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Paroles de lecteursComment trouver la bonne plante compagne pour votre maïs ?

| par | Terre-net Média

Maïs et plantes compagnes, cette union peut s'avérer heureuse pour augmenter la teneur en protéine du maïs ensilage, expliquait il y a une dizaine de jours un article sur Web-agri, qui a éveillé la curiosité et l'intérêt de Chrislait et Jonathan. Patrice Brachet, qui loue souvent les bienfaits du méteil dans les commentaires, répond à leurs questions.

paroles de lecteurs plantes compagnes mais « La féverole, bien implantée dans tout le champ, gère la densité du maïs », précise Patrice Brachet. (©Reine Mathilde//Création Terre-net Média) 

Patrice Brachet : « Comme d'habitude, je ne suis pas entièrement d'accord : 13,5 de MAT pour du maïs mélangé à du lablab (haricot exotique, NDLR) et 14 s'il est associé à de la féverole, sans désherber et sans semer trop tôt. Préférez la féverole d'hiver, elle produit beaucoup de feuilles et très peu de gousses, dépasse les 2 m de haut et concurrence très peu le maïs. Toutefois, mieux vaut la réserver aux bonnes terres. » 

Chrislait : « Salut Patrice. Concrètement, tu fais comment au niveau de la densité du mélange maïs/féverole ? Cela semble être la meilleure association pour mon exploitation, située en Bretagne... Merci d'avance pour ta réponse. »

Jonathan : « Bonjour, Patrice. Avez-vous essayé le mélange maïs + féverole ? Si oui, avec quel itinéraire cultural ? Merci. »

Patrice Brachet : « Bonjour à tous. La féverole n'ayant pas la même densité et le même diamètre que le maïs, il faut semer à la volée à 150 kg/ha. Puis passer un coup de déchaumeur à 8-10 cm. Après, on sème le maïs, mais le plus tard possible pour que les adventices annuelles aient le temps de lever. Ensuite, la féverole, bien implantée dans tout le champ, gère la densité du maïs, qui diminue de 10 %. Par contre, il faut irriguer ou avoir de bonnes terres. Essayez d'abord sur une petite parcelle car chaque région est différente. (...) »

« On ne désherbe pas, On fait un faux semis ! »

Jonathan : « Comment désherbes-tu le maïs avec la féverole au pied ? »

Patrick Brachet : « Jonathan, on ne désherbe pas ! On fait un faux semis et on sème la féverole un peu plus tard à une densité de 150 kg/ha. Comment gères-tu l'azote ? Je conseille de l'apporter au semis pour améliorer la vigueur de départ. Mais attention à ne pas trop en mettre, il faut tenir compte de tes conditions pédoclimatiques. »

Jonathan : « À quelle date, sèmes-tu la féverole, puis le maïs ? Il y a forcément des adventices ? Ta féverole lève-t-elle avant le maïs ? »

Patrice Brachet : « Tu sèmes les deux espèces en suivant fin mai en conditions poussantes car, comme tu as fait un faux semis, tu as éliminé une partie des adventices et les deux cultures poussent très vite. Petite astuce pour que la terre soit propre : sème derrière un méteil mais de grâce, ne démarre pas sur des dizaines d'hectares. Il faut tester sur une petite surface car chaque zone, chaque terrain, répond différemment. »

Patrice Brachet : « J'ai oublié de préciser qu'il faut apporter un complexe foliaire au stade genou : 3 l/ha de bore molybdène et 1 l d'une solution à base d'algues, plus une petite touche personnelle, 70 g de vitamine C (pas celle du véto car elle contient du sorbitol). Ce mélange naturel permet aux plantes de se défendre contre les maladies. Nous, nous en mettons partout, sur le maïs, les prairies, sur méteil (début mars), etc. L'avantage : un apport important d'oligoéléments, d'acides aminés et de vitamines (issues des algues). J'ai adopté cette pratique il y a deux ans et je ne donne presque plus de compléments minéraux à mes vaches, y compris aux taries, et je n'ai aucun problème de non-délivrance pour un coût de 40 €/ha. »


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