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Sécheresse estivale et pâturageLes solutions à court, moyen et long termes à avoir en tête pour l'an prochain

| par | Terre-net Média

Les sécheresses se succèdent et les saisons de pâturage deviennent de plus en plus difficiles par endroit. Dérobées, flores d'été, conduite du pâturage, chargement... : Agathe Moysan de Pâturesens détaille la liste des solutions à court, moyen et long termes pour s'adapter au changement climatique.

Encore un été particulièrement sec ! Les derniers chiffres d'Agreste sont alarmants : 71 % des régions fourragères sont déficitaires niveau pousse de l'herbe à fin septembre. Et pas de solution miracle en ce qui concerne l'herbe des prairies : quand il fait trop chaud, ça ne pousse pas.

En pleine sécheresse : il faut limiter le besoin

« À court terme, en pleine période de sécheresse, si la ressource ne permet plus de nourrir le troupeau, il faudra faire baisser le besoin. En lait, ça peut passer par des tarissements ou de la vente d'animaux, et en allaitant on peut faire des sevrages précoces », explique Agathe Moysan, conseillère en pâturage de précision pour Paturesens.

Pour autant, la meilleure arme reste l'anticipation. L'experte liste alors les pistes à envisager dès maintenant pour anticiper la prochaine saison :

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« Miser sur les flores estivales »

C'est en amont de la période sèche qu'il faut sécuriser la ressource. « Il y a les intercultures, le stock sur pied et le flores d'été. » Pour ces dernières, on parle de luzerne, chicorée, plantain, fétuque et trèfle : des espèces plus résistantes aux conditions de sec qui prennent le relais lorsque les prairies sont à l'arrêt. « Attention en revanche, ces plantes se gèrent indépendamment. Elles ont des cycles différents donc on ne les associe pas », prévient Agathe. « On les choisit en fonction du type d'animaux à nourrir, de la période et du type d'exploitation, de l'accessibilité des parcelles et du type de sol. Sur ce point, mieux vaut leur réserver un sol assez riche pour leur permettre d'exprimer tout leur potentiel. »

Plus globalement, l'experte recommande de travailler la fertilisation des prairies pour favoriser leur densité, l'enracinement et la teneur en matière organique des sols pour leur permettre de retenir l'eau.

Revoir la conduite du troupeau

« Sur du plus long terme, on peut revoir la conduite du troupeau, comme changer la période de vêlages pour concentrer le plus gros des besoins sur le printemps. » C'est d'ailleurs ce qu'a fait Fabrice Charles (22) chez qui les vaches passent 10 mois de l'année dehors.

« Il faut aussi penser, lorsque c'est possible, à investir dans le parcellaire en faisant par exemple des échanges pour augmenter la surface pâturable, ou en se lançant dans la construction d'un boviduc. »

« Dans les cas extrêmes, il faut envisager de changer de production »

Pour les situations les plus extrêmes, Agathe rappelle qu'il faut « trouver un chargement cohérent avec le potentiel agronomique de la ferme. » Et dans certaines zones, elle le sait très bien : « Il faudra aller jusqu'à remettre en cause sa production. Certains secteurs sont par exemple devenus trop défavorables au lait. » Là par contre, il y a toute une réflexion à mener...


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DÉJÀ 15 RÉACTIONS


laurent du 79
Il y a 24 jours
je vous informe que l'assemblée nationale a mis en place un nouveau système de pétition en ligne, avec une soumission aux députés quand elle dépasse les 100.000 signatures.

j'ai lancé une pétition sur l'eau : https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-54

est ce que vous pouvez diffuser le lien autour de vous ?

