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EnsilagePour le maïs fourrage comme pour l'herbe, quelle utilité des conservateurs ?

| par | Terre-net Média

Dans quelle situation introduire un conservateur d'ensilage ? Comment l'appliquer et comment agit-il ? Quels sont les différents types de conservateurs ? Quel coût représentent-ils ? Quel retour sur investissement attendre ? Pour le maïs fourrage comme pour l'ensilage d'herbe, Anthony Uijttewaal d'Arvalis-Institut du végétal nous donne quelques éléments de réponses.

Ensilage de maïs ou d'herbeQuelle utilité du conservateur pour l'ensilage ? Dans quelle situation l'appliquer ? Quel retour sur investissement en maïs fourrage ou ensilage d'herbe ? (©Terre-net Média)

On distingue trois principales familles de conservateurs : les bactéries lactiques (avec ou sans enzymes), les acides organiques et les tanins. L'ingénieur et responsable du pôle fourrages d'Arvalis-Institut du végétal Anthony Uijttewaal explique : « On les attend sur deux actions en particulier : la chute du pH et la stabilité aérobie pour éviter l'échauffement. »

Tous s'appliquent lors de la récolte. Le passage de l'arrosoir sur le tas du silo entre chaque benne n'a aucune efficacité. L'expert explique : « L'application du conservateur doit être la plus homogène possible, d'où la nécessité de le pulvériser à la récolte grâce au dispositif prévu sur l'ensileuse. » Côté stockage, pour les conservateurs biologiques (bactéries lactiques) : attention aux dates de péremption et aux chocs thermiques au stockage comme à la dilution.

Un conservateur pour limiter les pertes de l'ensilage d'herbe

C'est sur l'ensilage d'herbe qu'Arvalis a le plus de retours quant au mode d'action. « Il s'acidifie lentement et parfois insuffisamment, ce qui laisse la place au développement de microorganismes indésirables comme les bactéries butyriques. » Dans ce cas, il faut avoir recours aux bactéries lactiques homofermentaires qui vont transformer les sucres solubles de la plante en acide lactique qui va baisser le pH plus vite et plus bas. Les acides tels que l’acide formique et propionique répondent aussi à cet objectif. L’acide propionique aura en prime un effet anti-échauffement. »

Dans les études compilées par l'institut, un ensilage d'herbe inoculé ne perdrait que 4 % de matière organique contre 8 % pour le témoin sans conservateur. « Avec un coût de l'ordre de 4 à 6 €/t MS pour le conservateur, si on économise 4 % de matière, pour un fourrage qui vaut entre 100 et 150 €/t MS, on s'y retrouve : l'investissement est compensé par la perte en moins. » Côté valorisation, le bonus existe mais est plus faible, de l'ordre de + 1 à 2 % (ingestion, production).

Pour aller plus loin sur les conservateurs d'ensilage d'herbe, retrouvez plus d'explications dans un article d'Arvalis institut du végétal.

retour sur investissement difficile à quantifier sur l'ensilage de maïs

En maïs fourrage, « on ne traite pas les mêmes symptômes car le principal problème rencontré concerne surtout l' échauffement du front d'attaque. Dans ce cas, on utilise principalement les bactéries lactiques hétérofermentaires pour retarder le développement des levures et moisissures, ou l'acide propionique. »

En ce qui concerne le retour sur investissement, contrairement à l'ensilage d'herbe, les conclusions des essais restent assez mitigées car chaque situation est différente. Et Anthony Uijttewaal rappelle que « les meilleures garanties pour une bonne conservation de l'ensilage restent la récolte à 32-35 % MS, un bon tassage du silo et une avancée suffisante du front d'attaque. »

Dans certains cas particuliers en revanche, l'utilisation du conservateur se justifie techniquement :

- lorsque le maïs à récolter s'avère trop sec : « Dans ce cas, on aura recours aux conservateurs qui ont une action sur la baisse du pH (bactéries lactiques homofermentaires ou acide formique) et un additif anti-échauffement (bactéries hétérofermentaires ou acide propionique). Si cela est possible, redimensionner le silo pour avancer plus vite sera plus sûr que d'investir dans un conservateur. »

- lorsqu'on manque de fourrage et qu'il faut ouvrir le silo rapidement : « Même si le stock de report est préférable tant pour la transition alimentaire que pour la conservation du fourrage, si on ne peut faire autrement, il faudra appliquer de l'acide formique et propionique pour le double effet : acidifier rapidement et limiter l'échauffement. »

Comme en témoignent ces images, sitôt récolté, le maïs est chaud est instable, d'où l'importance de respecter un délai de fermentation suffisant avant l'ouverture :

Quand on achète du fourrage déjà ensilé en revanche, mieux vaut investir du temps et de l'argent sur la logistique de chantier que sur le conservateur car « il faudra déplacer le fourrage le plus rapidement possible -et de préférence l'hiver-, le tasser de nouveau et le fermer hermétiquement le plus vite possible pour limiter le développement des levures et moisissures. »

Retrouvez tous ces conseils dans l'interview d'Anthony Uijttewaal réalisée sur la Space TV par Web-agri :

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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


Jérôme
Il y a 33 jours
J'ai fais l'essai cette année sur les 2nd coupes d'herbe et je constate une meilleure valorisation par les animaux ( appétence, ingestion) aucune perte de fourrage et plus de lait. Pour moi l'investissement vaut le coup malgré des densités de silo de 230 kg MS /m2
Des fourrages au top c'est du concentré en moins...
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Jacky
Il y a 33 jours
Aucun intérêt de conservateur (a part de remplir la poche de celui qui le vend). Il suffit de prendre le temps de bien tasser le silo et bien le couvrir (silo sac filet...) et la perte est vraiment limitée.
Après si l'ensileuse vient avec 8 ou 10 rangs et que vous n'êtes pas capable de faire face il faut revoir sa copie
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