Optimiser l'exploitation des prairiesLe déprimage, une pratique aux multiples bénéfices

| par | Terre-net Média

La période du démarrage en végétation en prairie est une période clé où tout se joue en quelques semaines indique le Gnis dans un communiqué de presse. L'impact est multiple tant sur la qualité, la productivité que sur la pérennité des bonnes espèces. Le déprimage influe également sur la dominance des graminées au détriment des plantes dicotylédones indésirables. Il est possible ainsi d'améliorer gratuitement ses parcelles, uniquement par un mode d'exploitation adapté.

Vaches lors de la mise à l'herbePour réussir son déprimage, il faudrait changer les animaux chaque jour de parcelle. (©Gnis)

Chaque espèce de graminée, après la période de repos végétatif en hiver, sort de sa dormance lorsqu'une certaine température est atteinte : 8°C chez le ray-grass anglais, 6°C chez la fétuque élevée, 7,5°C chez le dactyle, 4°C chez le pâturin commun, etc. La plante démarre alors son cycle de végétation, c'est-à-dire qu’elle va renouveler ses feuilles de façon cyclique.

Au printemps, si les feuilles sont consommées par un pâturage, la plante réagit, le cycle est cassé et la plante refait aussitôt de nouvelles feuilles plus longues, plus jeunes et plus vigoureuses. Simultanément, elle va taller davantage. D’une talle sortent deux ou trois feuilles actives.

Un bon démarrage assuré avec le déprimage

La production d'herbe va donc dépendre du nombre de talles multiplié par la longueur des feuilles. Pour booster cette production, l'éleveur peut faire pâturer ses animaux tôt, c'est à dire dès que la dormance de l’herbe est levée. Cela permet de favoriser le nombre de talles, de remplacer les feuilles petites, vieillissantes, qui ont survécu à l’hiver, par des feuilles plus longues et vigoureuses.

Cette pratique permet également de lutter biologiquement contre les dicotylédones indésirables, par le simple fait d’occuper l’espace disponible.

Le Gnis relate l'expérience menée par un groupe d‘élèves de l’Institut Lasalle de Beauvais. « Il a mesuré l’impact du déprimage sur une collection fourragère d’une trentaine de parcelles. Les mesures faites à l’herbomètre, selon les espèces et variétés, c’est une différence de 800 kg à 1 700 kg de matière sèche en plus dans la partie déprimée. Le déprimage impacte positivement la pérennité des bonnes espèces car si une plante est vivace, la vie d’une talle est limitée à 14-16 mois. Donc renouveler les talles est une nécessité. »

Principale difficulté dans la mise en œuvre du déprimage : il faudrait être partout en même temps avec les animaux. « Alors pourquoi ne pas faire tourner très vite au premier passage, changer les animaux chaque jour de parcelle ? » suggère le Gnis. Dans les parcelles de fauche, surtout s’il n’est pas envisageable de faire pâturer, pourquoi ne pas faire broyer rapidement ? Il suffit dans ce cas de couper à 3 ou 4 cm de hauteur lorsque l’herbe en fait 8. Ce travail est peu gourmand en énergie, l’herbe est tendre à couper. Le temps de travail est estimé à 30 minutes par hectare, soit un coût d’environ 20 euros, pour un gain d’au moins 1 tonne de matière sèche, un fourrage de meilleure qualité et une meilleure maîtrise des adventices.

 

N.B : Source : Gnis.

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