[Reportage] L'Autriche laitièreDes vaches simmental à plus de 100 000 kg dans l'élevage Stockinger

| par | Terre-net Média

Avec 60 hectares, 50 vaches simmental et une production de près de 500 000 litres de lait, l'élevage de la famille Stockinger compte deux fois plus d'animaux que la moyenne des fermes autrichiennes.

Edouard Stockinger Edouard Stockinger perçoit 0,30 € du litre de lait en décembre, à peine l’équivalent de son coût de production, alors que le prix du lait variait entre 0,40 et 0,45 € en 2014. L’exploitation est également rétribuée par un programme de soutien « à la production laitière durable ». (©Terre-net Média)

En arrivant au village d'Umbach, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Vienne, la grande façade jaune de l’exploitation de la famille Stockinger ressemble davantage à une belle demeure résidentielle qu’à un bâtiment d'élevage. Tradition autrichienne oblige, ici tout est impeccable, propre, rien ne traîne, pas un brin de paille ne dépasse. Edouard et Elisabeth Stockinger sont aux petits soins avec leurs animaux.

Cette rigueur leur permet d’atteindre un niveau de production rarement égalé en race simmental : 10 500 kg de lait/VL/an en moyenne (TB 42 ; TP 35), avec des primipares à 8 500 kg/an et certaines laitières dépassant les 11 500 kg. Car en plus d’être une race mixte, la Simmental sait aussi être une laitière productive et robuste. Elle est présente dans 80 % des troupeaux laitiers autrichiens, des alpages du Tyrol jusqu'aux systèmes intensifs en vallée comme l'élevage des Stockinger.

Les performances de leur troupeau sont impressionnantes : l’intervalle vêlage-vêlage n’est que de 368 jours, le taux de réussite en première IA avoisine les 75 % et le comptage cellulaire ne dépasse pas les 90 000 cel/ml. Seuls quelques problèmes de boiteries liées à la dermatite (mortelaro) viennent perturber la solidité de leurs laitières.

Quatre vaches de l’élevage ont fait preuve d’une longévité hors norme en dépassant le seuil symbolique des 100 000 kg de lait en neuf lactations et plus, comme Heiddi ou Ebba (fille de Haxl et mère du taureau Vasall) avec plus de 110 000 kilos.

Féru de génétique, Edouard Stockinger et son père adhèrent depuis 18 ans à l’association Fleckvieh autrichienne (nom de la race simmental en allemand). Leurs objectifs de sélection : le lait, la mamelle et les pattes principalement. Ils travaillent avec la coopérative Genostar et commencent à utiliser les premiers jeunes taureaux génomiques désormais disponibles dans la race.

Edda Ebba (fille de Haxl et mère du taureau Vassal) a dépassé les 110 000 kilos de lait. La voici prise en photo en neuvième lactation en 2012 lors de son passage à 100 000 kg. (©NpeGenetik/Keleki)

Robot distributeur de concentrés

Une telle production ne s’obtient pas sans une alimentation en conséquence. Les vaches, comme les génisses, ne sortent jamais au pâturage. La ration de base des laitières se compose pour moitié d’ensilage d’herbe/luzerne et d’ensilage de maïs plante entière et de foin ou d’enrubannage. Une simple distributrice portée de 2,3 m3 (Silokamm de la marque Siloking) suffit pour reprendre et distribuer ces fourrages.

L’exploitation produit 50 hectares de céréales (maïs fourrage et grain, orge, blé) et s’est équipée d’une fabrique d’aliments à la ferme pour broyer et mélanger ses grains avec des tourteaux de soja et colza, des minéraux et des levures. Les éleveurs obtiennent ainsi différents correcteurs, donnés soit au distributeur automatique de concentré (Dac), soit au robot distributeur de concentré à l’auge. Ce robot monté sur rail, de marque Wasserbauer, passe une quinzaine de fois par jour et projette les concentrés sur les fourrages. Il permet aussi de repousser la ration à l’auge grâce à un système de tapis rotatif. « Ce robot a coûté 15 000 €. Je trouve que c’est un bon système, complémentaire au Dac, car les vaches reçoivent de petites quantités de concentrés de nombreuses fois par jour. De plus, à chaque passage, la plupart des vaches se lèvent de leurs logettes pour aller manger, ce qui a eu pour effet d’augmenter l’ingestion et la production laitière », fait remarquer Edouard Stockinger.

