Croissance des génissesPeu d'éleveurs se soucient de cet enjeu qui pèse !

| par | Terre-net Média

D'après un sondage réalisé sur Web-agri, la majorité des éleveurs ne pèsent pas leurs génisses laitières. L'organisme de conseil en élevage Optival-Oxygen assure pourtant que la pesée permet d'ajuster la ration en fonction de l'âge au vêlage souhaité et donc d'atteindre ses objectifs.

La pesée des génisses laitières permet de vérifier les GMQ et d'ajuster la ration en fonction de l'objectif d'âge au vêlageLa pesée des génisses laitières permet de vérifier les GMQ et d'ajuster la ration en fonction de l'objectif d'âge au vêlage. (©Oxygen)

L’élevage des génisses (et plus largement le coût de renouvellement) est le second poste de charges opérationnelles après le coût alimentaire des vaches laitières. Parmi les différents leviers, le plus important est sans conteste l’alimentation. La pesée individuelle des génisses est indispensable pour parvenir à vérifier les GMQ et à ajuster les rations suivant l’objectif d’âge au vêlage.

Trois pesées pour ajuster la ration et atteindre les objectifs

Laurent Ledru, éleveur d'une soixantaine de laitières à Westrehem (62) explique : « Pour la pesée, nous convenons avec le conseiller de la date à laquelle le matériel mis à disposition par Oxygen sera à la ferme. Nous pesons les veaux sur du béton à coté de leur box, puis les grosses génisses dans le couloir de retour de la salle de traite. A deux personnes, nous mettons 1h30 pour passer 30 à 40 animaux, préparation et nettoyage du matériel inclus. Ce n’est absolument pas une contrainte.

Je pèse mes animaux deux à trois fois dans l’hiver. De ce suivi de croissance découle une comparaison entre les poids réels et les poids objectifs selon l’âge au vêlage prévisionnel de chaque animal, et un calcul de GMQ. Mon technicien peut alors me sortir un conseil de ration pour chaque lot, en fonction des fourrages disponibles sur mon exploitation bien sûr.

Les pesées individuelles sont indispensables. Les moyennes sont souvent bonnes, mais individuellement, il y a toujours des écarts ! Et puis pour gérer la mise en reproduction, le document me donne une date prévisionnelle d’IA selon le résultat de chaque animal. Derrière la pesée, je peux donc refaire mes lots et alimenter différemment si nécessaire.

La première pesée à l’automne me sert à caler les rations et à alloter correctement mes animaux en fonction de leur poids et de l’âge auquel je vais les inséminer. La seconde pesée de milieu d’hiver nous permet de vérifier que les croissances attendues sont au rendez-vous et d’ajuster éventuellement le tir. La dernière pesée qui se situe juste avant la mise à l’herbe, permet de calculer les GMQ selon les périodes. »

Assurer une croissance soutenue jusque 6 mois

Xavier Sys, expert génisses chez Oxygen et Optival déclare : « Quel que soit l’âge au vêlage recherché, la conduite de la phase 0-6 mois doit être identique. Durant cette période, les tissus musculaires et osseux se développent fortement alors que le tissu adipeux croît peu. Il faut donc maintenir une croissance élevée, de l’ordre de 900 g/j, pour obtenir un développement adulte optimal, sans risque d’engraisser l’animal. Tout retard de croissance sur cette période ne sera jamais rattrapé. »

Évolution du gain des principaux constituants chez les bovins en cours de croissanceÉvolution du gain des principaux constituants chez les bovins en cours de croissance. (©Oxygen)

Après 6 mois, gérer en fonction de l'objectif d'âge au vélage

Le technicien poursuit : « Pour répondre aux objectifs de croissance et respecter la physiologie de la génisse, il n’y a pas de rations prédéfinies et d’aliments plus adéquats. Il faut avant tout raisonner en fonction des fourrages présents sur l’exploitation et adapter les quantités et la complémentation à l’objectif de croissance recherchée. Pour ce faire, il est nécessaire d’appréhender les valeurs des aliments distribués et de s’assurer que la ration calculée, distribuée, et enfin réellement ingérée permet bien la croissance souhaitée. Différentes approches sont possibles pour évaluer leur efficacité : la plus fiable est la pesée individuelle des génisses.

Lorsqu'elles ont passé les six mois, les plans d’alimentation doivent être définis en fonction de l’âge objectif de vêlage. D’une manière générale, il faut des croissances plus modérées afin de ne pas compromettre le développement des tissus sécréteurs de la mamelle autour de la puberté, puis favoriser la réussite à la mise en reproduction. Pour les animaux gestants, ce seront les vêlages et les débuts de lactation qui risquent d’être pénalisés en cas de croissance inadaptée. »

Âge au vêlage objectif24 mois30 mois36 mois
Poids recherché à l'IA400 kg480 kg530 kg
Poids recherché avant vêlage600 kg640 kg670 kg
GMQ objectif après 6 mois700-750 g/j600 g/j500-550 g/j

63 % des éleveurs ne pèsent jamais leurs génisses

La croissance des génisses peut se mesurer par la pesée ou la barymétrie (mesure du tour de poitrine). Dans ce cas, à six mois, il faudra viser les 135 cm de tour de poitrine (ce qui équivaut aux 210 kg d'objectif). Moins fiable mais réalisable à tout moment par l'éleveur ou son conseiller, la mesure du tour thoracique s'obtient en plaçant un ruban autour du thorax (derrière le garrot et les pattes avant). Attention cependant à disposer d'un minimum de contention pour travailler en toute sécurité.

Pesées ou mesures, ces indicateurs restent très pertinents pour assurer l'élevage des génisses. Et pourtant, encore peu d'éleveurs y ont recours. D'après un sondage réalisé sur Web-agri du 14 au 21 novembre 2017, 63,1 % des répondants ne pèsent ou ne mesurent jamais leurs génisses. 16,2 % y passent tout le lot plusieurs fois par an comme M. Ledru. 5 % passent également tout le lot mais à la mesure au ruban. 15,7 % ne passent qu'une partie du lot pour en obtenir une moyenne.


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


lebonmayennais
Il y a 4 jours
un jour les eleveurs qui sont a saturation vont finir par arreter de nourir et de cotiser pour tous ces gens qui gangrènnent ne servent a rien a l agriculture je doute serieusement que pour certains qui vendent des veaux a7euros aux marchès au cadran voir de 1 a 5euros en aient encore quelque chose a foutre!!un jour les eleveurs vont peut etre se reveiller en chassant leur gds leurs cop et surtout le marchand de minerais viandar leur compta......leur marchand de materiels leurs assureurs et faire comme beaucoups profiter des vacances longues durèes aller a la chasse........et surtout virer les marchands de carburants d engrais....de semences leurs cooperatives laitières car a tous si vous voulez gagner de l argent ne faites plus rien vendez tout !!cela fait deja bien longtemps que vous travaillez a perte!!vous nourrissez la france et c est vous qui commencez a crever de faim avec des bovins a 2euros en 2018
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Jmb67
Il y a 21 jours
Les éleveurs sont en saturation de travail et ce sont les génisses qui subissent. Le jour où ont trouveras l'équilibre économique les choses changeront.
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