Alimentation animaleLe lin améliore la production, la reproduction et la marge des vaches laitières

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Le lin, riche en acide alpha-linolénique, a des intérêts pour la production et la santé des vaches laitières. La première étude épidémiologique en nutrition animale, conduite par l'Oniris, chiffre un gain possible de 1,3 kg de lait par jour pour une vache qui recevrait quotidiennement 780 g de lin. Par ailleurs, dès un apport quotidien de 25 g, c'est 5 jours gagnés sur la fécondation. Des améliorations qui bénéficient à la marge de l'élevage.

La graine de lin incorporée dans la ration des vaches laitières permet d'améliorer leur production mais aussi leur fécondationLa graine de lin incorporée dans la ration des vaches laitières permet d'améliorer leur production mais aussi leur fécondation. (©Terre-net Média)

« Mettre du lin dans sa ration, ça coûte cher. Voilà ce que l’on entend souvent », relate Béatrice Dupont, directrice du développement de Valorex, entreprise de nutrition animale spécialisée dans l’extrusion de graines oléoprotéagineuses comme le lin. « Pourtant si les éleveurs continuent à en utiliser, et l’augmentation annuelle de nos ventes de 8 % est une preuve, c’est qu’ils y trouvent un intérêt ».

Si la PME bretonne est convaincue depuis 20 ans de l’intérêt du lin, elle a demandé l’expertise scientifique de l’Oniris, l’école vétérinaire de Nantes, pour chiffrer son impact sur les vaches laitières. Impact en termes de production et de fécondité mais aussi sur le bilan économique de l’élevage.

« Les essais se font sur quelques vaches et une courte durée, explique Nathalie Bareille, responsable de l’unité de recherche Bioepar Oniris/Inra. Pour avoir une vision aussi complète que possible de l’impact économique sur l’exploitation, nous avons voulu comparer des troupeaux entiers, sur une longue période ».

D’où cette vaste étude épidémiologique – une première mondiale en santé animale - pour laquelle les scientifiques de l’Oniris ont décortiqué les données de 1 200 élevages, la moitié distribuant du lin, l’autre non et plus de 2 millions de contrôles laitiers sur 8 ans, de 2008 à 2015 pour connaître l’impact sur la production et la reproduction.

Jusqu’à 1 500 euros de marge en plus

Pour quantifier l’impact économique, l’Oniris a travaillé à partir d’un simulateur de troupeau, un logiciel qui, à partir d’un troupeau de 50 vaches à 9 000 kg, calcule l’impact de différentes stratégies, ici alimentaires.

Outre la dose, le simulateur de troupeau teste différentes modalités de distribution : toute l’année, sur les premiers mois de lactation, arrêt quand les vaches sont à l’herbe… « La distribution de lin à l’année reste rentable. La dose la plus faible, moins de 50 g/jour ne permet pas de gain technique suffisant ; la plus forte, entre 600 et 1 500 g, est trop chère, chiffre Thomas Meignan, le jeune scientifique qui a conduit ses travaux pendant trois ans. Avec une dose intermédiaire, la marge est améliorée. Avec un apport moyen de 173 g par jour, on estime le gain annuel à 1 500 euros. Les graines de lin sont chères mais restent rentables pour l’éleveur ».

« Et ce gain ne tient pas compte d’une meilleure valorisation de son lait si l’éleveur est dans une démarche spécifique, comme Bleu Blanc Cœur », précise Béatrice Dupont.

Allier production et reproduction

Pour chiffrer l’impact économique, les chercheurs de l’Oniris ont décortiqué les résultats de production et de reproduction en comparant des troupeaux distribuant du lin à ceux qui n’en distribuent pas.

« Le lin améliore la production et cette réponse augmente avec le rang de vêlage, affiche Thomas Meignan. La réponse est proportionnelle à l’apport de lin. Dès l’ajout de 173 g/jour, on gagne 0,4 kg de lait pour une primipare, 0,76 pour une vache en 4e lactation. Le gain maximum est de 1,3 kg pour une vache adulte qui reçoit 789 g de lin ». Comme pressenti, l’ajout de lin fait baisser le TB mais aussi le TP. « La baisse du TP est d’au maximum 0,9 g/litre pour une ration contenant 789 g de lin. Elle suit l’augmentation de la production. La baisse de TP reste faible, 0,1 g en moins pour une distribution de 427 g », chiffre Thomas Meignan.

S’il y a une légère baisse des taux, l’augmentation de la production permet un gain de matières grasse et protéique produites par jour.  « La vache moyenne de notre étude aura produit entre 13 et 22 g de matières grasses et 18 et 32 g de matières protéiques en plus chaque jour grâce au lin », avance Thomas Meignan.

