Bilan météoJuin chaud et orageux en France

| Terre-net Média

Comme souvent depuis une quinzaine d'années, juin a connu des températures élevées, et même très élevées, et se situe dans le top 5 des mois de juin les plus chauds. Les précipitations, ont été très inégales en fonction des orages, et certains endroits ont à la fois battu des records de sécheresse et de forte pluviométrie.

La chaleur a été omniprésente quasiment tout le mois de juin sur la plupart des régions françaises, un peu moins en première décade sur les régions méridionales où une certaine fraîcheur persistait. Un bref coup de frais s’est produit par ailleurs du 21 au 23 pour le passage à l’été astronomique, le thermomètre passant temporairement sous les normales saisonnières. Au final, la température moyenne nationale toutes stations confondues (170) atteint 19,4 degrés en France métropolitaine pour une normale 1981-2010 de 17,8 degrés, soit un excédent de 1,6 degrés. Il s’agit du 5e mois de juin le plus chaud depuis la fin de la seconde guerre mondiale, derrière 1976, 2005, 2017 et surtout 2003 qui détient le record avec 21,5 degrés, largement devant juin 2018.

graphe temperatures francaises moyennes en juin 2018La température moyenne nationale toutes stations confondues en juin 2018 atteint 19,4 degrés en France métropolitaine. (©MeteoNews) 

Paradoxalement, ce mois de juin très chaud s’est déroulé sans vague de chaleur remarquable, mais sous une chaleur modérée à temporairement forte (en fin de mois), mais durable. Les extrêmes du mois sont 3,1 degrés pour le minimum national mensuel à Erneville, dans la Meuse, le premier jour de l’été astronomique le 21 ; le maximum absolu mensuel atteint une valeur relativement modérée avec 35,3 degrés à Cazaux le 30.

Le premier semestre 2018 a été chaud, et ce malgré deux mois consécutifs froids : février et mars. La douceur record de janvier et les mois doux à chauds d’avril à juin ont en revanche tiré la moyenne vers le haut. La moyenne nationale semestrielle atteint 11,3 degrés pour une normale 1981-2010 de 10,4 degrés, soit un excédent de 0,9 degré. Depuis 1946, cinq premiers semestres dépassent 2018 : 1990, 2007, 2011, 2014 et 2017, et deux sont à égalité : 2002 et 2008. Le record appartient au premier semestre 2007 et une moyenne de 12,2 degrés.

graphe temperatures francaises moyennes au premier semestre 2018Le premier semestre 2018 a été chaud en France, et ce malgré deux mois consécutifs froids. (©MeteoNews) 

Pluies orageuses fréquentes

Dans le prolongement de mai, juin est resté orageux, principalement en première quinzaine, les conditions retrouvant leur calme dès le 13. Les orages ont parfois été violents, avec peu de rafales de vent toutefois mais des chutes de grêle et surtout des quantités de pluie parfois record, en particulier le 11 entre les Pays de la Loire et le Bassin Parisien. Orly a ainsi battu un record annuel de pluie en 24 heures avec 75,4 mm, dépassant les 66,1 mm du 24 août 1987. De même, les 141 mm de pluie reçus dans le mois établissent aussi un record. Le 12, c’est dans le sud-ouest que des records en 24 heures tombaient : 91,3 mm à Pau, ancien record annuel de 84,0 mm le 11 mai 1993.

À l’inverse, l’extrême nord du pays a connu une sécheresse de surface remarquable, avec des cumuls inférieurs à 10 mm du Pays de Caux au Nord et au Pas-de-Calais, voire proche de la nullité en battant très localement les records de faible pluviométrie de juin 1976. En moyenne nationale, juin 2018 a reçu 64 mm pour une normale 1981-2010 de 54 mm, soit un excédent de 19 %. C’est à Dax, dans les Landes, qu’il a le plus plu avec 224 mm. Et à Leucate (Hérault) que le cumul le plus faible a été mesuré : 1,6 mm seulement. À noter également : 3 mm seulement à Abbeville, dans la Somme.

Ainsi, six mois sur six ont connu un excédent pluviométrique cette année 2018, et même sept mois consécutifs avec décembre 2017, pour un total moyen national semestriel de 485 mm (normale trentenaire de 363 mm, soit 34 % d’excédent). Il faut remonter à 1978 pour trouver un premier semestre au moins aussi arrosé, avec 499 mm cette année-là (record sur la période 1946-2018). Depuis 1946, seules trois années ont connu un premier semestre au moins aussi arrosé que cette année : 1951, 1977 et 1978.

Pas mal de soleil


Après une première décade instable et bien nuageuse, le soleil est revenu en force en seconde quinzaine de juin sur la majeure partie de la France, rattrapant le retard du début du mois. Contrairement à mai « monté à l’envers », on retrouve bien les chiffres maximums près de la Méditerranée en juin. Mais le sud-ouest est resté relativement défavorisé, en particulier le piémont pyrénéen avec des chiffres faiblards. En moyenne nationale, l’astre du jour a brillé 247 heures en France en juin 2018 pour une normale 1981-2010 de 233 heures. L’excédent, peu marqué, atteint 6 %. Les extrêmes du mois sont 156 heures pour le minimum national à Pau (Pyrénées-Atlantiques) et 335 heures à Montpellier pour le maximum.

De janvier à juin, la durée d’ensoleillement est proche des chiffres habituels, mais quelque peu déficitaire : 918 heures pour une normale trentenaire de 977 heures (- 6 %). Janvier et mars, très sombres, ont pesé lourd dans la balance.

En dehors des orages fréquents et parfois violents, ayant provoqué des crues et inondations dans de nombreuses régions françaises, le mois de juin est resté plutôt calme : peu de vent, peu de perturbations. Un vrai mois d’été, une fois de plus chaud dans un contexte de réchauffement climatique persistant. Et ce malgré un ralentissement sensible de la hausse du thermomètre ces dernières années, aussi bien global que national.

Retrouvez toutes les prévisions météorologiques de vos parcelles en vous connectant sur :

Observatoire météo de Terre-net Média
N.B : D'après un communiqué de MeteoNews. Météorologue : Frédéric Decker.

Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 1 RÉACTION


LeGlaciol
Il y a 130 jours
et sans oublier ce mois de juillet qui va encore finir en record de chaleur pour ce second mois d'été, effectivement à en voir les statistiques, le refroidissement de la planète n'est pas pour tout de suite contrairement à ce que certains disent ; sur la durée maintenant faut voir le nombres de mois qu'on passe avec des températures souvent supérieures à la moyenne normale, janvier, avril, mai, juin, juillet déjà 5 mois consécutifs non stop de températures supérieures à la norme, reste août septembre, ça serait normal que ces 2 mois inverse totalement la tendance mais j'y crois pas vraiment dans un contexte de réchauffement climatique, des records encore à attendre sans doutes, triste
Répondre