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[Témoignage] Arbres fourragersA. Messéan (02) : « Un complément de fourrage pour combler le déficit en herbe »

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Certains éleveurs remettent au goût du jour l'utilisation des arbres comme fourrages pour nourrir leur troupeau. C'est le choix d'Adrien Messéan, polyculteur-éleveur dans l'Aisne. Pour combler le déficit en herbe et éviter d'épuiser ses prairies, son troupeau de Limousines se régale de feuilles d'arbres d'août à octobre. Une technique qui permet aussi de diversifier les apports alimentaires et d'apporter des éléments nutritifs différents.

Les vaches d'Adrien Messéan mangent les feuilles des arbresAdrien Messéan pose des branches au sol après élagage pour que ces vaches limousines mangent les feuilles. (©Adrien Messéan)

Depuis son installation en 2013 sur une exploitation bio en polyculture élevage allaitant dans l’Aisne, Adrien Messéan donne à ses Limousines des feuilles d’arbres. « C’est un complément de fourrages depuis août jusqu’à octobre, ça comble le déficit en herbe et évite de taper dans les stocks hivernaux, apprécie l’éleveur. Cela me permet de conserver un aliment vert tout en évitant d’épuiser la prairie ». Cette pratique est ancestrale et les vaches mangent naturellement les feuilles qu’elles ont à leur portée.

Marqués par les sécheresses consécutives, des éleveurs s’intéressent de nouveau à cette pratique. En effet, avec leurs racines profondes, les arbres ont accès à plus de ressources hydriques que l’herbe. « Les arbres sont des alliés face aux pénuries de fourrages. En cas de sécheresse mais pas seulement, ils fournissent des ressources alimentaires qu’il est intéressant de valoriser », encourage Adrien Messéan.

Branches et feuillages peuvent être distribués de différentes façons : en affouragement apporté à la stabulation, coupés et laissés au sol dans les prairies, en laissant l’accès des arbres et haies aux animaux. « J’ai testé différentes techniques, témoigne l’éleveur. La plus intéressante, en termes de compromis entre le temps de travail, la quantité valorisée et la préservation des arbres, est de poser les branches au sol après élagage, directement dans la pâture ».

De multiples intérêts

En France, il y a une centaine d’essences d’arbres et arbustes qui poussent spontanément. « Une cinquantaine sont mangeables par les bovins, les ovins et les caprins et 25 sont vraiment intéressants, comme les frênes, les alisiers, les châtaigniers, les noisetiers, partage l’éleveur botaniste. Pour équilibrer la ration, c’est un peu comme une prairie naturelle, on ne peut pas connaître exactement la valeur alimentaire. On sait déjà que le frêne, le saule, l’érable peuvent remplacer du foin ».

Autre intérêt, les feuillages permettent de diversifier les apports alimentaires. Comme les arbres et arbustes sont de familles différentes des plantes herbacées et qu’ils explorent d’autres profondeurs du sol, ils apportent des éléments nutritifs différents qui peuvent avoir un intérêt santé, comme les tannins très présents dans les saules blancs. « Distribuer des feuillages a probablement un intérêt en phytothérapie, témoigne Adrien Messéan, qui reconnaît ne pas avoir de problème de parasitisme interne dans son troupeau.

Cette valorisation fourragère des arbres s’inscrit dans la mise en avant de l’agroforesterie, associant arbres et cultures ou élevages sur les mêmes parcelles, pour accompagner l’agriculture face aux changements climatiques. « Ça renforce la place des arbres dans les élevages, apprécie Adrien Messéan. Non seulement ils ont un intérêt pour la biodiversité et le bien-être des animaux par leur ombrage en prairie, mais ils représentent également une ressource fourragère complémentaire. Donc si on veut implanter ou regarnir des haies, autant choisir les espèces en pensant à cette possibilité de valorisation fourragère ».

Retrouvez le témoignage vidéo d'Adrien Messéan :

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Une pratique à faire connaître

Pour sortir cette pratique de la confidentialité, il reste de nombreux points à travailler, comme la mécanisation de la distribution. « Avec les lamiers ou les outils d’élagage thermiques, on peut récolter des branches inférieures à 5 cm de diamètre. C’est plus sur la distribution qu’il nous faudrait des avancées, comme des pinces à mettre sur un chargeur pour faciliter le transport », reconnaît l’éleveur.

Sur sa ferme expérimentale de Lusignan (Vienne), dans le cadre du projet OasYs, Inrae conduit des travaux autour de l’agroforesterie en comparant différentes implantations : des lignes d’arbres au sein des pâtures exploitées, des haies, une parcelle forestière. « Les premiers arbres ont été plantés en 2014. À l’été 2021, les bovins commenceront à les pâturer », explique Sandra Novak, l’ingénieure de recherche en charge de ce projet. Les équipes d’Inrae espèrent pouvoir fournir aux éleveurs des indications sur les conditions optimales d’exploitation des arbres et arbustes au pâturage, en testant différents modes de taille et d’intensité de pâturage.

À un niveau plus fondamental, les chercheurs ont analysé les valeurs nutritives d’une cinquantaine d’espèces d’arbres et arbustes. « On a étudié les mêmes caractéristiques que pour les fourrages herbacés, souligne Sandra Novak. Nous devons encore étudier, par exemple, leur digestibilité et leur ingestibilité, pour arriver à les intégrer dans des rations mais aussi leurs effets sur la santé ». Plusieurs espèces ont un profil intéressant en énergie et azote, comme le mûrier blanc et le frêne commun, d’autres avec de bonnes valeurs comme le châtaignier, l’orme, le tilleul et l’aulne.

