Fertilisation des prairiesÉvaluer le besoin avant l'apport (et pas seulement d'azote)

| par | Terre-net Média

Comment calculer l'apport sur les prairies ? À quelle période faut-il agir ? Quel engrais appliquer ? Quid des effluents d'élevage ? Anthony Uijttewaal, ingénieur pour Arvalis fait le point sur les bonnes pratiques de fertilisation des prairies.

Comme chez Olivier en Ille-et-Vilaine, ou encore Vincent dans le Morbihan, les derniers épandages sur prairies sont terminés. Ils reprendront en sortie d'hiver. Mais alors quelle dose apporter ? Quand ? Et sous quelle forme ? Anthony Uijttewaal d'Arvalis-Institut du végétal nous donne quelques éléments de réponses.

Une dose à adapter au potentiel de la prairie

« Il faut quantifier le besoin de la prairie (en fonction de son potentiel) et l'offre (matière organique dans le sol, azote provenant des légumineuses). Le besoin est généralement supérieur à l'offre et c'est là qu'il faut le combler par un apport. » Et si les engrais de ferme ne suffisent pas, il faut se tourner vers les engrais minéraux.

« En cas de carence, on observera pour l'azote un éclaircissement des feuilles, avec des pointes jaunes dans les cas les plus sévères. Pour le phosphore et le potassium en revanche, ça sera plus insidieux parce que les espèces fourragères traduisent très mal ces carences. » D'où l'importance de réaliser des analyses (de terre en prairie temporaire ou de fourrage en prairie permanente).

Un premier apport dès Les 200 degrés cumulés après le 1er janvier

Pour les apports d'azote minéral ou de lisier (ayant une forte fraction d'azote soluble), la règle consiste à attendre les 200 degrés cumulés à partir du 1er janvier (atteint dès la fin janvier jusqu'à la mi-mars selon les zones). Cela correspond au redémarrage de la végétation, où la plante a de forts besoins en azote.

Consultez la date prévisionnelle du premier apport pour votre région grâce à l’outil Date N’Prairie

« En dessous de 50 à 60 unités, inutile de fractionner l'apport. En revanche, pour des doses conséquentes et/ou dans les zones à risque de lixiviation, il peut être pertinent de faire plusieurs passages », explique l'expert.

D'ailleurs, on ne parle pas seulement d'azote. Il ne faut pas sous estimer la teneur en phosphore et potassium, mais également en souffre. « Nous avons relancé des essais à ce sujet et les situations à risque concernant le souffre sont : les sols très filtrants, la présence d'espèces exigeantes, le manque d'apports de matière organique, et une pluviométrie importante qui peut lixivier le souffre. »

Adapter la conduite avec la présence de légumineuses

« La présence de légumineuses ne veut pas dire zéro apport. On considère qu'elles suffisent lorsqu'elles représentent 40 à 50 % du mélange au printemps. Il n'empêche qu'on peut apporter 30 à 40 unités au printemps qui suit pour booster la production du premier cycle. »

« En agriculture biologique, c'est plus souvent le phosphore et le potassium qui sont limitants, devant l'azote. Il faut donc être vigilant sur les niveaux d'apports et d'exports. »

Ces conseils ont été prodigués lors de l'interview d'Anthony Uijtewaal réalisée sur la Space TV par Web-agri. Retrouvez la vidéo ci-dessous :

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