Alimentation protéiquePlus d'autonomie : oui mais à condition d'être efficient !

| par | Terre-net Média

D'après un sondage de Web-agri, 73,7 % des éleveurs estiment pouvoir améliorer leur autonomie protéique. Cultiver des légumineuses et des protéagineux permet de limiter les importations de tourteaux. En revanche, l'efficience de conversion de ces protéines reste à améliorer afin de limiter la compétition entre alimentation animale et humaine souvent pointée du doigt.

Pour améliorer l'autonomie protéique des élevages, deux pistes sont envisageables : produire des protéines par les fourrages et produire ses propres concentrés.Pour améliorer l'autonomie protéique des élevages, deux pistes sont envisageables : produire des protéines par les fourrages et produire ses propres concentrés. (©Terre-net Média) D'après un sondage réalisé sur Web-agri du 16 au 23 avril 2019, un peu plus de deux tiers des éleveurs estiment pouvoir améliorer l'autonomie protéique de leur élevage. Pour le tiers restant, aucun changement n'est envisageable : 19,1 % des répondants n'ont pas la possibilité d'en faire plus et 7,2 % sont déjà totalement autonomes.

Augmenter les protéines produites sur l'exploitation

Les consommateurs réclament une alimentation du bétail sans OGM. D'ailleurs, la filière laitière présentait récemment son cahier des charges pour une alimentation sans OGM. Pour améliorer son autonomie protéique, l'éleveur a 2 possibilités : produire des protéines par les fourrages (herbe jeune, légumineuses) et/ou produire ses propres concentrés (céréales, protéagineux).

À ce sujet, retrouvez les conseils d'Oxygen conseil élevage : Quelle complémentation azotée adopter en alimentation sans OGM ?

Les légumineuses permettent de réduire la part de tourteau de soja dans les rations à base de maïs. Quant aux protéagineux, ils permettent eux aussi de gagner en autonomie mais quid de leur digestibilité ? Comme l'explique Philippe Faverdin de l'Inra et membre du programme SOS Protein : « Il faut viser un meilleur rendement d'efficience de conversion de ces protéines végétales en lait ou viande. »

Concurrence feed/food : quelle efficience de l'élevage ?

Les opposants à l'élevage prennent souvent pour argument le fait qu'une grande partie de l'alimentation du bétail n'est pas aussi bien valorisée que si elle était directement destinée à l'Homme. Cela soulève le problème de concurrence entre l'alimentation animale et humaine.

Pour le vérifier, des experts de l'Institut de l'élevage se sont penchés sur le sujet et ont évalué le rapport entre les productions et les consommations des animaux d'élevage. Ainsi, l'efficience protéique nette est un indicateur de compétition entre la consommation des animaux et leur production (lait, viande, œufs, etc. consommables par l'Homme). Elle se calcule de la façon suivante : kg de protéines consommables [par l'Homme - NDLR] produites sur l'exploitation/kg de protéines végétales consommées par les animaux.

S'il paraît simple, le calcul est assez complexe. Comme l'explique Benoit Rouillé de l'Idele : « La proportion des protéines consommables par l'Homme est un critère à bien définir. 66 % des protéines du blé tendre sont par exemple consommables, alors qu'on est à 0 % pour les prairies. Pour les productions animales, on considère que 100 % des protéines du lait sont consommables contre 44 % des protéines du poids vif d'un bovin pour la viande. »

76 % des élevages laitiers sont producteurs nets de protéines : ils en produisent plus qu'ils n'en consomment.Après avoir récolté les données de 498 exploitations laitières diversifiées (montagne, plaine, système maïs, système herbe, système maïs/herbe), les résultats sont plutôt positifs puisque 76 % des élevages bovins laitiers sont producteurs nets de protéines. Le spécialiste témoigne : « On constate une forte variabilité au sein d'un même système, preuve qu'il existe encore des leviers pour améliorer l'autonomie des élevages mais aussi l'efficience de conversion des protéines. » Selon lui, « cette approche est un bon indicateur de la compétition feed/food et pourrait devenir un indicateur de pilotage des élevages de demain. »

Pour contrer les idées reçues, il conclue : « On entend souvent qu'il faut 7 kg de protéines végétales pour faire 1 kg de protéines animales. C'est vrai quand on parle en brut mais ça n'est pas le cas en net. Certains systèmes sont même producteurs de protéines, ce sont de vrais systèmes vertueux. »

N.B. : Les résultats de ce sondage sont indicatifs (l’échantillon n’a pas été redressé).


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


steph72
Il y a 83 jours
Si tu as du triticale dedans ça met de la fibre dans ton meteil;
*Les fleurs du pois sont toutes sorties,je compte faucher la semaine prochaine après les pluies.
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Patrice Brachet
Il y a 83 jours
Simple remarque quand on récolte un proteagineux trop tôt on a une super analyse mais cela n est pas totalement utilisé car le produit n a pas de structure et ne fait que passer pour une partie Dans ce cas là il faut en mettre un minimum et un maximum de produit lest Cela n a aucun intérêt : il vaut mieux récolter un peu moins riche mais un produit riche en cellulose très digestible et totalement utilisé par le ruminant. Je me suis opposé cette semaine à une fauche de féverole début floraison mais peine perdu le technicien a gagné. Après on dira ça vaut rien ta merde !! Le stade repere : début floraison des pois (fourrager car Le protéique fleuris plus tôt)
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