Luzerne deshydratéeL'Arabie saoudite aura besoin d'importer 7 millions de tonnes de fourrage

| par | Terre-net Média

La filière luzerne déshydratée tenait son premier symposium le 8 février à Châlons-en-Champagne. L'élevage de vaches laitières au Moyen-Orient pourrait être une voie d'avenir pour redynamiser la production de cette plante fourragère en France.

Eric Masset luzerneEric Masset, président de Coop de France déshydratation au centre, avec le docteur Abdulelah Alfaraj et Khalid Al-Aquil, directeur d'une ferme de 75 000 vaches laitières en Arabie saoudite ! (©Terre-net Média)

Avec 450 participants en provenance de neuf pays différents, le 1er symposium luzerne organisé par Coop de France déshydratation à Châlons-en-Champagne le 8 février visait à montrer que la filière est désormais résolument et durablement tournée vers l’avenir. La luzerne déshydratée bénéficie en effet d’une conjonction de facteurs favorables entre une forte demande nationale et internationale, de précieux services écosystémiques à l’heure de l’agroécologie et des outils industriels fonctionnels.

Des atouts largement commentés et attestés par les différents intervenants qui se sont succédés à la tribune à commencer par le Dr Abdulelah Alfaraj, professeur d’agronomie à l’saoudien : « L’Arabie saoudite aura besoin à terme d’importer 7 millions de tonnes de fourrage dont 50 % de luzerne ». Une conséquence de la décision du Royaume dinterdire l’irrigation des fourrages à compter de 2019 pour préserver ses eaux souterraines. Un besoin confirmé et précisé par Khalid Al-Aquil, directeur d’un élevage intégré de 75 000 têtes dont 35 000 vaches laitières à 36 l de production moyenne quotidienne : « Nous recherchons de la luzerne de grande qualité car la productivité de nos vaches est directement liée à la qualité nutritionnelle des fourrages ». Les importations actuelles proviennent du Soudan, des États-Unis, de l’Espagne et de l’Italie mais la France pourrait bien profiter à l’avenir de cette nouvelle donne.

La filière luzerne française compte en effet 10 coopératives de déshydratation, 24 usines, 68 000 hectares et 6 300 agriculteurs adhérents pour une production annuelle de 745 000 t de luzerne déshydratée sous forme de granulés (60 %) et balles de foin (40 %).

Pour Marie-Hélène Jeuffroy, directrice de recherche à l’Inra : « Les légumineuses sont une bonne réponse à bon nombre de problématiques actuelles : fragilisation de nos systèmes de grandes cultures, émissions trop importantes de gaz à effet de serre, déficit structurel en protéines pour l’alimentation animale, mais aussi nécessaire augmentation des protéines végétales en nutrition humaine. »


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