[Vidéo] Vente de viande en circuit courtLe Gaec Augros valorise ses charolaises à 4,5 €/kg avec son nutritionniste

| par | Terre-net Média

[Partie 1/2 : la commercialisation] Dans l'Indre (36), Jean-Pierre et Gilles Augros élèvent un troupeau de 150 mères charolaises et engraissent les mâles et les femelles sans achat d'aliment. Afin de valoriser ce savoir-faire, les nutritionnistes de l'élevage ont créé une filière courte de vente directe de viande en caissette. Une plus-value estimée à environ 350 € par animal par rapport au circuit traditionnel.

Cliquez pour voir le reportage vidéo de la fourche du Gaec Augros jusqu'à la fourchette du restaurant le Garde-Manger à Rezay dans le Cher (18) en passant par l'abattoir Berry bocage de Saint-Amand-Montrond (18).

Vendre sa viande en directe, c’est tentant mais c’est aussi beaucoup de travail et d’investissements lorsqu’on doit s'occuper de 400 animaux charolais. À Saint-Christophe en Boucherie dans l’Indre (36), les frères Augros ont confié la vente de quelques bêtes haut de gamme à leur nutritionniste. En effet, le Gaec Augros travaille en ration mélangée depuis une dizaine d’années et a rapidement fait appel aux conseils du cabinet de nutritionnistes indépendants BDM afin de réduire sa facture alimentaire. En implantant 26 ha de luzerne, 30 ha de maïs ensilage et grain et 25 ha de blé, le Gaec est progressivement devenu 100 % autonome en fourrage, en protéines et en énergie pour mourir près de 400 têtes sur 260 hectares.

Les 150 vaches allaitantes vêlent de fin novembre à avril et les veaux mâles et femelles sont complémentés avec un mash fibreux dès leur plus jeune âge. Il y a 10 ans, les éleveurs faisaient 170 vêlages mais aujourd’hui, ils essaient de réduire le nombre d’animaux avec l’objectif de mieux les valoriser. Les frères Augros ont « la culture de l’engraissement » et tiennent à ce que tous les animaux sortant de l'exploitation soient vendus finis. « Sauf qu’actuellement, les jeunes bovins charolais engraissés se retrouvent sur le même marché que les taurillons et les réformes holsteins. Nous avons le projet à partir de cette année de castrer quelques mâles pour faire du bœuf de trois ans, nourri à l’herbe et fini à l’auge comme les génisses. Le bœuf charolais atteint 550 kg de carcasse, c’est une viande de grande qualité qui peut très bien se valoriser en vente directe », explique Jean-Pierre.

Depuis quelques mois, les frères Augros ont commencé à vendre des génisses avec l’entreprise MDB « viande du nutritionniste », une deuxième société créée par les nutritionnistes du cabinet BDM. « Les carcasses lourdes et bien finies sont les meilleures, assure Jean-Pierre Augros. Pour cela, je choisi des génisses très typées viande que l’on ne gardera pas pour faire des mères. » Elles sont abattues à l’âge de trois ans minimum et surtout très bien finies avec une ration à base de luzerne enrubannée (18 kg), de maïs grain (4 kg) et de blé (1,5 kg), intégralement cultivés sur la ferme. Le "zéro achat" fait partie du cahier des charges de la viande MDB. « C’est une ration de finition qui ne coûte pas une fortune. En plus la luzerne rougit la viande et apporte de la saveur », observe Gilles Augros.

2 100 euros par génisse

L’entreprise MDB achète l’animal à 4,50 €/kg de carcasse et s’occupe de la commercialisation. Pour une génisse de 460 kg à 4,5 €/kg, le prix de vente s’élève à 2 100 €. « On apporte au moins 80 centimes sur le prix de vente, soit 300 à 400 € de plus que le circuit conventionnel, entre 3,6 et 3,9 €/kg en ce moment, sans compter les économies réalisées sur la ration », précise Yan Mathioux, nutritionniste pour le Gaec Augros. Depuis juin dernier, pour commencer, MDB vend une génisse par mois, le temps que la clientèle s’élargisse.

