Conversion biologiqueAurélien Joye (19) vise l'autonomie fourragère pour réussir sa transition

| par Nicolas Mahey | Terre-net Média

Aurélien Joye est éleveur de Limousines à St-Ybard (Corrèze). En conversion bio depuis un an, il travaille à atteindre 100 % d'autonomie fourragère en augmentant notamment ses surfaces en méteil. Son projet : faire évoluer son activité « broutards » vers le marché du veau rosé AB, pour lequel il existe une forte demande. Objectif : aboutir à un produit fini moins coûteux... et mieux valorisé.

Aurélien Joye, éleveur allaitant de Corrèze, assisté par Anne-Claire Jamet, conseillère à la chambre d'agricultureAurélien Joye, éleveur allaitant de Corrèze, vise l'autonomie fourragère pour son troupeau de Limousines afin de réussir au mieux sa conversion biologique. Il est guidé par Anne-Claire Jamet, conseillère à la chambre d'agriculture. (©Nicolas Mahey) Aurélien Joye, 31 ans, est installé sur une soixantaine d’hectares en Corrèze, à quelques encablures du berceau de la race limousine. Une région d’herbe où la tradition est de produire des broutards destinés à l’export. « Mon père avait basé son système sur l’herbe, le foin et l’achat d’aliment. Aujourd’hui, je souhaite mieux valoriser mes parcelles, explique le jeune homme qui a repris en 2013 37 ha issus de la ferme familiale et 40 mères limousines. À son installation, 25 ha de terres supplémentaires lui permettent ainsi d’implanter 4 ha de méteil grain et 8 ha de prairies temporaires multi-espèces.

Des mélanges binaires pour trier et auto-produire ses semences

« Je voulais mettre en place des méteils pour diminuer mes coûts d’aliment et de paille. Actuellement, je n’en produis pas encore assez : l’objectif est de doubler les surfaces pour devenir complètement autonome. J’ai aussi le projet de faire moi-même mes semences. » Le futur départ en retraite de sa mère devrait lui permettre de s’agrandir et de porter sa SAU à 120 ha. Côté mélanges, Aurélien Joye expérimente une association triticale-féverole, dont il estime la part en protéagineux à au moins 50 %. « J’ai fait d’autres essais avec plus d’espèces, mais je veux pouvoir trier facilement pour faire mes semences. Je m’oriente donc vers des mélanges binaires. » L’année prochaine, le jeune éleveur envisage une association blé-pois (variété ascension). Après récolte (30 à 45 qx/ha de moyenne), le méteil est stocké en cellule puis concassé en farine. Une moitié des prairies temporaires est semée (sous couvert de méteil) en trèfle violet et ray-grass hybride ; l’autre moitié reçoit un mélange de dactyle, fétuque, ray-grass anglais et trèfle blanc. Aurélien Joye y réalise trois coupes annuelles, dont une d’enrubannage. Le reste de la surface en herbe est composé de prairies permanentes. « Je ne suis jamais à court de stock », note l’éleveur.

L'éleveur passe de 800 € le broutard conventionnel à plus de 1 000 € le veau rosé bio de 180 kg.

En conversion vers l’agriculture biologique depuis l’année dernière, Aurélien Joye prévoit d’arrêter le broutard pour « glisser » en douceur vers la production de veaux de lait rosés AB. « Les prix sont trop bas, pointe-t-il : au tarif actuel, 800 à 900 € pour une bête vendue en vif à huit mois et pesant environ 300 kg. Dans le système que j’ai mis en place, j’ai suffisamment d’autonomie pour finir mes veaux dans le même laps de temps et les vendre dans le circuit bio à 180 kg de carcasse autour de 6 € le kilo. » L’exploitant envisage de contractualiser avec la coopérative le Pré Vert, présente dans tout le Grand Sud-Ouest. C’est en boucherie traditionnelle  et en GMS que la demande de veau rosée est la plus forte.

