, notamment pour les petits chantiers d’herbe, de luzerne, voire de méteil, qui ne méritent pas que l’on débâche le silo. Autre avantage : bien qu’elles ne soient pas toujours très jolies, les boules plastifiées se stockent aisément à l’extérieur, sans bâtiment ni béton. Mais attention à distribuer ce fourrage à bon escient, car l’enrubannage est aussi le mode de conservation le plus cher.

Conserver de l’herbe, combien ça coûte ?

Pour réduire les coûts de production ou avant d’investir dans des équipements de récolte, il est nécessaire de pouvoir évaluer les coûts de récolte des fourrages des différents types de chantier. Les données recueillies dans le Limousin fournissent des éléments de réflexion intéressants.

 

Fauche précoce

Foin

Balles rondes

(120 x 160)

 

Ensilage

automotrice

Ensilage

autochargeuse

Enrubannage

en continu (en boudin)

Enrubannage

Monoballe au champ

Fauche

Fanage

Andainage

Récolte

Chargement

Transport

Stockage

Enrubannage

Ficelle + plastique

Hangar

31,7

-

-

83,7

-

41,2

20,8

-

10,8

-

31,7

-

14,6

120,4

-

-

26

-

10,8

-

31,7

-

14,6

52,4

8,5

19,4

7,1

34

38,8

-

28,2

-

18

52,4

14,1

21,3

14,1

41,8

60,5

-

22,2

17

18

59,2

6,2

22,7

5,1

-

5,6

40,5

Total (€ HT/ha)

Total (€ HT/t MS)

Total (€ HT/t brut)

Rdt : 5tMS/ha

188

38

9

204

41

14

206

41

21

250

50

25

197

39

33

Evaluer le coût d’une chaîne de récolte de l’herbe dans la Creuse, AFPF Fourrage N°206, (P.Lépée CA 23, 2011)

Sans surprise, l’enrubannage monoballe est la technique de conservation de l’herbe la plus onéreuse, avec un coût d’environ 250 €/ha, contre moins de 200 €/ha pour le foin et l’ensilage en coupe fine. Le poste "plastique" est responsable du coût élevé de l’enrubannage par rapport au foin et à l’ensilage. L’enrubannage en continu (balles mises bout à bout et enrubannées en un seul boudin) a l’avantage de diminuer cette charge de 40 %.

Pour les fauches précoces, l’ensilage avec automotrice ou autochargeuse, l’enrubannage monoballe ou en boudin sont à privilégier. Plus tard dans la saison, la chaîne de récolte en foin a toute sa place grâce aux meilleures conditions météorologiques.

Le choix de la chaîne de récolte de l’herbe se fait également en fonction des rations et des besoins en fourrages pour alimenter le troupeau, de la main d’œuvre disponible au moment du chantier (individuel, Cuma, entreprise,…).  « Lorsqu’on réfléchit à la stratégie de récolte, il faut tenir compte de la distribution ; en effet, des solutions cohérentes sont déterminantes, notamment pour la qualité et la durée du temps de travail », fait remarquer Pierre Lépée de la Chambre d’agriculture de la Creuse. « On constate, sur le terrain, beaucoup de diversification dans les fourrages conservés et les modes de distribution hivernale, ce qui est souvent pénalisant à tous les niveaux : pour le temps de travail, le coût en carburant, la mécanisation nécessaire... lors de la réalisation des stocks comme de leur distribution. »

Produire un enrubanné précoce de qualité :

•  Récolter au bon stade : pour faire un enrubannage précoce à plus de 0,75 UF et 89 g. de PDIN, la coupe doit avoir lieu avant le stade début épiaison de la graminée, généralement fin avril-début mai. La priorité est donnée à la qualité, les rendements sont généralement limités à 3-4 tMS/ha.

• Le taux de matière sèche doit impérativement être supérieur à 60 %. Aucun jus ne doit s’écouler lorsqu’on tord une poignée d’herbe. Au mois de mai, c’est au moins deux jours de séchage au soleil. Si l’herbe est enrubannée trop humide, le fourrage devient peu digestible, trop fermentescible et acidogène.

• Presser des bottes régulières, à la densité maximale. Puis enrubanner le plus rapidement possible pour éviter les déformations et optimiser la conservation. Lors de la conservation, attention aux dégâts que peuvent causer les corvidés et les rongeurs.

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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


phil15
Il y a 1643 jours
l enrubannaVotre commentaire...
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abdel
Il y a 1647 jours
Récolter au bon stade : pour faire un enrubannage précoce à plus de 0,75 UF et 89 g. de PDIN, la coupe doit avoir lieu avant le stade début épiaison de la graminée, généralement fin avril-début mai. La priorité est donnée à la qualité, les rendements sont généralement limités à 3-4 tMS/ha.
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bill
Il y a 1398 jours
ces chiffres sont faux pour certains afin de faire croire que l'enrubannage coute plus cher alors que c'est la technique la moins couteuse si il est fait seulement quand c'est justifié (pas assez de jours de soleil ,recolte plus precoce ,decalage de stade de repousse....)
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