Dossier Retour au dossier Fourrage

FoinNe laissez pas les valeurs alimentaires partir en fumée

| par | Terre-net Média

Avec les orages qui ont traversé nos régions, l'herbe coupée a eu beaucoup de mal à sécher. Si certains l'ont enrubannée par sécurité, ceux qui l'ont récoltée en foin doivent faire attention à l'échauffement de leur récolte. Les valeurs alimentaires du fourrage peuvent vite chuter mais la récolte peut aussi bien partir en fumée dans le pire des scénarios.

Échauffement du foinLe foin récolté devra être surveillé quelques temps afin d'éviter l'échauffement trop important qui pourrait nuire aux valeurs alimentaires du fourrage mais aussi causer un incendie. (©Terre-net Média)

Alors que les premières coupes de la saison se terminent dans quelques régions, il n’est pas question de relâcher la pression pour autant. Avec des conditions climatiques telles qu’on les a connues (orages, vent, pluies et même grêle par endroit), certaines récoltes ont été réalisées dans l’humidité et les risques d’échauffement sont bien présents.

Arvalis- Institut du végétal rappelle qu’il faut viser une teneur en matière sèche du foin d’au moins 84 % au pressage pour écarter tout risque d’échauffement. Quelques critères permettent de reconnaitre un fourrage sec : les feuilles sont cassantes et les tiges sont sèches, l’andain ne doit laisser aucune sensation d’humidité au toucher (même la partie en contact avec le sol) et les nœuds sur les tiges ne doivent plus comporter de zones de couleur « vert chlorophylle » qui indique la présence résiduelle d’eau.

Prendre la température du foin après sa récolte

L’échauffement du foin est aggravé dans les balles de grande dimension ou à forte densité car la circulation de l’air n’est pas suffisante pour évacuer l’eau résiduelle et la chaleur produite. Le type de fourrage a aussi son impact : un fourrage jeune et riche sera plus sensible qu’un fourrage fauché tardivement (stade floraison ou plus tard). En cas de doute concernant la teneur en matière sèche du fourrage, il sera pertinent d’utiliser des capteurs pour mesurer la température du fourrage et vous alerter en cas de situation à risque.

Plusieurs capteurs de température sont disponibles sur le marché comme Haytech et Vigithermik

Deux phénomènes induisent une montée en température du fourrage : les cellules de la plante et les microorganismes. Les cellules encore vivantes peuvent faire chauffer le fourrage très rapidement après le pressage. Néanmoins, celles-ci ne sont plus actives en quelques jours seulement après la récolte. Ce sont alors les micro-organismes (levures et moisissures) qui se multiplient et provoquent un nouvel échauffement.

L’échauffement du fourrage : des risques plus ou moins importants

L’institut rappelle que la chaleur traduit une perte d’énergie et cette énergie correspond à de la valeur alimentaire. De plus, passé 40°C, les protéines deviennent de moins en moins digestibles. Quelques données permettent d’évaluer les pertes :

- < 40°C : préjudice quasi imperceptible.

- 40 à 60°C : odeur de pomme pourrie, acide. Si l’échauffement s’en arrête là, le foin sera gris, poussiéreux. Cela se traduit par 5 à 15 % de pertes de valeur énergétique et 10 à 30 % de baisse de digestibilité des protéines.

- 60 à 80°C : foin de couleur brun/tabac/caramel. Les pertes sont alors comprises entre 15 et 30 % en valeur énergétique et de 30 à 80 % en digestibilité des protéines.

- 80 à 90°C : foin de couleur brun/café/noir. Le risque incendie est alors maximal.

Les analyses de fourrages ne refléteront pas forcément les pertes de digestibilité car les protéines seront encore présentes, c'est leur digestibilité qui aura fortement baissé. Un risque sanitaire peut également planer à cause des agents toxiques sécrétés par les micro-organismes mais les effets sont actuellement peu connus. 

En cas de suspicion d’échauffement ou de situation à risque (foin humide, balles denses), Arvalis préconise de laisser les balles concernées à l’extérieur sous une surface abritée mais ventilée. Si la température dépasse 60°C, il faudra alors aérer le tas par le sommet ou déplacer les balles à l’extérieur si elles sont stockées en bâtiment. À 80°C, l’incendie est quasi inévitable selon les experts qui préconisent d’avertir les pompiers, sortir le matériel, fermer les portes et ouvertures et de ne surtout pas déplacer le fourrage car l’appel d’air pourrait provoquer la combustion.

Découvrez la météo des foins : une carte qui donne la probabilité d’avoir un temps sec pendant au moins 4 jours

Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 5 RÉACTIONS


PATRICE BRACHET
Il y a 187 jours
Les conseils face aux éléments ? Simplement beaucoup de non agri consultent web agri ça leur montrerait qu’il n y’a pas que leur petit morceau de paradis (assuré et tant mieux)qui a été défoncé et que des exploitations entières l on été aussi et souvent pas assurées c est le message qu il faut faire passer Quand à la terre dans les fossés; en ville c est pire avec chaque jour quelques mètres carrés de bitume supplémentaires les anciens n avaient pas créé les fossés pour accueillir toute cette eau donc sur ce sujet match nul
Répondre
Jmb67
Il y a 187 jours
Bonjour, chacun subit des aléas climatiques, nous devons apprendre à vivre avec. Ce printemp certains ne pouvait pas mettre les vaches dehors. Ce soir nous venons de prendre un orage à tous casser les vaches mangerons du foin car la pâture ne sera pas praticable. Maintenant les conseils des un et des autres sur nos pratiques, ils sont bien gentil mais loin de la réalité du terrain et de l'économie de nos exploitations. Je les invites à venir géré mon exploitations avec ces inconvénients et avantages, ils verront très vite la différence entre la théorie et la pratique.
Répondre
Tomy
Il y a 187 jours
Nous avons à peine commencé les foins en Bretagne, mais bcp d'enru et d'ensilage d'herbe ont déjà été réalisés.
Pour les foins, ça dépend de la structure du sol ( % argile ). Je pense commencer à faucher doucement ( mais qq ha demain ) et un peu tous les jours ( jeudi, vendredi et samedi )
Répondre
steph72
Il y a 187 jours
Tu as raison Patrice mais on va encore nous faire de l'agribasching,c'est la faute des agriculteurs que la terre descends dans les cours d'eau…
Bref vu les quantités exeptionnelles on ne peut pas faire grand chose.
Quand au foin il y en eu très peu de fait avant les orages,l'année dernière sécheresse ,cette année excès d'eau,on va faire les foins fin juin si ça continue et la qualité sera dégradée.
Répondre
PATRICE BRACHET
Il y a 187 jours
Je ne suis ( pour le moment) pas touché mais par solidarité envers tous les collègues qui subissent les dégâts des eaux et dont personne ne parlent un article répertoriant ceux-ci de la part de web agri serait il me semble le bien venu car on vous montre les routes , les villages ect mais en amont souvent il y’a des pertes d exploitation énorme ( je l ai vécu en 2008 en mai)
Répondre