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Alimentation des bovins allaitantsAdapter la conduite du pâturage à la sécheresse

| par Arvalis-Institut du végétal | Terre-net Média

Les prairies souffrent du manque de pluie et des fortes chaleurs de ces dernières semaines. La saison de pâturage se termine prématurément. Dans ces conditions, voici quelques préconisations pour limiter les dégâts sur les bovins : gestion des lots, complémentation des veaux, sevrage précoce, arrêt du pâturage.

Prairie sécheresse vaches à viandeLe surpâturage estival peut-être très préjudiciable aux prairies. Mieux vaut bloquer les animaux sur une parcelle parking en attendant la repousse. (©Terre-net Média)

Les prairies souffrent du manque de pluie et des fortes chaleurs de ces dernières semaines. L’herbe grille, jaunit et les parcelles sont très souvent surpâturées. Même si des pluies significatives venaient à faire leur apparition (plus de 30 mm), la repousse de l’herbe serait longue (3 à 4 semaines) et ce d’autant plus que nous arrivons en pleine période estivale.

Ces conditions météorologiques de l'été 2015 sonnent donc le glas de la période de pâturage au moins pour le moment en espérant qu’elle redémarre rapidement avec une pousse d’automne soutenue comme en 2014. Malgré cette situation délicate à gérer, quelques préconisations sont recommandées pour limiter les dégâts sur les bovins : gestion des lots, complémentation des veaux, sevrage précoce, arrêt du pâturage…

Faucher les parcelles de second cycle sans attendre

Même si les rendements sont faibles à l’hectare, il vaut mieux faucher que de laisser l’herbe sécher sur pied et perdre en qualité et en quantité.

Bloquer les lots d’animaux sur une parcelle « parking »

Il vaut mieux avoir un surpâturage sur une petite parcelle que sur l’ensemble du dispositif. Pour ceux qui pratiquent le pâturage continu, bloquer les animaux dans un coin de la parcelle à l’aide d’un fil électrique. Cela permettra un redémarrage plus rapide de la pousse de l’herbe dès les premières pluies sur les parcelles non pâturées.

Complémenter les veaux

Complémenter les jeunes veaux pour compenser le manque d’herbe et la baisse de la production de lait des mères.

Si possible, réorganiser les lots selon le sexe des veaux pour ne complémenter que les veaux mâles s’ils sont destinés à la vente en broutards. Distribuer de façon rationnée 2 à 3 kg d’un mélange céréales - tourteaux par veau et par jour. Attention de bien avoir une place à l’auge pour tous les veaux !

Si la sécheresse se poursuit, généraliser la complémentation aux veaux femelles sans toutefois dépasser 2 kg/veau/jour.

Sevrer et tarir précocement

Dans les systèmes naisseur-engraisseur, le sevrage précoce peut s’envisager à condition que les animaux pèsent au-delà de 270 kg de poids vif à un âge minimum de six mois. Les résultats à l’engraissement ne seront pas affectés par rapport à un sevrage normal. Les vaches taries peuvent alors être bloquées sur une parcelle et nourries avec une ration type paille + mélasse (éventuellement + urée). Cette ration convient également aux génisses de 2 ans gestantes avec cependant 1 à 2 kg de concentrés en fonction de leur état corporel.

Pour les veaux les plus jeunes, ils resteront avec leur mère. Un râtelier de foin sera mis à leur disposition dans une parcelle « parking ». Ce traitement de faveur sera également pratiqué sur le lot de génisses de 18 mois. Attention aux gaspillages de fourrage autour des râteliers !

Anticiper les ventes

Pour les animaux en fin de finition (vaches de réforme, génisses) ou pour des vaches ou génisses prévues à réformer (échographier les animaux mis à la reproduction si besoin), envisager une vente anticipée en fonction de la demande du marché, afin de diminuer les besoins en stocks ou en surface pâturée.

Gérer les repousses après le retour des pluies

Le retour de pluies si elles sont suffisamment conséquentes sur des sols chauds va favoriser le redémarrage de la pousse de l’herbe et permettre une reprise du pâturage en automne. Par contre, il sera nécessaire de laisser aux prairies le temps de reverdir et d’accumuler suffisamment de hauteur d’herbe (8 cm mini) avant de les faire pâturer permettant ainsi de prolonger le pâturage tard en arrière-saison. Aucun apport d’azote minéral n’est à prévoir car il ne serait que peu ou pas valorisé : le retour des pluies favorisera la minéralisation de la matière organique du sol.

N.B : Auteur : Pascal Kardacz (Arvalis - Institut du végétal)

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