Robot distrbuteur de concentré Wasserbauer Le robot distributeur de concentré Wasserbauer passe 15 fois par jour. (©Terre-net Média)  

Robot distribution de concentré Ce robot sur rail repousse également la ration vers les cornadis grâce au tapis rotatif bleu.  (©Terre-net Média)

Les deux étables sont basses de plafond pour stocker la paille et le foin au grenier. Une griffe à fourrage sur rail permet la manipulation des bottes d’un bâtiment à l’autre. Les vaches comme les génisses sont sur caillebotis intégral sans accès à l’extérieur. Elles dorment dans des logettes creuses paillées, sans ajout de chaux. La petite salle de traite de 2x3 postes est carrelée sur les murs et pavée de dalles antidérapantes au sol. Elle est équipée par la marque System Happel avec les griffes AktivPuls qui apporte un massage des trayons à l’air et de bras automatisés de décrochage et d’égouttage.

Les veaux sont élevés en cases individuelles. Chaque veau conserve un seau numéroté qui lui est attribué afin d’éviter les échanges de microbes d’un veau à l’autre. Les jeunes mâles sont élevés à l’attache et vendu autour de 100 kg de poids pour environ 500 € par veau. A l’avenir, Edouard Stockinger projette de construire un autre bâtiment pour engraisser ses taurillons simmental.

L’élevage s’est également équipé d’une cage de parage qui bascule l’animal sur le flanc et permet de travailler sur les quatre pieds rapidement et en sécurité. Autre curiosité autrichienne : un ingénieux système de fermeture des silos d’ensilage. Le long des murs du silo couloir, des tiges en fer viennent appuyer sur tubes en caoutchouc afin d’éviter à l’air de pénétrer par les bords du silo. Ces ressorts métalliques se retirent rapidement au fur et à mesure de l’avancement du silo. Ensuite, la bâche vient s’enrouler sur une barre transversale montée sur deux roues sur les côtés du silo.

ELevage vaches laitière Autriche Stockinger En Autriche, il n'est pas rare que les vaches et les hommes partagent la même demeure. (©Terre-net Média)

Les étables accueillent les vaches au rez-de chaussé et le fourrage avec une griffe à foin à l'étage. Les étables accueillent les vaches au rez-de-chaussée et le fourrage avec une griffe à foin à l'étage. (©Terre-net Média)

Logette creuse paillée et cailleboris intégral. Logettes creuses paillées et caillebotis intégral pour les vaches et les génisses. (©Terre-net Média)  

Salle de traite 2x3 avec bras et griffe System Happel Salle de traite 2x3 avec bras et griffes de la marque autrichienne System Happel (©Terre-net Média)  

Désileuse distributrice porté Siloking suffit pour 50 vaches. La désileuse distributrice porté de 2,3 m3 Siloking suffit pour affourager 50 vaches et la suite. (©Terre-net Média)  

Couverture des silos par tiges métalliques Système de maintien des bâches de silos par tiges métalliques. La tige recourbée est fixée au mur en béton et vient faire pression sur la tige verticale qui maintient le tube noir sur la bâche.

 

La bâche est enroulée sur une barre roulante. La bâche est enroulée sur une barre roulante. (©Terre-net Média)  

Cage de parage à retournement L'éleveur est très satisfait de sa cage de parage à retournement. (©Terre-net Média/Stockinger)  

Les veaux mâles sont élevés à l'attache et vendus à 100 kilos pour 500 €. La Simmental reste l'une des dernières races véritablement mixte lait/viande. Les veaux mâles sont élevés à l'attache et vendus à une centaine de kilos entre 4,5 et 5 €/kg de poids vif. (©Terre-net Média)


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DÉJÀ 1 RÉACTION


Rabah 7777
Il y a 437 jours
super
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