Les éleveurs emmènent l’animal à l’abattoir de Saint-Amand-Montrond dans le Cher (18), tôt le matin, pour qu’il passe dans les premiers, afin d’éviter tout stress qui viendrait gâcher la qualité de la viande. Le cahier des charges fixé par la "viande du nutritionniste" prévoit une maturation de la carcasse de 15 jours minimum en chambre froide, le temps que le muscle se transforme en viande qui va alors gagner en tendreté et libérer ses arômes. L’abattoir Berry Bocage, présidé par des éleveurs, s’est agrandi et vient d’inaugurer une salle de découpe. MDB leur fournira bientôt deux animaux par semaine à abattre, faire mâturer, découper et emballer sous vide (trois semaines de conservation). La bête est divisée en colis contenant tous types de morceaux (à griller et à bouillir), équivalent à 1/16e de l’animal, soit des caissettes d’environ 20 kg ou de 1/32e, soit 10 kg. Les colis de viande sont précommandés avant l’abattage.

Vendu 14,50 €/kg en colis de 10 ou 20 kg

Marc Didienne, associé du cabinet de nutrition BDM, troque sa casquette de nutritionniste pour celle de vendeur de viande au volant d'une camionnette frigorifique. « Nous vendons les colis de viande à un prix unique de 14,50 €/kg et les livrons gratuitement chez les clients, pour la plupart des particuliers, ainsi qu’à une dizaine de restaurateurs locaux. Pour le moment, notre zone de livraison se concentre dans le Centre et la région parisienne », précise-t-il.  

Quelques mois après sa création, la "viande du nutritionniste" compte plus d’une centaine de clients par mois et travaille ainsi avec une dizaine d’éleveurs, essentiellement charolais. L’entreprise MDB développe d’autres races : Limousine et Salers notamment. Pour mieux valoriser les morceaux avant contenant les pièces à pot au feu – généralement destinés au haché – l’entreprise a développé une gamme de rillettes, nommées "Émietté de bœuf" et vendues en pots (27 €/kg).

Et les clients semblent apprécier la démarche. Ils aiment savoir que leur viande vient d’une Charolaise nourrie avec des produits nobles, sans OGM et que, derrière, les éleveurs sont correctement rétribués. L’élevage Augros en a même profité pour organiser des portes ouvertes. « L’herbe, le foin, la luzerne, ça parle aux consommateurs, c’est facile à expliquer, apprécie Jean-Pierre. Les gens posent beaucoup de questions et quand on leur dit que l’on travaille avec un nutritionniste pour nourrir nos vaches, ça les interpelle forcément ! »

CharolaiseVous découvrirez dans un prochain article les rations "zéro achat" du Gaec Augros. (©Terre-net Média) 


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DÉJÀ 6 RÉACTIONS


Cris
Il y a 257 jours
Sauf que ton boucher et la grande distribution te font bouffer du jeune bovin de 18 mois élevé à l'auge qui n'a jamais vu l'herbe. Au lieu d'animaux élèves 3 ans et plus dans la tradition et qui ont du goût et qui ne rétréci pas dans la cocotte. Bravo c'est avec des ignares et des gens comme vous que le monde va si bien
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hello
Il y a 304 jours
C’est une ration de finition qui ne coûte pas une fortune.alors je n'arrive pas à comprendre ce prix unique de 14,50 €/kg pour un colis de viande en mélange de pot au feu et de pièces nobles . Pour ce prix là et dans les même conditions chez mon boucher qui est un intermédiaire cela me coûte 20 % MOINS CHER
Si c'est du direct FERME ,vous devriez etre au moins à 50 % MOINS CHER que tout le monde
alors concernant la livraison gratuite chez les clients, c'est du vent
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jeepni
Il y a 306 jours
Tu as raison Bebert et en plus il faut savoir que le concept d'autonomie alimentaire (aliments de la ferme) est le fruit d' un grand travail de reflexion commun entre des éleveurs ,la ferme experimentale des Bordes et des techniciens de Chambre d'agriculture(36) competents.
Cette société MDB BDM ou BMD, ça dépend sans doute par quel bout çà rapporte le plus ....ne fait qu'exploiter le fruit d'un travail commun de partenaires désintéressés par le profit immediat
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Jul32
Il y a 304 jours
Non car la viande est de meilleure qualite
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claude
Il y a 290 jours
non c'est pas pareil car il n'y a pas intermédiaire et l'eleveur est réménurer en vente direct tandis que par l'autre filière l'eleveur travail pour rien donc perd de l'argent
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bebert
Il y a 306 jours
14.50 euro kg idem grande surface alors en direct c est du vol vive les pijons
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