L'actu d'ArvalisComment désherber les parcelles de maïs ?

| par Arvalis-Institut du végétal | Terre-net Média

Plusieurs stratégies de désherbage sont possibles selon le type de flore et leur niveau d'infestation dans les jeunes maïs : intervenir en prélevée, avec des doses classiques ou renforcées, en postlevée seule ou encore en programme.

Désherbage du maïs en prélevéeEn fonction du type de flore et du niveau d'infestation des parcelles, plusieurs stratégies de désherbage sont possibles dans les jeunes maïs. (©Arvalis-Institut du végétal)

Pour réussir son désherbage, il est tout d’abord important de bien repérer le stade du maïs afin de limiter au maximum un risque de manque de sélectivité sur de jeunes plantes. Il faut éviter toutes applications sur des maïs trop précoces et, le cas échéant, attendre le stade deux feuilles en s’assurant du bon état végétatif. Dans tous les cas, il convient d’inventorier de manière précise la flore déjà présente, ou attendue sur la parcelle (espèce et stade de développement) afin de choisir les produits et composer les mélanges les plus adaptés à la flore en place.

Désherbage en pré ou post précoce : les racinaires, indispensables pour la gestion préventive des graminées

La présence assurée de graminées, tels que PSD (panic, sétaire, digitaire) ou encore de ray-grass, impose quasiment l’application d’un produit racinaire en prélevée ou en postlevée précoce, avant la levée de ces graminées. La dose d’application est gérée selon la nature de la flore, le degré d’infestation attendu et les types de sol. En effet, la gestion préventive des graminées limite la probabilité d’avoir recours en postlevée à des associations sulfonylurées + auxiniques sur des flores avec vivaces, associations délicates à manipuler en termes de sélectivité.

Ray-grass résistant aux sulfonylurées : le double chloroacétamide en prélevée souvent plus performant

La gestion des ray-grass résistants (dans le bassin parisien notamment) impose le recours à la prélevée. Les résultats acquis récemment mettent en évidence une meilleure efficacité des associations de chloroacétamides à base de S-métolachlore et de DMTAP (Isard 1,2 + Dual Gold 1,1 ou Dakota P 4 + Dual Gold 1,1).

L’humidité du sol, un critère d’efficacité des interventions de prélevée

Les herbicides appliqués en prélevée nécessitent un cumul de 10 mm de pluie dans les 15 jours qui suivent l’application pour garantir une efficacité optimale.

Si ces conditions ne sont pas réunies et :

  • Si la pression graminée est forte dans la parcelle : il conviendra tout de même de réaliser l’opération en essayant de la positionner au plus près du semis pour bénéficier de l’humidité résiduelle. En effet, en condition sèche, l’efficacité des chloroacétamides n’est pas nulle et limitera le risque d’avoir à gérer en post des situations non contrôlables par des produits foliaires (graminées résistantes notamment).
  • Si la pression graminée n’est pas trop forte et que les produits le permettent, on pourra reporter l’intervention en postlevée précoce, éventuellement associée à des produits foliaires pour garantir une meilleure efficacité sur les premières levées d’adventices.
Cas particulier des produits contenant du S-Métolachlore

Les firmes proposant des produits contenant du S-Métolachlore émettent des recommandations d’emploi restrictives pour les cultures du maïs, maïs doux et maïs semences et cultures associées afin d’anticiper les décisions supposées de renouvellement des autorisations pour les produits concernés. Ces restrictions concernent les doses d’emploi et les conditions de mise en œuvre des traitements (application sur les aires d’alimentation de captages prioritaires et zones sensibles déconseillées).

Les recommandations sont :
- Une dose maximale de 1 000 g/ha de S-Métolachlore (soit 1,09 l/ha de Dual GS, 1,04 l/ha de Mercantor G ou 2,5 l/ha de Camix pour des applications en plein) pour tous les maïs. Cependant en cas de forte infestation, le recours à des doses supérieures, dans la limite des doses AMM, reste possible.
- Une ZNT systématique de 5 m en bordure des points et cours d’eau.
- Un positionnement de préférence en postlevée précoce.
- Si positionnement en prélevée, préférer une application localisée sur le rang de semis.

De manière générale, la dose de S-Métolachlore est à moduler en fonction de la cible, du type de sol et des complémentarités de produits racinaires qui peuvent être envisagées pour réduire le recours aux chloroacétamides.

À lire > OAD : Quali'Cible étend ses fonctionnalités aux herbicides à base de S-métolachlore

Gestion de flore classique en un passage : la prélevée renforcée ou la postlevée précoce ?

