NutritionUn diagnostic de l'alimentation pour connaître les causes d'une sous-performance

| par | Terre-net Média

De nombreux problèmes rencontrés en élevage laitier proviennent de l'alimentation du troupeau. Il faut alors savoir remettre en cause son système et modifier quelques paramètres pour atteindre ses objectifs. Pour aider les éleveurs, l'Idele lance Diag'alim : un audit de l'alimentation qui balaye de nombreux critères parfois oubliés et qui ont pourtant leur importance.

Vérifier l'état des vaches, leur comportement, le logement, la ration... : autant de paramètres à vérifier lors du diagnostic d'alimentation.L'état des vaches, leur comportement, le logement, la ration... : autant de paramètres à vérifier lors du diagnostic d'alimentation. (©Terre-net Média)

Une mauvaise alimentation des vaches laitières, outre la chute de production, peut causer bien des soucis. Amaigrissement, baisse de l'immunité, acidose, mammites... : les performances du troupeau peuvent en pâtir.

Remettre en cause son système d'alimentation

L'Institut de l'élevage propose une formation à destination des conseillers d'élevage pour réaliser des audits de l'alimentation en élevage bovin laitier. Diag'alim se décompose en deux étapes : un questionnaire sur les pratiques d'alimentation puis un balayage des solutions potentielles entre l'expert et l'éleveur.

Dans son mode d'emploi, l'Idele décompose les points à diagnostiquer. Points que tout éleveur peut d'ores et déjà vérifier seul, sans accompagnement :

  • Au niveau global, il est important de lister les contraintes et atouts de l'exploitation (assolement, parcellaire, ateliers animaux, main d'œuvre, répartition des tâches, résultats, etc.) Ainsi, il convient de comparer les prévisions laitières et objectifs fixés aux performances réellement enregistrées (lait et taux) et vérifier la quantité de concentrés distribués.
  • Au niveau des vaches, il faut observer :

- Le gabarit, l'état d'engraissement, la morphologie et le comportement (seules et au contact de l'éleveur) ;

- Le niveau de propreté des animaux, qui est à mettre en relation avec le logement (des grilles de notation sont disponibles) ;

- L'aspect des poils (indicateur de propreté mais aussi de santé) ;

- La rumination (nombre de vaches qui ruminent en même temps dans le bâtiment, fréquence de mastication de quelques vaches) ;

- La consistance, la couleur et la composition des bouses ;

- Les déplacements des vaches pour identifier les problèmes locomoteurs ;

- Les pieds (signes d'acidose possible), les yeux (gonflement, sécrétion) et le mufle (écoulements) mais aussi le cou et les genoux (lésion si table d'alimentation non adaptée)

- Les vaches taries (passer en revue le logement, l'alimentation, et la transition mise en place).

  • Concernant le logement des vaches laitières, s'attarder sur :

- L'ambiance du bâtiment (présence de condensation, éventuellement tester la circulation de l'air aux fumigènes) ;

- La luminosité ;

- La surface disponible (6 m2/VL en aire paillée avec aire d'exercice raclée) ;

- La qualité des sols (non glissants) ;

- La litière (état de propreté, température < 40°C à 10 cm de profondeur) ;

- L'accès à l'ensilage et au foin (nombre de places à l'auge ou au râtelier) ;

- L'accès à l'eau (emplacement, nombre de points d'eau, débit, propreté) ;

- Les déplacements des animaux (circuit +/- long, embouteillage) ;

- Le confort et la propreté à l'auge.

  • Pour l'alimentation, se pencher en premier sur la ration calculée puis revenir sur :

- Le mode de distribution des aliments (outil, rythme de distribution, repousse du fourrage, etc.) ;

- La finesse de coupe des fourrages ainsi que leurs valeurs alimentaires ;

- La fibrosité de la ration ;

- La température au front du silo ainsi qu'à l'auge ;

- La conservation et l'odeur des fourrages ;

- L'avancée du front d'attaque ;

- La quantité des refus à l'auge ;

- La gestion des transitions alimentaires ;

- La quantité de concentrés apportés et le mode et rythme de distribution ;

- La granulométrie des céréales et protéagineux ;

- Les apports de minéraux et vitamines ;

- L'eau (quantité et qualité) ;

- Le pâturage (quantité d'herbe à disposition, la gestion du pâturage) ;

Pour aller plus loin, retrouvez tous les critères du Diag'alim avec leurs seuils sur le site de l'Idele

Même si l'éleveur peut s'auto-évaluer, un regard extérieur est bien souvent bénéfique. C'est pourquoi, ce diagnostic peut être mis en place avec un technicien pour identifier les problèmes de l'exploitation, leurs causes et trouver des leviers pour améliorer le système et atteindre ses objectifs.