Veaux limousin valorisé en veau rosé ABEn valorisant ses animaux en veaux de lait rosés bio plutôt qu'en broutards conventionnels, Aurélien Joye espère dégager une meilleure marge (©Nicolas Mahey)

L’aliment bio coûte environ deux fois plus cher qu’en conventionnel

Pour Anne-Claire Jamet, conseillère en productions animales à la Chambre d’agriculture de la Corrèze, l’autonomie fourragère est quasiment indispensable pour effectuer ce type de conversion. « D’abord, le cahier des charges impose qu’au moins 60 % de la matière sèche destinée aux animaux soit produite sur l’exploitation, fait-elle remarquer. De plus, l’aliment bio coûte cher, environ deux fois plus qu’en conventionnel [500 € la tonne, NDLR]. L’objectif étant de vendre des animaux finis, auto-produire est vital pour tirer les coûts vers le bas. » Côté valeurs, l’idéal pour un méteil grain est de se situer entre 16 et 18 % de protéines. En ce qui concerne la fauche des prairies multi-espèces, il faut viser les 4 t de MS/ha, pour une teneur en matière azotée totale de 16 %. Des chiffres qui dépendent évidemment de la pousse, précise la technicienne. « Il faut également veiller à ne pas sous-estimer l’apport de fibres dans la ration », ajoute-t-elle.


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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


Agridemain
Il y a 5 jours
Je ne suis pas partisan des chambres mais celle du Limousin a des techniciens cohérents et assez conscient du contexte agricole d'aujourd'hui, 1er avantage et le second, il a une petite structure issue de famille, il a plus de chances de s'en sortir ou de pouvoir changer de production sans trop d'investissement.
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PATRICE BRACHET
Il y a 5 jours
Il n y a pas de micro climat c est très dur pour tout le monde mais le haut de gamme a sa place cela s appelle une niche maintenant vous avez raison il faudrait pas qu’il y ait 200 jeunes comme lui et même je vais aller plus loin je ne dirais pas que cela marche a sa place car beaucoup de collègues vont chercher à imiter
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noel
Il y a 3 jours
juste pour infos la conseillère présente, ma fille est d ille et vilaine ou ses parents sont producteurs de lait plumés par notre voisin le bon mayennais manu besnier blague à part nous somment tous dans le même bateau , commencé par se déterminer et se prendre un salaire et de suite voir se qu il faut ou se qu il ne faut pas faire pour le concrétiser . on a un jeune voisin qui tourne très bien en partenaise bio avec des ventes sur paris comme quoi si cela marche en bretagne ça doit marcher en corrèze bon courage pour la suite bises à Anneclaire
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Lebonmayennais
Il y a 6 jours
patrice brachet je ne partage pas votre point de vue ce jeune va se faire lapider voila!!!moi je pense que les conseilleurs de la chambre devraient se porter caution de leur argent personnel!!!vous savez comme moi que ses carottes sont cuites et quil va devoir payer toute sa vie!! vous savez tout comme moi quil n est pas le seul a faire de la qualitè en france et pour vendre a quel prix??peut etre monsieur que vous avez un microclimat chez vous ?? mais chez nous la bonne viande ne se vend presque plu!!!et certains du groupe du steack hachè achetent la tres tres bonne viande au prix de la mauvaise!!!je pense que la justice en france devrait condamner tres severement les gens qui induisent les autres en erreurs!!!
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PATRICE BRACHET
Il y a 6 jours
Dur . Dur lebonmayennais il faut souhaiter bonne chance à ce jeune et ça doit le faire La viande de qualité trouvera toujours preneur c est l avis d un vieux !
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lebonmayennais
Il y a 6 jours
eh gamin restes tranquille dans quelques moi la viande arrive du canada du mercosur!!! dèja la on avait pas grand chose a gagner mais toi si tu ecoutes la chambre tu dois aimer le sadomaso ???et demain tu es cuit merci qui?? merci francois!!!!
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Claude
Il y a 6 jours
Félicitations, et sage décision !
La France un pays de qualité, et par ce biais découvrons l'herbe !
Humour, finalement elle n'est pas dangereuse pour l'homme ?
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mono
Il y a 3 jours
tiens donc MDR c'est la fameuse castration qui te dérange , comme l'écornage bien sur ! En bio depuis 20 ans nous allons en sortir .Le kg de viande est soit disant mieux payé , peut-être mais comme la finition est moindre , il n'y a aucune comparaison possible en fait .En ces années bizarre , du trop sec , grillé au trop humide à ne pas pouvoir sortir les bêtes , l'autonomie alimentaire est difficile à tenir en bio .
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MDR
Il y a 6 jours
Le veau rosé bio a de l'avenir! Parce qu'il est elevé en toute liberté, au paturage, avec le lait de sa mere ,il pourrait répondre aux attentes des consommateurs, de plus, la consommation de viande diminuant,ses petites carcasses n'emcombrent pas le marché, ensuite la valorisation en boeuf bio va devenir compliqué a cause de la castration et c'est une production difficile a mettre en place quand on démarre (trésorerie),d'autre part bon nombre de broutards bio finissent en conventionnel(taurillon), ou pire partent pour l'export...;p)
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