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Conduite d'élevage

Fertilisation P et K des prairies - Analyser l’herbe plutôt que le sol

( Publié le 06/12/2011 à 10h09 )
A mi-chemin entre le sol et l’animal, l’herbe contient des teneurs variables en phosphore et potassium. L’analyse d’herbe reflète les pratiques antérieures de gestion de la prairie. Les résultats, exprimés en indices de nutrition indexés sur l’azote, permettent à l’éleveur d’optimiser sa fertilisation pour maximiser le rendement sans gaspiller d’engrais organiques ou minéraux.

fertilisation pâture elevage prairie
Sans apport sur la prairie, les indices de nutrition IP et IK
diminuent assez rapidement. C’est pourquoi il faut éviter les
impasses en potassium plus de deux années consécutives.
(© Terre-net Média)

« La fertilisation des prairies diffère de celle des systèmes de grandes cultures car les horizons ne sont pas mélangés par le travail du sol. La prairie n’exploite pas les éléments sur les mêmes profondeurs qu’une céréale d’hiver », explique Pascale Pelletier, ingénieur fourrages chez Arvalis – Institut du végétal.

Le phosphore (P2O5) a tendance à s’accumuler dans les premiers centimètres du sol. Aussi, « pour bien fertiliser ses prairies, l’éleveur doit analyser l’herbe plutôt que la terre. En effet, il y a une grande variabilité des teneurs en phosphore en fonction de la profondeur de prélèvement. Mais concernant le potassium (K2O), nous n’observons pas de réelle corrélation entre la teneur du sol en potasse et les rendements des prairies. »

Analyser pour optimiser la fumure

D’après Matthias Carrière, du laboratoire d’analyse et de conseil en fertilisation Agro-systèmes, « les éleveurs ont beaucoup à gagner avec l’analyse d’herbe. Cela permet de savoir s’il est possible de faire des impasses sur fertilisation en P ou en K et de ne pas gaspiller les engrais de ferme. Je conseille de faire une analyse d’herbe tous les deux ou trois ans minimum pour gérer au mieux son plan de fumure. »

L’analyse d’herbe s’utilise également pour connaitre l’équilibre minéral du fourrage (pâturé ou fauché) et ajuster la complémentation minérale dans les rations. A l’inverse, l’excès de potassium dans l’herbe peut provoquer des tétanies d’herbages. « Le coût d’une analyse d’herbe varie de 35 € à 60 € pour un bilan complet avec les oligo-éléments. Pour faciliter l’interprétation, il est judicieux d’informer le laboratoire des pratiques réalisées sur la parcelle lors des trois dernières années. L’échantillon devra être envoyé congelé ou bien séché à l’air libre », conseille Matthias Carrière.

Echantillonnage, mode opératoire à respecter

« L’échantillonnage doit être le plus homogène possible. La méthode consiste à prélever 20 à 30 poignées, tous les cinq à dix pas en parcourant la parcelle selon la forme d’un W », précise Pascale Pelletier. L’analyse foliaire doit être réalisée au stade début montaison, c’est à dire courant mai pour un premier cycle. « Les graminées mesurent alors 25 cm environ, feuilles tendues. Il faut couper à 5 cm du sol et obtenir un mélange d’environ 500 g. S’il y a plus de 25 % de légumineuses dans la prairie, mieux vaut analyser uniquement la fraction graminée. »

L’élément K rapidement limitant

L’objectif est de diagnostiquer l’état de nutrition de la prairie et de calculer la teneur en P ou K limitant. « Nous utilisons un indice de nutrition indexé sur la teneur en azote contenue dans l’herbe », renseigne l’ingénieur d’Arvalis. Ces indices « IP » et « IK », calculés sur une base 100, déterminent le niveau de déficit (indice inférieur à 80) ou d'excédent (indice supérieur à 120) de la prairie en éléments nutritifs. « Globalement les prairies sont mieux nourries en phosphore qu’en potasse ; bien que les fumiers de bovins soient plus riches en potasse (12 à 18 kg/t) qu’en phosphore (2 à 5 kg/t) », fait remarquer Pascale Pelletier. Aussi, « sans apports sur la prairie, les indices de nutrition IP et IK diminuent assez rapidement. C’est pourquoi il faut éviter les impasses en potassium plus de deux années consécutives. »

 

Source : Terre-net Média
Auteur : Robin Vergonjeanne
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