[Témoignage] Erwan Henry, éleveur« En cas d'aléas climatiques, avoir des cultures variées et à double usage »

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Erwan Henry, éleveur laitier bio à Louargat dans les Côtes d'Armor (22) a mis en place un système fourrager autonome et résilient. Pour faire face aux aléas climatiques éventuels, il a fait le choix de cultures variées et à double usage comme le maïs qu'il décide d'ensiler ou non selon la quantité et la qualité de ses stocks fourragers.

Maïs et pâturageMême dans son système très herbager, Erwan Henry a choisi de garder du maïs, pour son rôle tampon dans la gestion des stocks. (©Pixabay)

En élevage laitier, l’autonomie alimentaire est gage d’efficacité économique. En bio, peut-être encore plus. Construire un système fourrager autonome et résilient s’avère également bénéfique face au réchauffement climatique. C’est une démarche qu’a entamée Erwan Henry, installé avec son épouse à Louargat dans les Côtes d'Armor (22).

« Quand, comme en 2018 et 2019, la production de fourrage est compliquée, c’est encore plus tendu en bio, reconnaît l’éleveur laitier. Nous avons donc tout intérêt à arriver à nourrir nos animaux avec les ressources de l’exploitation ». Pour amoindrir les tensions, surtout quand les aléas climatiques compliquent la partie, il faut valoriser au mieux l’herbe.

Retrouvez aussi le témoignage de Françoise Faucheux, productrice de lait bio à Campénéac (56). En valorisant au mieux le pâturage, l'agricultrice arrive à dégager un EBE de 309 €/1 000 litres.
Et celui de Joseph Lalloué sur l'affouragement en vert : « Au pré ou à l'auge, de l'herbe fraîche dix mois sur douze »

Chez Erwan et Marie Henry, il y a 50 ha d’herbe, 3 ha de méteil, 9 ha de céréales d’hiver, autant de céréales de printemps et 9 ha de maïs pour nourrir 60 vaches et leur renouvellement. « Ça nous permet une autonomie alimentaire totale avec une production de 6 200 litres vendus par vache », assure l’éleveur.

Ses vaches pâturent toute l’année, des prairies temporaires, d’autres permanentes, du colza fourrager. En hiver, le chargement est allégé et l’éleveur débraie, à tour de rôle, les parcelles pour deux mois de repos.

Erwan HenrySur son exploitation laitière, Erwan Henry est en autonomie alimentaire totale. (©Cécile Julien)

Avoir des cultures à double usage

Même dans son système très herbager, Erwan Henry a choisi de garder du maïs, pour son rôle tampon dans la gestion des stocks. « Nous décidons de ce qu’on fera du maïs, ensilage ou grain, début octobre quand toute l’herbe est rentrée, selon la quantité et la qualité de nos stocks fourragers », partage l’éleveur.

De même avec des céréales, normalement destinées à la vente mais qui pourront être ensilées si le printemps n’a pas permis de faire suffisamment de stocks fourragers. « L’ensilage d’herbe et l’enrubannage de ray grass hybride/trèfle violet servent de base à la ration hivernale, complétée par du méteil et du maïs épi, qui apporte de l’énergie pour valoriser l’azote de l’herbe », relate Erwan Henry.

Rotations longues et variées

Dans ses rotations, Erwan Henry n’oublie pas les différentes légumineuses. « Avec des cultures variées, une peut prendre le relais de l’autre en cas d’aléas climatiques, apprécie-t-il. L’an dernier, on manquait d’herbe, on a ensilé 6 ha de maïs de plus que d’habitude et à l’automne on a implanté 3,5 ha de méteil au lieu de 1,5 pour reconstituer des stocks avant l’été ».

Arriver à l’autonomie alimentaire demande aussi de limiter les animaux improductifs en ajustant le renouvellement. « Avant on gardait de 22 à 25 génisses. Pour avoir moins d’animaux à nourrir, maintenant on se limite à 12 et nous visons un vêlage à 24 mois », souligne Erwan Henry. Autant de mesures qui s’avèrent bénéfiques pour l’économie de l’exploitation comme pour limiter son impact environnemental.

Leviers d’amélioration pour améliorer performances économiques et environnementales :
  • Valoriser au maximum le pâturage
  • Optimiser la valorisation de la ration
  • Allonger ses rotations
  • Faire durer prairies plus de cinq ans, pour maximiser le stockage du carbone
  • Introduire de l’agroforesterie avec l’implantation d’arbres fruitiers dans les prairies
  • Planter des haies
  • Limiter le nombre d’animaux improductifs (rajeunir l’âge au premier vêlage, génotyper pour ne garder que ses meilleures génisses)

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DÉJÀ 4 RÉACTIONS


titian
Il y a 39 jours
Tout est dit !
Ne pas mettre tout ses œufs dans le même panier.
Avoir un peu de bon sens.
Avoir compris que l'on travaille avec la nature et le vivant.
Pas la peine de nous sortir un article la dessus, on a parfois l'impression que certains réinventent un peu l'eau chaude au grès de pratiques agricoles prétendument à la dernière mode.
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Bab47
Il y a 40 jours
Il a pas inventé la poudre.
En bio ceci en bio cela les non bio font la même chose il a des lustres cela s appelle être prévoyant et ne pas penser que la production agricole est linéaire
Il y a qu en ville dans les bureau que l on croit cela et en plus ça donne des lecon
Bonne journée
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gus
Il y a 41 jours
Sur mes ZNT je vais faire du cannabis "thérapeutique" . Et si ça marche pas , je m'en servirai à titre" récréatif" ......
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Fanfan
Il y a 41 jours
Je pense que vous faites quelque chose de très bien
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