merci d'avance
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laurentd u 79
Il y a 25 jours
l'agriculture a servi d'écran de fumée pour cacher la misère des villes ! ne vous culpabilisez pas à propos de l'irrigation et faites des réserves collinaires ! tout ce qui tombe chez vous (pluie) vous appartient ! D'après le code de l'environnement les fossés ne doivent pas rejoindre les rivières mais des bassins de rétentions pour éviter inondation et pollution, une rivière commence à sa source, tout ce qui coule en amont c'est du ruissellement et ce n'est pas régit par les lois sur les rivières !
des milliers de fossés injustement classés en rivières viennent justement d'être déclassés pour pouvoir faire des barrages !
avec toutes les inondations qui ravagent les villes en aval ça risque même de devenir une obligation !
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titian
Il y a 25 jours
Oh mais c'est quand même très intéressant l'approche de Laurent.
Bien-sûr que l'agriculture a sa part de responsabilité, et si je voulais faire moi aussi dans le mauvais esprit, je pourrais pointé du doigt le ruissellement très actuel sur les parcelles déchaumé plusieurs fois pour remplacer le glygly.
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steph72
Il y a 25 jours
le probleme c'est que l'elevage disparait par manque de rentabilité
Des exploitations d'elevage sont reprises par des céréaliers qui arrachent les haies
Les agriculteurs qui maintiennent les prairies et le bocage ne sont pas aidés alors qu'ils permettent le stockage du carbone
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laurent du 79
Il y a 25 jours
ça peut paraitre anodin mais en Nouvelle Aquitaine la consommation d'eau potable et industrielle, dans les nappes phréatiques, correspond exactement aux prélèvements agricoles, donc si cette eau était recyclée pour l'arrosage (conformément au code de l'environnement) on diviserait par deux les prélèvements estivaux.
Idem pour les ruissellements urbains, la Nouvelle Aquitaine compte 781 200 hectares artificialisées (9.3% du territoire) avec une pluviométrie moyenne de 700mm par an on obtient 5 milliards de m3 d'eau douce exploitable pour des usages non domestiques comme l'arrosage. 5 milliards de m3 c'est 3 fois la consommation TOTALE de toute la région (potable agricole et industrie) qui n'est que de 1.5 milliards, c'est 10 fois les prélèvements agricoles estivaux dans les nappes phréatiques (500 millions de m3) , c'est à dire qu'au lieu d'irriguer 400 000 hectares on pourrait en irriguer 4 millions donc la TOTALITÉ de la Surface Agricole Utile de la Nouvelle Aquitaine sans prélever une goutte dans les nappes phréatiques l'été...
mettez les villes aux normes : recyclage de l'eau dans les sols au lieu des rejets en rivières (systématiques mais illégaux et polluants) et on ne parlera plus jamais de sécheresse !

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Maec
Il y a 25 jours
Vous oubliez de mentionner tout les retournement de prairies et les arrachages de haies qui contribués à filtrer les eaux pluviales. Maintenant, de plus en plus l eau ruisselle en créant des ravines dans les champs et emporte dans les nappes tout les résidus....
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laurent du 79
Il y a 25 jours
Si EELV avait existé dans les années 60, la Seine (et donc Paris) serait à sec tous les étés, ravagée par les crues hivernales et on aurait des ZAD à la place des quatre grands lacs réservoirs !

Une pluie même forte n'est pas un raz de marée mais elle le devient automatiquement quand on ne régule pas les ruissellements en amont des bassins versants. Exactement le scénario qui s’installe durablement en France et partout dans le monde. En France la menace vient de l'eau des terres et pas de la submersion des mers !