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DÉJÀ 12 RÉACTIONS


B_Rouille_idele
Il y a 138 jours
Bien volontiers ! Mon email benoit.rouille@idele.fr
Fixons nous un échange téléphonique. J'attends votre sollicitation !
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Patrice Brachet
Il y a 138 jours
Faire mieux c est toujours faisable Monsieur Rouillé mais ce n est pas la démarche par contre serait il possible que les gens comme mes collègues et moi même qui proposons une autre façon d alimenter soyons un peu mieux soutenu par vos services et l échange serait sûrement très intéressant ( web agri a mes coordonnées) cdlt Patrice
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B_Rouille_idele
Il y a 138 jours
Ce type de diagnostic d'alimentation est TOUJOURS réalisé à la demande de l'éleveur. Il accepte donc l'oeil extérieur et la critique, sous réserve que ce soit constructif !
Ensuite, en effet, je ne suis pas spécialiste des champs magnétiques donc ni le DIAGALIM ni moi ne pouvons répondre à votre questionnement.
Enfin, je ne vois pas ce que les 35h viennent faire ici, vous ne connaissez pas mon métier ni mon emploi du temps 😉?
Bref continuons lééchange sur l'alimentation !!!
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steph72
Il y a 138 jours
Ce n'est pas du courant parasite mais du champ magnétique

Quand au manque d'abreuvement il faut controler la quantité d'eau consommée,un eleveur en Bretagne a de l'eau chargée en electricité dans ses abreuvoir venant du reseau d'eau.!

Consommation 20 l au lieu 50 ;
Tout ça pour dire qu'il est plus facile de critiquer les pratiques des eleveurs ( nous ne travaillons pas 35 h...) que de regarder les elements extérieurs plus difficilement détectables.

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B_Rouille_idele
Il y a 138 jours
Je ne peux que partager, la situation est tendue sur plusieurs plans !
Et j'insiste, je ne me positionne pas en critique ou donneur de leçons. J'essaie plutôt d'apporter des outils, références, résultats intéressants aux éleveurs. Mais visiblement je dois encore mieux faire 😉?
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Patrice Brachet
Il y a 138 jours
Monsieur Rouillé je pense que vous allez être d accord avec moi ; la jeune génération n est pas plus bête, flemmarde ,ect que ma génération mais l environnement économique y est pour beaucoup avec en plus du stress et des opposants de tous genres . Ce cocktail ne peut que décourager et rendre un peu moins fignoleur avec des fois des négligences qui peuvent coûter cher
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B_Rouille_idele
Il y a 138 jours
Bonjour,
Les courants parasites peuvent être un vrai problème en élevage. Une lecture utile : https://bit.ly/2PSyPqj
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steph72
Il y a 138 jours
J'ai eu les meme problemes,par rapport à l'apport de ration j'etais toujours en dessous,les persistance etaient mauvaises.

Le controle laitier n'a jamais essayé de trouver ou ça venait à part dire c'est un probleme de ration...
Une faille sur toute l'aire paillee,la salle de traite et les silos aliments a été trouvée par le geobiologue.
La production a remonté depuis.
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B_Rouille_idele
Il y a 138 jours
Bonjour Monsieur Brachet,
Nous n'avons en effet rien inventé, les fondamentaux restent les mêmes ! Le DIAGALIM est juste un outil pour ne rien oublier lors d'un tour "alimentation". Et nous constatons encore des erreurs techniques régulièrement sur le terrain : manque d'abreuvement, auge vide pendant plus de 4h la nuit, mauvaise gestion du DAC, ration non homogène, aliments mal conservés, etc. Cet outil à pour but d'établir un plan d'action pour corriger ce qui peut l'être en se basant sur les références techniques existantes.
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Patrice Brachet
Il y a 138 jours
Steph je suis d accord avec toi : il y’a une quinzaine d’années d un seul coup les vaches n ont plus voulu se coucher sous 1/5 du bâtiment et délaissaient 15 places à l auge et on n y comprenais rien ! Une connaissance qui commençait à s intéresser à ce genre de phénomène m à dit je viens voir . Rendez-vous est pris et avec ses baguettes il part du couchage , passe par le cornadis et arrive au silo à farine à 70 m ! Il nous demande de débrancher et déplacer le silo ; chose faite les animaux ont mis un bon mois pour reprendre leurs habitudes. Nous sommes sur des failles remplies d argile que les géologues appellent : argile foie de canard car de la couleur de celui-ci et chargée en eau. Bonjour Monsieur Rouillé je remarque que l on reprend les mêmes conseils que l on faisaient quand j avait 20 ans( 61 maintenant) que ce passe t il? Pendant 40ans on a rame’ a l envers ? Cdlt Patrice
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