Sur ces flores les plus simples, l’objectif est de maîtriser les dicotylédones et de prévenir l’éventuel développement de graminées. Plusieurs approches sont possibles selon le degré d’infestation, la nature des sols et les objectifs en nombre de passages.

Comparaison d'efficacité de différentes associations de racinairesComparaison d'efficacité de différentes associations de racinaires (©Arvalis-Institut du végétal) 

Prélevée seule renforcée

L’utilisation d’un herbicide à large spectre en prélevée du maïs dans l’optique de ne réaliser qu’un seul passage est possible. Nous proposons l’utilisation de l’isoxaflutole (IFT) composant du Merlin Flexx, en prélevée associé à un chloroacétamide. À la place de l’IFT, il est possible d’utiliser la pendiméthaline qui possède également un spectre large (Prowl 400 ou Atic-aqua). Pour une bonne efficacité, la pendiméthaline nécessite une humidité du sol suffisante et persistante. Mais il ne faut pas l’utiliser en sol filtrant ou en cas de semis mal recouvert car cette substance active présente un risque de phytotoxicité pour le maïs si elle vient au contact des racines (racines en « massue »).

L’emploi de Camix, seul ou renforcé par de l’IFT ou de la pendiméthaline, peut constituer également une bonne stratégie. L’Adengo Xtra (IFT et thiencarbazone) utilisé seul ou de préférence en association avec un chloroacétamide (Dual Gold ou Isard) peut également être une alternative. Cette stratégie présente l’avantage de ne réaliser qu’un seul passage. Elle peut néanmoins être mise en défaut lorsque les conditions d’activité des produits sont perturbées par la sécheresse ou par la levée tardive de certaines dicotylédones. Il est alors nécessaire de rattraper en postlevée, le plus souvent avec une tricétone contre les dicotylédones classiques.

Doses des antigraminées de prélevée selon le type de solDoses des antigraminées de prélevée selon le type de sol (©Arvalis-Institut du végétal)

La dose du produit commercial de prélevée doit être élevée pour être efficace mais modulée en fonction du type de sol. Entrent en ligne de compte : la teneur en matière organique (qui « bloque » la matière active) et/ou le type de sol (sol sableux ou filtrant, limon battant qui augmente le risque de manque de sélectivité de certaines matières actives). Les doses ci-dessus sont indicatives et peuvent être modulées selon la connaissance de la parcelle, l’historique de l’usage de ces produits, et les degrés d’infestation.

Postlevée précoce seule

Passer uniquement en postlevée peut constituer une alternative dans différents cas :

  • Si les conditions en prélevée sont très mauvaises,
  • Si les semis sont très précoces,
  • Si l’on est sûr de l’absence de certaines graminées...

Le report en postlevée précoce (1-3 feuilles du maïs, adventices en cours d’émergence) d’associations à base de Dual Gold ou Isard avec une tricétone (Camix) et/ou une sulfonylurée constitue une option possible. La thiencarbazone-méthyl (Adengo Xtra) peut également être utilisée en association avec un chloroacétamide ou une sulfonylurée (nicosulfuron) en post-précoce pour ce type de flore.

Ce type de stratégie, testé depuis des années dans les réseaux d’essais, présente l’avantage d’être moins sensible aux conditions climatiques que la prélevée seule. En effet, l’efficacité des produits foliaires, dans ce type de stratégie, vient contrebalancer un manque d’efficacité des produits racinaires en conditions sèches. Lorsque la levée des adventices est avancée, et notamment dès que les graminées ont dépassé une feuille, mieux vaut se reporter sur des associations de postlevée dans le cadre d’un programme à un ou deux passages.

Exemples de stratégies sur flore simple de dicotylédones classiques en prélevée ou postlevée précoceExemples de stratégies sur flore simple de dicotylédones classiques en prélevée ou postlevée précoce. Cliquez sur l'image pour l'agrandir. (©Arvalis-Institut du végétal)

Cas particulier du bromoxynil

Cette campagne est probablement la dernière occasion d’utiliser les stocks de produits contenant du bromoxynil. Ses cibles prioritaires pour le désherbage du maïs sont la mercuriale annuelle et la renouée liseron. Les solutions en prélevée pour ces deux dicotylédones difficiles ne sont pas efficaces. 
La mercuriale annuelle est sensible aux inhibiteurs de l’ALS (Equip, Pampa, Peak), à condition d’intervenir sur des individus très jeunes. Il en est de même avec certains prémix tels que Monsoon-Active ou Calaris.  La renouée liseron est plus difficile à maîtriser. Le stade au traitement est vraiment déterminant. On interviendra avant 3 feuilles avec Biathlon, Peak, Monsoon-Active, Capreno ou Calaris ou encore CallistoPlus, Nikita Wg ou Rinidi WG.