Question repro, l’ajout de lin permet de gagner de 3 à 5 jours sur l’intervalle vêlage/IA fécondante. Ce qui est déjà conséquent : la moyenne de troupeaux est à 85 jours, les meilleurs à 75 jours. « Même à petite dose, 27 g de moyenne, le lin a un effet bénéfique sur la mise à la reproduction, note Thomas Meignan. Cela s’explique par sa teneur en Omégas 3, acides gras qui participent à la synthèse des hormones ». Des résultats qui contrecarrent l’idée reçue que l’augmentation de la production se fait au détriment de la reproduction.

Reste quelques points que l’étude n’a pas abordés. « Nous n’avons pas pris en compte le temps de travail, reconnait Nathalie Bareille. Si les vaches sont plus productives, il en faudra moins pour faire la même référence. De même, si les vaches retiennent mieux, il y aura moins de retour à détecter ».

Se pose aussi la question de l’impact sur la santé d’une ration riche en lin. Qui dit production qui augmente, dit plus de risques de mammites ? « C’est ce qu’on pourrait craindre, reconnait Thomas Meignan. Mais, les rations riches en lin n’ont pas d’effet sur la survenue des mammites. Qu’elles mangent ou non du lin, les vaches ont autant de mammites. C’est sur leur guérison qu’on a vu un impact positif. Avec les rations au lin, les mammites se guérissent mieux ». Autant d’atouts pour cette culture !


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DÉJÀ 11 RÉACTIONS


Jon-De-Lionne
Il y a 197 jours
Bonjour,

d'autant que et selon l'article suivant
"référence à l'article : Zen grâce au poisson? Les oméga 3 rendent moins agressif, selon une étude . publié le 21 12 2017 à 18 15"

Si on admet que le lin apporte ces omégas aux produits laitiers de la même façon pour ceux qui s'en privent, ils prennent des risques.

C'est certainement une histoire de Biotope !
Quand les intestins ne sont pas suffisamment alimentés par des produits carnés, de la bonne "yanyande", du bœuf maturé, un bon bout de cochon fumé, du mouton en ragoût, les bactéries utiles, du lait, les vitamines disparaissent des intestins ...et les intestins sont le prolongement direct du cerveau. et bien sûr ce n'est pas moi qui le dit mais des experts et des scientifiques.

Regardez les verts et leur agressivité, il y a forcément une explication à leur agressivité permanente et récurrente. Certains vont même jusqu'à dire qu'ils font du foie Gras sans foie.... comme si on pouvait faire de la publicité mensongère !
( Souvenons nous avec émotion de ce fabricant de lasagne qui avait mis du cheval à la place du boeuf....mais pour le foie sans foie, ma fois !)

Ils donnent toujours l'impression d'être des prêcheurs, des prévaricateurs indigents qui détiendraient leur vérité absolue en expliquant que : vous ne devez plus faire ceci et cela ;
que vous ne devez plus mangez ceci et encore cela ;
mais que vous devez vous nourrir comme ci et comme ça..;
.Ils deviennent lourdingues ces gens là, et agressifs dans chacune de leurs paroles.

C'est le manque d'oméga 3 et 6 certainement, je ne vois rien d'autre !
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bou21
Il y a 198 jours
Nous avons utilisé la graine de lin extrudée pendant deux ans .Résultat sur la santé des vaches positif ,baisse du taux de matière grasse est l 'inconvénient donc prix du lait moins chère pour un cout de production plus élevé .Nous avons donc fait le choix d'arrêter.Nous avons demander à notre coop de mettre la main à la poche mais rien à faire ,Ils ne veulent pas payer .
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PATRICE BRACHET
Il y a 198 jours
Titian c est à qui que vous vous adressez ? Je cache jamais mon nom
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titian
Il y a 198 jours
Oui, on t'a reconnu !
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PATRICE BRACHET
Il y a 199 jours
Pas de récidive pas de cellules et après l œil de l Eleveur et ses 60 ballets!
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nino
Il y a 198 jours
A le grand retour de dairy !!!!!!! sa te manque ?
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Vincent D
Il y a 199 jours
Pouvez vous me dire, comment l'évaluation de la guérison d ela mammite est faite? est ce un simple ressenti de l'éleveur? ou un protocole scientifique?
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PATRICE BRACHET
Il y a 199 jours
Vincent pour les mammites j ai peut-être l explication : le ratio oméga 6 sur 3 et le lin y participe ça c est sur mais pas à 27 g mais avec une très bonne herbe ou un méteil vous ferez pareil si vous respectez quelques ratios
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Vincent
Il y a 199 jours
"27 g d elin par jour et il y a un effet.....ca fait pas lourd 27 g!!! Et alors cerise sur le gateau, "les mammites guérissent mieux". Franchement, le seul effet positif, c'est que je rigole beaucoup en lisant ce genre d'aneries.
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Vincent via Facebook
Il y a 199 jours
Pourtant , par ici l'usine Danone, avait initié cette démarche il y a 10 ans, je serais curieux de faire une enquete pour savoir 10 ans aprés combien d'éleveurs font tjs le choix d'en donner? Le paturage, la bonne gestion de l'herbe, permet d'améliorer le profil nutritionnel du lait avec un cout bien moindre.
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