Le bon sens aurait voulu qu'on anticipe en construisant des retenues en amont des villes pour maintenir un débit acceptable et plus régulier en aval tout au long de l'année, mais depuis quelques années le ministère de la transition écologique ordonne la destruction des ouvrages sur les rivières au nom de la continuité écologique, ce qui a amplifié massivement un phénomène parfaitement prévisible ! La DCE impose de retrouver un état sanitaire convenable du réseau hydrologique français mais en aucun cas la destruction des ouvrages ! Ce ne sont pas les barrages qui polluent les rivières mais les stations d'épurations et les ruissellements urbains.
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laurent du 79
Il y a 27 jours
La France ne manque pas d'eau, la consommation (potable, industrie et agricole) ne représente que 2.5% des précipitations annuelles, mais juste de réserve. Actuellement les rivières françaises rejettent entre 50 et 70% des précipitations (alors qu'il ne faudrait jamais dépasser les 30% ...) ce qui provoque des inondations, un assèchement mathématique des bassins hydrologiques. Contrairement aux idées reçues les pluies ne viennent pas exclusivement de la mer mais à 70% de l'évapotranspiration et donc des terres, Autrement dit avec 0% d'évaporation on provoque 0% de chance d'avoir des pluies, et au lieu d'évacuer la chaleur on la stocke dans les sols ce qui provoque des canicules et amplifie les effets du dérèglement climatique !

On peut agir très vite puisque toutes les lois existent déjà, il suffit juste de les faire appliquer aux collectivités : tous les rejets (pluies et eaux usées) doivent être traités et infiltrés pour ne pas perturber le cycle de rechargement des nappes phréatiques, et quand les infiltrations ne sont pas possibles l'eau doit être recyclée pour des usages non domestiques comme l'arrosage. Les rivières sont le drainage naturel des sols et elles sont caractérisées uniquement par leurs sources, tous les apports supplémentaires (ruissellements, fossés et rejets de station d'épuration) amplifient le drainage naturel donc assèchent les nappes phréatiques et polluent. Contrairement aux idées reçues l'irrigation n'assèche pas les nappes phréatiques puisqu'elle contribue à l'alimentation du cycle, c'est au contraire le manque de végétation en été (après les moissons) qui coupe le cycle de l'eau ! Les villes ont enfin compris l'intérêt de la végétalisation mais il faut la généraliser partout en faisant des réserves d'eau l'hiver.
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laurent du 79
Il y a 27 jours
La solution est simple : il doit être interdit de ne pas irriguer les prairies !
Chaque prairie reçoit au minimum 700mm de pluie par an , elle en a besoin de 500mm (irrigation comprise à 200mm l'été) pour produire toute l'année !
Autrement dit une prairie irriguée utilise la moitié de l'eau qu'elle a laissé infiltré l'hiver, le reste est pompé par des villes en béton (donc sans infiltration) qui ne recyclent pas l'eau mais polluent massivement les rivières ...
Depuis plus de 30 ans les climatologues disent bien, qu'avec le dérèglement climatique, il n'y aura pas moins d'eau mais une dégradation de la répartition annuelle des pluies : inondations l'hiver et sécheresse l'été, exactement le scénario qui s’installe durablement en France et partout dans le monde. En France la menace vient de l'eau des terres et pas de la submersion des mers ! Le bon sens aurait voulu qu'on anticipe en construisant des retenues en amont des villes pour maintenir un débit acceptable et plus régulier en aval tout au long de l'année, mais depuis quelques années l'administration ordonne la destruction des ouvrages sur les rivières au nom de la continuité écologique, ce qui a amplifié massivement un phénomène parfaitement prévisible : quand l'eau s'écoule plus vite elle s'écoule moins longtemps ! L'état est attaqué par l'association "eaux et rivières de Bretagne" parce que depuis des dizaines d'années les villes se servent des rivières pour évacuer les polluants dans la mer ... les crues hivernales servent de chasse d'eau pour bien tout nettoyer ! cf http://pasdeclimatsanseau.unblog.fr/2020/09/01/riviere-ou-vide-ordures/
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Jmb67
Il y a 28 jours
Cette année j'ai pris la décision de semé les meteils bonheurs où je vais faire les maïs après, j'ai fini les semis hier l'avenir me diras si j'avais raison.... L'année passée j'ai encore semé de l'avoine avec pois printemps récolte 2,5 tms mais les sorghos multicoupe derrière rien......
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