Lait biologiqueViser l'autonomie fourragère

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Encore plus quand on est en phase de conversion, l'autonomie fourragère est cruciale pour les élevages bovins en agriculture biologique.

Afin d'atteindre les 60 % d'autonomie alimentaire en agriculture biologique, il faut trouver un équilibre entre le potentiel de ses sols, le chargement animal et ses attentes en terme de production.Afin d'atteindre les 60 % d'autonomie alimentaire en agriculture biologique, il faut trouver un équilibre entre le potentiel de ses sols, le chargement animal et ses attentes en termes de production. (©Terre-net média)

Le cahier des charges de l’agriculture biologique fixe à 60 % le minimum d’autonomie alimentaire. Plus qu’une contrainte, l’autonomie alimentaire est primordiale pour l’équilibre économique. C’est ce qu’ont expliqué les associations Inter Bio Bretagne et Pays de la Loire, lors d’une conférence au Space. Pour atteindre cette autonomie alimentaire, il faut trouver un équilibre entre le potentiel de ses sols, le chargement animal et ses attentes en termes de production. « En moyenne, il faut partir sur la possibilité de produire 5 000 litres de lait par hectare de SFP », chiffre Stéphane Boulent, de la Chambre d’agriculture de Bretagne. C’est une moyenne, car chaque exploitation est plus ou moins sensible aux aléas climatiques, donc aux variations de production fourragère, selon la nature de ses sols, la présence de zones inondables… « Il faut raisonner son système pour avoir suffisamment de capacités d’adaptation en cas de turbulences », recommande Eric Madeline, de l'Idele.

Plusieurs pistes sont à explorer pour augmenter ses ressources fourragères : optimiser le pâturage ; implanter une flore variée pour obtenir un fourrage le plus équilibré possible et pour que, selon les années, les plantes adaptées à la sécheresse ou au contraire à une forte pluviométrie, prennent le dessus, donner toute leur place aux légumineuses ; opter pour des cultures à double fin, fourrages ou vente, comme des céréales qui pourront être ensilées immatures ou vendues ; valoriser les intercultures. La diversité de l’assolement favorise globalement l’autonomie. Il faut aussi être prêt à adapter son troupeau à ses ressources, à ce que sa surface peut produire. Par exemple, en renouvelant moins, en adaptant la période des vêlages. Quand le manque de fourrages exige de réduire les besoins, il faut être prêt à anticiper des réformes ou à passer en monotraite.

Stocker pour sécuriser

Des témoignages d’agriculteurs, il ressort la nécessité d’avoir suffisamment de stocks fourragers, quitte à vendre les bonnes années. Certains choisissent de s’équiper pour améliorer leur autonomie fourragère. « Il y a quatre ans, j’ai construit un séchoir en grange, explique Brice Le Crunff, éleveur dans le Morbihan. Il me permet d’avoir en stock une demi-année de la consommation fourragère de mon troupeau. Je préfère stocker que de devoir acheter, car le fourrage bio est très cher. D’autant plus quand c’est une année difficile ».

Stratégie similaire pour Dominique Thomas, éleveur laitier dans une zone du Finistère bien arrosée avec un potentiel de sols à 12-15 tonnes de matière sèche. « J’ai un séchoir en grange depuis 2005. J’étais alors en conventionnel. Le foin séché me permet d’avoir une production régulière tout au long de l’hiver ». Ce système lui semble tellement efficace qu’il va installer un séchoir plus grand à la prochaine installation de son fils. « Ainsi, on restera autonomes avec nos 100 ha d’herbe pour 100 vaches ».

Des données techniques confortées par l’analyse économique du CER Bretagne, qui montre que le coût alimentaire est le premier facteur expliquant les écarts de revenu. Pour le quart des élevages les plus efficaces au regard de critères économiques, le coût alimentaire est de 45 € les 1 000 litres, avec 420 kilos de concentrés distribués par vache et par an. Pour le quart des élevages le moins efficace, le coût alimentaire grimpe à 94 €/1 000 litres et la distribution de concentrés à 730 kg. Le résultat courant s’en ressent directement : 209 €/1 000 litres pour les éleveurs au plus faible coût alimentaire contre seulement 70 € pour les moins efficaces. « Le seul poste d’alimentation explique un tiers de l’écart de revenu », souligne le CER Bretagne. Il faut d’autant plus maîtriser ce coût alimentaire par une meilleure autonomie fourragère en période de conversion quand les achats d’aliments et de fourrage se font au prix du bio mais que le lait est encore vendu en conventionnel.

« Même en période climatique difficile, les éleveurs les plus autonomes gardent leur revenu, souligne Eric Madeline. Les systèmes avec beaucoup de prairies permanentes produisent moins mais font moins défaut dans les années difficiles ». Les systèmes les plus autonomes sont aussi les plus résilients en cas de déficit fourrager. « Il faut être capable d’absorber tous les trois, quatre ans une année plus difficile », recommande Eric Madeline.


