Dossier Retour au dossier Pâturage

PâturageQuelle complémentation minérale pour des animaux à l'herbe ?

| par Pâturesens | Terre-net Média

L'herbe pâturée au bon stade apporte quasiment tous les éléments nécessaires à la production ou à la croissance des herbivores. Mais selon les régions, la météo, ou encore les pratiques de pâturage, des carences plus ou moins importantes peuvent se manifester au sein du troupeau. Il faudra alors complémenter en minéraux et en oligo-éléments mais de façon raisonnée, efficace et surtout pratique.

La complémentation en minéraux, vitamines et oligo-éléments n'est pas obligatoire au pâturage si l'herbe est consommée au bon stade. En revanche, mieux vaut faire une analyse pour ne pas passer à côté et créer des carences.La complémentation en minéraux, vitamines et oligo-éléments n'est pas obligatoire au pâturage si l'herbe est consommée au bon stade. Mieux vaut faire toutefois une analyse pour éviter les carences. (©Terre-net Média)

Sébastien Knockaert, vétérinaire conseil chez Paturesens, répond aux questions les plus fréquentes sur la complémentation minérale au pâturage.

Comment repérer les carences ?

Tout d’abord, l’analyse d’herbe en début de saison paraît incontournable. Celle-ci permettra de connaître la valeur alimentaire des prairies, mais surtout les manques s’il y en a : sodium (indispensable à tous les animaux pour la régulation du calcium, du magnésium, du potassium et de l’azote), sélénium (à ne pas négliger pour la reproduction, l’immunité, la santé des jeunes), iode (également pour l’immunité, la vigueur des nouveaux-nés et la qualité du colostrum), phosphore et soufre (pour la rumination), cuivre et zinc (pour la qualité de la corne, de la peau et la reproduction), et bien d’autres éléments encore qui, absents ou en quantité insuffisante, peuvent entraîner des problèmes de santé au sein du troupeau.

Autre analyse indispensable si on soupçonne une carence : le statut oligo-vitaminique du cheptel. L’analyse de sang est aujourd’hui la référence. L’analyse de poil, si elle se développe, ne fait pas l’unanimité au niveau de son interprétation. On obtient, via cet échantillonnage, une vision globale des carences, ou de leur absence, au niveau du troupeau ou du lot que l’on veut tester. L’investissement est plus important que pour l’analyse d’herbe mais aussi source d’économie car on va pouvoir, avec son vétérinaire ou son technicien, cibler sa complémentation sur les éléments indispensables.

Comment complémenter au pâturage ?

Pour le troupeau laitier, s’il reste une part de l’alimentation à l’auge, les apports sont facilités. Des mangeoires ou des bacs peuvent aussi être placés en sortie de traite ou sur le chemin entre la stabulation et les paddocks, mais ils doivent être assez grands pour que toutes les vaches puissent y avoir accès.

Retrouvez le témoignage d'un éleveur en pâturage dynamique > À la ferme St Paul (27), les 90 vaches laitières tournent sur 70 paddocks

Des bacs en plastique ou métal, des tonneaux aménagés, des culbutos, des seaux en libre-service avec du sel (indispensable et à ne pas placer à côté de l’abreuvement), du chlorure de magnésium (attention pas trop longtemps, il bride la production laitière), du lithotamne, des compléments vitaminés et oligo-éléments, peuvent être apportés en pâture pour les troupeaux allaitants, les génisses, les ovins ou les chevaux. Mais attention à la pluie et à bien les stabiliser, car les animaux sont curieux et joueurs… De plus, avec les changements quotidiens de parcelle en pâturage tournant dynamique, le déplacement de ces systèmes devient vite une corvée.

Choisir une complémentation pratique et facile à distribuer, en cohérence avec la gestion du pâturage

Les seaux et blocs à lécher, du commerce ou faits maison, sont également une solution. Mais là aussi, il faut les déplacer et en mettre le bon nombre. On considère qu’il faut un bloc de 10 kg pour 5 vaches adultes, ce qui peut compliquer la chose lorsque les troupeaux sont importants. La question de l’apport uniforme d’éléments au troupeau se pose également : quelle quantité chaque animal a-t-il pris ? Y ont-ils tous eu accès ? Assez longtemps ? Se régulent-ils ? La réponse n’a pas été trouvée, même si l’éleveur voit souvent une amélioration de l’état de ses bêtes.

L’apport par l’abreuvement, si un réseau d’eau a été mis en place avec les paddocks, est aussi efficace. Les pompes doseuses actuellement disponibles en France permettent de distribuer les compléments minéraux, vitaminiques, des oligo-éléments et même d’autres substances (huile pour la prévention du météorisme, huiles essentielles...) via le réseau d’eau. Mais là encore, la quantité consommée par chaque animal est elle suffisante pour être efficace ?

Des systèmes plus perfectionnés existent ailleurs dans le monde (Nouvelle-Zélande, Australie, Irlande). Ils mesurent la quantité d’eau consommée par le troupeau et ajustent l’apport en oligo-éléments ou minéraux selon cette consommation. Cela permet d'apporter la bonne dose et d'économiser du produit car tout apport est optimisé.

Au pâturage en France, les bolus restent le meilleur système pour un apport sûr et régulier des éléments nécessaires. L’investissement de départ semble plus important mais chaque animal, en une seule manipulation, reçoit son bolus qui délivre pendant 6 à 8 mois iode, sélenium, cobalt, vitamine E et D et tous les autres éléments indispensables à une bonne production et une reproduction de qualité.


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article