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Maïs fourrageDu rendement mais quelques situations critiques : attention au rationnement

| par | Terre-net Média

Contrairement à celle de 2017, la campagne de maïs fourrage 2018 s'est avérée compliquée. La sécheresse a pénalisé beaucoup de parcelles, notamment sur le nord et l'est du pays. Arvalis institut du végétal conclut : « Si la moyenne nationale au niveau rendement et qualité est honorable, elle masque quelques situations critiques ». Les experts fourrage donnent alors quelques conseils aux éleveurs pour bien intégrer ce maïs à leurs rations.

Les maïs 2018 sont moins riches en énergie, plus encombrants et moins ingestibles que ceux de 2017. Son rationnement est à bien calculer !Les maïs 2018 sont moins riches en énergie, plus encombrants et moins ingestibles que ceux de 2017. Son rationnement est à bien calculer ! (©Terre-net Média) Suite au bilan fait par Arvalis institut du végétal sur la campagne maïs fourrage 2018, les techniciens conseillent aux éleveurs de faire analyser leur ensilage pour adapter la part de maïs dans les rations et ainsi optimiser sa complémentation.

Ils expliquent notamment : « Les maïs 2018 sont moins riches en énergie (- 0,02 UFL), plus encombrants (+ 0,01 UEL) et moins ingestibles que ceux de 2017. L’utilisation de ces ensilages risque donc de diminuer légèrement la densité énergétique des rations vaches laitières. Il est possible d’ajouter des céréales en veillant à rester sous la barre des 23-24 % d’amidon dans la ration. L’apport de quelques kg de matière sèche d’herbe sous forme ensilée ou enrubannée pourra être bénéfique à condition qu’elle soit de très bonne valeur alimentaire. »

« La teneur en amidon limitée des maïs 2018 pourrait pénaliser la production de viande issue des animaux en finition en lien avec une diminution de la densité énergétique. Pour compenser cette baisse potentielle de performances, l’ajout de céréales ou de coproduits riches en énergie peut être conseillé. »

Des rendements variables selon les secteurs

Plusieurs paramètres expliquent ces résultats. Pour commencer, les conditions climatiques en période de semis ont été favorables et ont permis aux maïs de bien s’implanter. Les excédents de températures, surtout dans la moitié nord du pays (entre 75 et 150 degrés-jour) ont avancé les dates de floraisons. Sols encore humides et températures élevées ont formé le cocktail gagnant pour une croissance rapide et un bon enracinement des maïs, ce qui a limité l’impact du stress hydrique qui a suivi durant l’été.

La première partie du cycle du maïs a bénéficié d’un fort excédent de températures sur toute la moitié nordLa première partie du cycle du maïs a bénéficié d’un fort excédent de températures sur toute la moitié nord (©Arvalis institut du végétal) C’est à partir de la mi-juillet que la sécheresse s’est fait ressentir : les maïs ont commencé à manifester des symptômes de stress hydrique. Heureusement, la plupart des régions ont bénéficié d’orages à la fin du mois et les grains ont tout de même pu se remplir. L’est du pays reste néanmoins la zone la plus marquée au niveau du déficit pluviométrique. De plus, des coups de vents ont fait verser des maïs dans certains secteurs localisés du nord, de l’est mais aussi de l’ouest.

Comme annoncé, les premiers chantiers d’ensilage ont commencé dès le début du mois d’août dans les situations les plus critiques. Cependant, les taux de matière sèche sont encore supérieurs aux préconisations (32-33 % de MS) et les rendements sont assez hétérogènes selon les régions avec le quart nord-est de la France comme secteur le plus impacté.

Un manque d’amidon marqué

« La qualité des ensilages de maïs 2018 est moyenne » : c’est ce que constate l’institut. En effet, les conditions météorologiques du printemps ont été favorables tandis que l’été a pénalisé le remplissage des épis et des grains, donc les rendements.

Les teneurs en amidon sont variables selon les régions mais la moyenne nationale ne grimpe pas haut : elle est de 28,3 % (- 4,5 points par rapport à 2017). Forcément, c’est dans le nord-est et dans le centre qu’elles sont les plus basses (respectivement 24,7 % et 27,3 %). En revanche, les ensilages de maïs récoltés dans les régions bord Manche et sud-ouest présentent des teneurs en amidon assez élevées, proches de celles obtenues en 2017. Les experts préconisent d’intégrer ces maïs avec précaution dans les rations des vaches laitières : « Il faut maintenir une fibrosité correcte et assurer un bon confort digestif. Un apport d’herbe sous forme ensilée ou enrubannée dans la ration pourra être réalisé pour ne pas dépasser le seuil de 23-24 % d’amidon dans la ration. »

Les fibres sont quant à elles encore bien digestibles à la récolte, grâce à l’avancée des dates d’ensilage. La dNDF moyenne est de 51,7 %. Quant aux valeurs alimentaires, les teneurs en MAT (7,3 g/kg de MS en moyenne sur 2018) sont légèrement inférieures à celles de 2017. Les teneurs en UFL également : on est à 0,9 UFL/kg de MS en moyenne sur 2018 et la moitié des maïs sont en dessous cette valeur.

Attention aux stocks !
Dans beaucoup de fermes, la production d’herbe a été toute aussi impactée par la sécheresse estivale et elle n’est pas non plus repartie en début d’automne à cause du manque d’eau. Les semis de prairies n’ont d’ailleurs pas bien fonctionné non plus.
Les spécialistes s’inquiètent : « En puisant dans les stocks de maïs plus tôt que prévu, certains risquent de ne pas réussir à assurer jusqu’à la récolte 2019. »

Sur ce sujet, à lire >> La moindre économie de fourrage compte : des pistes existent

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DÉJÀ 1 RÉACTION


Patrice Brachet
Il y a 27 jours
Dans le sud tout ce qui est décrit c est presque annuel sans irrigation car dieux seul sait que tout les éleveurs ne sont pas Irrigants ou très peu puisque ceux qui peuvent arroser correctement ont arrêté le lait Ça c est le plan À. Le plan B on stocke beaucoup d herbe au printemps et le maïs on le récolte en grain car des qu un maïs prend un coup de stress il devient indigeste et en grain pas de soucis et finit la corvée d ensilage
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