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 54 RÉACTIONS


Babast
Il y a 6 jours
Ce qui compte c qu on arrive à se comprendre! Merci pour l'appui que tu m'as apporté tout au long de ces 4 jours.a plus
Répondre
PATRICE BRACHET
Il y a 6 jours
Babast pour la fnsea j ai un départemental qui est juste et qui donnerait sa chemise donc au niveau local l on ne peut q u apprécier pour le national souvent on est sur une autr planète Bon je vous dit à bientôt car le sujet d aujourd’hui est pas mal
Répondre
tell14
Il y a 6 jours
pas de problemes entre nous je suis d accord sur l ivermectine et je pense qu il n est pas facile de le faire qu a base de plante j ai pourtant un collegue qui y arrive avec les produits de chez olitys.moi je pense essayer l an prochain cette annee c etait panacure.
babast50 on a le meme point de vu sur la fnsea .
sur un plan melange le tv/rgh marche tres bien pour l affourragement 2 ans ensuite
la 3 eme annee le rdt baisse .
les melanges suisses sont a la mode et te coute 1 bras mais effectivement eliard de pontivy
a un bon catalogue.vous pouvez aller sur leur site il y a tous les melanges en detail.
Répondre
babast50
Il y a 7 jours
Dans les réactions Cécile Julien aura fait le plein.
A tell14
On peut faire du lait sans mais et sans soja;c,est dailleurs le plus respectueux de l'envirronnement .L'urée j'en utilise pas.
je vais pas dénoncer mes voisins puisque je leur est dit que leur bio c'est pas du bio mais c'est autorisé dans le cahier des charges.Imagine je vais en promeneur chez eux à l'occasion d'une porte ouverte et pose pour question :utilisez vous des molécules (genre ivermectine)pour vermifuger vos bovins?TU connais la réponse.
Si t'as 200 personnes t'imagine le scandale!
Si tu fais du choux fourrager à faire paturer t'est quand meme plus crédible c'est juste du bon sens.
IL y a une demande sociétale en produit bio faites attention c'est sacré;donc soyez à la hauteur comme dans les années 90 sinon vous ne serez plus paysans en2030.Pour la délation ça s'adresse plus aux transformateurs mais là du coup je ne peux pas t'en dire davantage(sujet trop dangereux).
Pour en venir aux laiteries qui bricollent avec les chinois elles sont comme toi elles essaient quelques choses.Après si je me suis attaqué à la fnsea et que ça t'as pas convenu va falloir faire avec.Voilà
Répondre
PATRICE BRACHET
Il y a 7 jours
Tell la délation n apporte rien de bon et j espère qu’il y a une justice après 4 jours à se chamailler tous ensemble je m’aperçois que le bio interpelle je ne suis pas d accord quand certains se vantent et l on ne sait jamais qui lit car demain sur commission on peut vous trouver à part cela magnifique débat et en supplément avec des agris car le week-end il n y’a que nous et c est pas mal Le vieux vous dit : soyez les gardes fous de votre système pour que demain il soit d actualité !
Répondre
Babas
Il y a 6 jours
Oui c vrai le lotier et le sainfoin possèdent naturellement leur tanin ce qui évite les pertes de protéines
Répondre
the germs
Il y a 6 jours
Pour avoir essayé, je confirme que le lotier ne tient pas très longtemps... le mélange comprenait aussi de la fléole, qui a bien tenu, mais je doute de la valeur alimentaire, car ça fleuris très vite... mais il parrait que ça rapporte du tanin?...
Répondre
PATRICE BRACHET
Il y a 7 jours
Vous avez assez d eau pour ce mélange ?chez moi du15 mars à fin mai et du15septembre au 1 novembre maxi à part cela super produit
Répondre
babast50
Il y a 7 jours
La luzerne c'est délicat de plus en sol acide impossible.
En association j'ai réussi Tviolet fétuque fléole adapté à la fauche.
En paturage le mélange frénétic de chez Hélliard est exeptionnel il a 7 ans.
Autre mélange adapté à la fauche Tviolet T blanc en rouleaux et rotocut durée de vie 3 ans.
Le mélange qui m'as couté le plus cher:dans le but fauche et paturage
mélange frénétic avec sainfoin et lotier corniculé
résultat le sainfoin est mort au bout de 4 semaines et le lotier à étouffé après10 semaines mais bon c'est comme ça qui n'essaie rien n'as rien.L'herbe c'est une culture qui lorsqu'elle est paturée coute 3 fois moins chère que récoltée.
Répondre
The germs
Il y a 7 jours
L'autonomie, sujet le plus commenté sur Web-agri, mais avec 2/3 des commentaires qui parles d'autres choses... :)
Sinon, certains ont testé des fourrages ou associations intéressantes? Mélange suisse? Mélange maison? Pour avoir testé certains trucs il y a quelques temps (mélange multi-espèces), je reviens à des choses plus simple pour l'affouragement en vert (RGH/TV). La luzerne par exemple, n'est pas vraiment adapté à mon système.
Répondre