Attention aux conditions d’application

Il est primordial de veiller à être dans de bonnes conditions d’application des herbicides foliaires systémiques. Les conditions avant et après le traitement influent sur le risque de phytotoxicité et sur l’efficacité des produits.

Impact des conditions d’application sur la sélectivité des herbicides foliaires systémiquesImpact des conditions d’application sur la sélectivité des herbicides foliaires systémiques (©Arvalis-Institut du végétal)


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DÉJÀ 16 RÉACTIONS


jeje50
Il y a 112 jours
ont peut associer les 2 , chimique et meca, ca marche aussi.
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titian
Il y a 113 jours
Je crois que Cibero pointe les cultures maraîchères bio ibérique importé à bas prix ( main d'oeuvre moitié moins chère hors immigré ) qui pompe allègrement sur les nappes d'eau fossile.
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Cabeillade
Il y a 113 jours
Ha bon, irriguer une culture ne serait pas "écologique".... Attention Maxens, tu finis par avoir le même discours que les écolos extrémistes !
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Cabeillade
Il y a 113 jours
Salut Titian, tu as raison, je me suis fait avoir! Pour l'Orbis, on devait s'en procurer un en co-propriété avec un collègue mais il s'est rétracté. Du coup, je vais travailler avec une bineuse classique pour les cultures de printemps cette année et faire des essais avec des plantes compagnes si j'arrive à faire des faux semis à temps.
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maxens
Il y a 113 jours
Tu perds ton, temps Gibero, ils ont leur rayon et leur ventre bien remplis et de nourriture saine, leur slogan, c'est que les autres se démerdent, et en plus ils peuvent importer et consommer du non bio en France, sans se soucier de la provenance, et le consommation d'eau pour irriguer dans certains coins du monde non tempéré, écologiquement, ils s'en Bra.. aussi
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Baldin
Il y a 112 jours
Il y a des extrêmes des deux côtés...d un point du vue général, les mecs qui justifient leur façon faire (arrachage des haïe massif, utilisation de surfaces pour cultiver de la bouffe pour le methaniseur, pulvérisations et labour des fossés, traitement au ras des ruisseaux...) et qui avancent l argument nourrir la planète ne sont pas plus crédibles
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bio
Il y a 114 jours
les pesticides c'est comme le nucléaire,çà va couter de plus en plus chère et çà laisse un cadeau empoisonné pour les générations futures,ruinez vous dans votre chimie en fesant toujours plus de surface et gagner toujours moins!,telle est la bétise du monde intensif qui na rien compris et qui se mord la queue un peu plus tous les jours!!
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Cabeillade
Il y a 113 jours
Jeff et Bio, un petit peu de nuance (et moins d'arrogance) ferait du bien dans vos affirmations ! Je suis en bio et il faut bien reconnaitre que le désherbage mécanique répété est probablement aussi destructeur pour la vie du sol que le désherbage chimique.
Si vous étiez agriculteurs, je pense que vous l'auriez remarqué.
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gibero
Il y a 113 jours
il vous suffirait tout simplement de demander à vos grands parents si dans les années 1930 (sans chimie) la production agricole était de qualité et en quantité suffisante pour tout le monde, revenir à une agriculture sans chimie est suicidaire , votre réaction est très égoiste tant que vous avez à manger dans votre assiette, pensez à celles des autres aussi, parce que asséner que l'agriculture bio peut nourrir toute l'humanité est le plus gros mensonge jamais orchestré, les rendements étant inférieur d'au moins 50%. La protection phytosanitaire de nos plantes garantie la paix sociale à travers le monde contrairement à l'agriculture bio , tous au bio et dans moins d' 1an on se fout tous sur la peau, ça je n'en veux pas , je veux voir grandir mes enfants, je ne suis pas un égoiste comme tous ces bobos écolos.
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titian
Il y a 113 jours
On reconnaît fort bien la prose d'abeille : "déplier les rampes" "cabine à filtres spéciaux"...
Inutile cabeillade de perdre ton temps à répondre à de tels idiots, les vrais paysans eux ne font pas d'idéologie, ils recherchent tous un bon compromis avec leur système, rentable, productif et durable.
Des nouvelles de l'Orbis ?
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