Pour accompagner les éleveurs dans la redécouverte de ces pratiques, Adrien Méssean anime des formations avec la structure Gaïa-consulting et l’association française d’agroforesterie. « Il y a de nombreuses inscriptions pour les sept premières dates », se réjouit-il à la perspective de voir ses collègues se lancer dans la valorisation fourragère des arbres.

Pour en savoir plus sur l'agroforesterie, consultez le site de l'Association française d'agroforesterie.
Découvrir aussi la vidéo d'un éleveur qui a replanté des arbres dans ses prairies : Guillauma Jahan : « Planter des arbres, un aspect économique mais pas que... »

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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


Patrice brachet
Il y a 19 jours
Pour ceux qui me trouvent un peu trop... je vais leur ouvrir les yeux : Actuellement nos syndicats sont tombés en hibernation et je rejoins mon collègue Titian , il va falloir être très réactif car nôtre métier est menacé et cela a l air de plaire a beaucoup de monde ! Le réveil sera hyper douloureux ! Donc actuellement les romans à l eau de rose c est pas pour la grande revue web agri. Il vous faut marteler pour faire comprendre le problème. Regardez les commentaires de plus en plus de pseudos nous dezinguent et ils n on pas le courage de mettre un vrai nom. Alors je n ai rien contre les bio bien entendu mais les vrais comme des milliers en France et dont fait sûrement partie Adrien. Ce qui m énerve c est les allocataires du rsa qui se disent paysans bio et qui le resteront le temps d avoir épuisé toutes les aides possible et en ayant fait croire à la société que ce n est pas comme ça que l agriculture doit fonctionner : Après on les retrouve soit députés soit dans une autre métier ou ils auront oublié tous leur discours Le drame c est que le consommateur boit leurs paroles comme du petit lait et comme souvent ces gens là sont très instruits ils savent faire passer les messages. Venez en Perigord et je vous présenter quelques cas ( pas nombreux mais tellement dangereux pour la survie du métier)
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titian
Il y a 19 jours
Il va falloir ouvrir les yeux la viande et le lait son terriblement menacé.
Les moyens mis en œuvre pour éradiquer les élevages sont colossaux.
Ce n'est malheureusement pas quelques certification qui vont nous sauver.
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Rozé Noel
Il y a 16 jours
Bonjour
je suis nouveau sur le site mais tout à fait d'accord avec vos analyses
je suis producteur de lait bio ; je ne rentre pas dans le moule du bio conf et bobos
je suis certains d'une règle de résultat quelles que soient les agricultures n 'en déplaisent à beaucoup de nouveaux écolos du dimanche : c 'est la conjugaison du volume par le prix et au revoir à la Pac !
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Patrice brachet
Il y a 19 jours
Lau Adrien est épanoui c est sur mais on gère comment les résidus ? En 1976 on avait tout tenté pour nourrir le troupeau puisque l ensilage n a été fait qu en 1977 et bien sur les bordures de haie avaient été coupées ! Déjà il en fallait énormément pour nourrir une vingtaine de vaches et après quel foutoir!! On cherche toujours le truc miraculeux et on revient toujours aux fondamentaux. Après on se fou de nôtre gueule au niveau des prix mais personne ne bouge c est que tout va bien ! La pac va tomber donc on va commencer à boucher les trous et calmer tous le monde. C est un scandale ! La pac n aurait jamais dû exister et on devrait vendre au juste prix. Par contre il aurait moins de high-tech chez nos concitoyens car il faudrait un budget multiplié par deux voir plus pour la nourriture. Si j ai rajouté ce paragraphe c est qu une majorité de nos concitoyens ne rendent pas compte de ce qu une majorité d entre nous vie ( dettes agios détresse et j en passe) donc oui Adrien est épanouie mais c est qui ou quoi qui fait bouillir la marmite cela serait intéressant de savoir et peut-être cela recalerait les choses pour les uns et les autres. Bon week-end
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Jonathan
Il y a 19 jours
Il faut arrêter les c..., s'il faut en arriver là pour arriver à nourrir son troupeau et gagner sa vie !!!!
À la rigueur pourquoi pas mais arrêtons un peu ce qu'il faut c'est se battre pour avoir des prix bien plus élevé qu'aujourd'hui !!!
Tout le monde gueule chez soi mais il ne se passe rien...
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Massol
Il y a 19 jours
Tu as raison lau,quand je vois nos systèmes viandes avec des bâtiments hors de prix de la ferraille des ensilages ...tout ça pour vendre des veaux ,des bons veaux à 2€10 ,2€50,j’ai beau chercher je ne trouve pas de rentabilité .les systèmes viande doivent se réinventer sinon ils vont disparaître .
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Lau
Il y a 20 jours
Bonjour
Je trouve ce reportage intéressant . Adrien à l air épanoui dans ses branches et même si ça ne fait pas des tonnes de M S, les génisses sont belles et tant pis si ça laisse sceptique certains d entre nous!
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Mdr
Il y a 20 jours
Avant de faire 1t de ms, il va pouvoir élaguer longtemps...
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Rêveur
Il y a 20 jours
J avait déjà entendu parler de ce Monsieur et ayant un haïe de jeunes frênes longeant l accès à la pâture je m était dis : les vaches vont se régaler cet été. Pensez-vous elles n ont pas mangé 10 brindilles. Ensuite j en encore pensé à ce Monsieur car il faisait tellement chaud que les frênes ont vu leurs feuilles se dessécher. Moralité c est quoi qui rapporte le plus nourrir ses croisés avec des branches ou vendre des stages de rêve
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