Autonomie alimentaireXavier Bruneau, éleveur, réconcilie alimentation du troupeau et vie du sol

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Xavier Bruneau, éleveur dans les Deux-Sèvres, va « vers plus d'autonomie » pour l'alimentation de ses vaches, tout en respectant mieux la vie de ses sols. L'arrêt du labour, le semis simplifié, l'implantation de méteil avant maïs et la récolte de maïs épis ont permis à l'exploitation d'obtenir un score de 60 % d'autonomie protéique. Avec ces modifications, l'élevage a réduit son bilan carbone.

Xavier Bruneau, éleveur qui acquiert de l'autonomie alimentaire tout en réduisant l'impact environnementale de son élevageEleveur dans les Deux-Sèvres, Xavier Bruneau veut gagner en autonomie alimentaire pour son troupeau laitier et mieux préserver ses sols. (©Cécile Julien)

Xavier Bruneau travaille avec trois collègues. Leur Gaec élève des vaches laitières et des lapins sur 130 ha en zone séchante des Deux-Sèvres. Les premiers changements que les quatre associés ont apportés à leur système de production ont concerné les cultures avec l’arrêt du labour en 2006 et le passage au semis simplifié en 2011. Les associés implantent des méteils avant maïs depuis 2000. « Pour améliorer notre autonomie protéique dans l’alimentation du troupeau », explique Xavier Bruneau. La double culture est possible grâce à la présence de lisier de lapins, très riche.

La contrepartie de ce système avec beaucoup d’exportations par les cultures est que le sol s’appauvrit en humus. « Nous devons prévoir de restituer les pailles et de passer du maïs ensilage à une récolte des épis », reconnait l’éleveur. Avec un coût alimentaire entre 100 et 120 euros aux 1.000 litres et 60 % d’autonomie en protéines, les quatre associés creusent de nouvelles pistes d’amélioration. « Nous allons remplacer le tourteau de soja par du colza », envisage Xavier Bruneau, qui veut aussi développer le semis direct et les couverts végétaux.

Pour connaître l’impact de ces changements de pratiques, Xavier Bruneau a calculé le bilan carbone de son exploitation. Avec la méthode officielle (GES - stockage par les haies et les prairies permanentes), ses émissions sont de + 1,8 tonne de C/ha et le stockage de 0,3 tonne. En prenant en compte la production alimentaire et le bilan humique, le bilan carbone donne une production de + 3,7 tonnes carbone/ha, une utilisation GES toujours de 1,8 tonne, une séquestration de carbone par le sol de 0,7 tonne. Soit un solde net pour la société + 1,2 tonne/ha. « Malgré les achats d’aliments pour l’élevage hors sol, on est positif à + 1,2 tonne de carbone/ha », apprécie Xavier Bruneau.


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