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Maïs fourrageMichel Moquet, Arvalis : « Il va falloir enrichir les rations en énergie »

| par | Terre-net Média

Michel Moquet, ingénieur régional - Arvalis-Institut du végétal, fait un point sur la situation actuelle des maïs fourrages. Des chantiers avec beaucoup d'avance, des rendements moyens, des grains avortés... L'expert nous donne quelques éléments de conseils pour bien appréhender ce maïs 2018.

Cliquez sur la vidéo pour découvrir l'interview de Michel Moquet, ingénieur régional Arvalis

Niveau fourrages, nous sommes sur une année assez particulière. Les récoltes de maïs sont faites avec environ 15 jours d'avance par rapport à l'année dernière et la pousse de l'herbe a été fortement ralentie par le manque d'eau. « L'est et le centre de la France sont les secteurs les plus touchés par la sécheresse, indique Michel Moquet, ingénieur régional fourrages pour Arvalis - Institut du végétal. Les premiers chantiers d'ensilage y ont démarré dès le mois de juillet. »

Des rendements inférieurs : un manque de stock potentiel

Si les rendements sont sans conteste inférieurs à ce qu'on a pu connaître l'an dernier, il n'y aurait pas tant de transferts de maïs grain en ensilage plante entière que ça. De plus, la production de grains semble quasi assurée car « les maïs ont bien démarré au printemps, même s'ils ont souffert après avec quelques cas d'avortements. »

« On n'a pas encore de résultats d'analyses sur la partie qualité mais à vue d'œil, les maïs sont en moyenne bien pourvus en grains, affirme Michel Moquet. Il faudra donc confirmer ces teneurs en amidon avec les résultats d'analyse. » Pour ceux qui n'auraient pas encore récolté, l'expert rappelle qu'il est conseillé d'ensiler à 32-33 % de MS. « Au delà de 35 %, il est nécessaire d'être très vigilant sur la finesse de coupe et la qualité du tassement. »

Pour ce qui est des stocks, la sécheresse a obligé pas mal d'éleveurs à puiser dans les réserves. Michel Moquet préconise : « Il est important de se pencher sur le bilan fourrager pour vérifier les stocks. On craint une surconsommation de stocks sur la période estivale avec, en plus, une reprise de pousse de l'herbe à l'automne qui s'annonce compliquée puisque les prairies ont bien souffert du sec. Les prix des fourrages risquent de flamber. »

Faire une transition avant de passer sur le nouveau silo

« Sur les maïs les plus affectés par la sécheresse, on aura besoin d'enrichir la ration en énergie via des apports de céréales pour compléter ce déficit en amidon des maïs les plus stressés. » En fonction de la qualité des fibres, il faudra également complémenter avec des fourrages grossiers.

Bien avant, pour passer du maïs 2017 au maïs 2018, il faudra anticiper avec une transition adaptée : « Dans les cas où les profils des maïs ensilés sont très différents, il faudra bien analyser les fourrages puis apporter une correction adaptée de façon à limiter cette étape difficile. »

D'après le spécialiste, le risque mycotoxine n'est pas des plus élevés cette année : « Le risque est lié aux dates de récolte, explique-t-il. Cette année, avec des récoltes plus précoces, le risque est moins important. » On relève néanmoins beaucoup plus d'attaques de pyrales. « La population plus importante de ravageurs peut néanmoins augmenter le risque de fusarium et donc de mycotoxines. Cela reste à confirmer par une analyse. » Sur ce point d'ailleurs, Michel Moquet rappelle qu'il est important de broyer et d'enfouir les résidus sur les parcelles à risques.


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DÉJÀ 4 RÉACTIONS


titian
Il y a 88 jours
Les situations peuvent être très différentes, pour ma part, ça sent encore les maïs ensilage pas loin des 40% d'amidon.
Il y a le grain mais les plantes sont restés petite, probablement l'excès d'eau au début, et peut être un des effet du SD.
Heureusement qu'il y a le meteil et le sorgho en sandwich pour diluer un peu ça.
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Patrice Brachet
Il y a 88 jours
Heureusement qu’il y’a Les méteils ! On a réservé du maïs grain ( très compliqué) pour stocker en maïs humide plus nôtre maïs en ensilage plus du colza (3kg) et le tour est joué pour une ration équilibrée à 30kg grâce à l excellente valeur dés méteil et leur tte bon rendement car en maïs malgré l irrigation la chaleur les a maté et dans nos argilolégers c est bien moyen
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steph72
Il y a 88 jours
IL a fait trop chaud au moment de la floraison peut etre une explication;On s'en sort pas trop mal avec 10 T ms par ha ,malgré le peu d'eau 28 mm à la floraison,15 mm debut aout puis quelques petites averses.
Dans les années à venir ,un bon enracinnement du mais va etre primordial pour qu'il resiste au sec.
Heureusement qu'il y a le mais parce que les prairies c'est 0 pousse depuis début aout.
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Patrice Brachet
Il y a 88 jours
Je voudrais préciser quelques éléments qui malheureusement vont être des fois en contradiction avec Monsieur l ingénieur : Pour les maïs les rendements en volume grain ne seront pas au rdv et même en irrigué ! Pour l ensilage j ai remarqué que quand on prend un coup de chaud les maïs sont stressés et pas facilement digestibles Je parle pour ma région ou hier on avait 33degres pour les parcelles assurées les expert annoncent des rendements de 4a 6 tonne de ms ! Pour la pousse de l herbe nos collègues patureurs attendent désespérément de l eau ! Certains troupeaux sont au râtelier depuis fin juin et pourtant on a pris de l eau ! Presq 80 mm le 9/08 et plus quelques bonnes averses mais les températures ont tout cramé Quand les commerciaux passent ils vous disent : vous avez de la chance c’est vert ! Ailleurs c est cramé ! Un voisin dans une bonne prairie qui était restée bien verte a voulu faucher il n à pas fait 500kg/ ha Tout cela pour dire à Monsieur l ingénieur que cela va être plus compliqué que le tableau qu il dresse ! Acheter des céréales ; les beaux maïs sont irrigation continu peinent à dépasser les 100q sauf quelques exceptions donc entre les contrats et le marché local il ne va pas rester grand chose ! Ah si j ai oublié la baleyure sous forme de granulés ( bien cher évidemment)
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