Pâturage d'arbres fourragersDu murier blanc à 17 % de MAT dans la ration des bovins allaitants

| par | Terre-net Média

Cette année, beaucoup d'éleveurs ont subi la sécheresse estivale de plein fouet. Et s'ils se tournaient vers le pâturage d'arbres pour palier ce déficit de fourrage ? C'est ce que testent des éleveurs ariégeois en collaboration avec la chambre d'agriculture en implantant des parcelles de mûrier blanc.

Le murier blanc permet aux éleveurs allaitants de l'Ariège d'améliorer leur autonomie alimentaire. En effet, cet arbre fourrager se pâture. Pour tester sa productivité, la chambre d'agriculture du département a implanté une bande test (25 000 pieds/ha) chez un éleveur.Le mûrier blanc permet aux éleveurs allaitants de l'Ariège d'améliorer leur autonomie alimentaire. En effet, cet arbre fourrager se pâture. Pour tester sa productivité, la chambre d'agriculture du département a implanté une bande test (25 000 pieds/ha) chez un éleveur. (©Chambre d'agriculture de l'Ariège) Le projet Agrosyl vise à promouvoir les pratiques agricoles en lien avec la forêt, les arbres et le bois pour répondre aux problématiques des exploitations agricoles. Il est animé par la chambre d’agriculture de l’Ariège. Les porteurs du projet tentent de construire des références en agroforesterie et sylvopastoralisme. Mehdi Bounab, conseiller de la chambre d’agriculture expliquait lors des 3R en décembre dernier : « Les arbres sont très présents dans les élevages du secteur (bois et haies autour des prairies permanentes). Ils sont actuellement utilisés par les éleveurs pour la production de bois et constituent des abris pour les animaux. En revanche, d’autres applications sont possibles. »

17 % de MAT pour du murier blanc qui se pâture ou s’ensile

Les membres du projet ont réalisé des enquêtes auprès d’éleveurs allaitants ariégeois et ont identifié deux besoins principaux : améliorer le bien-être animal et acquérir plus d’autonomie alimentaire. Les arbres ouvrent alors la porte à quatre solutions possibles : la production de plaquettes pour la litière, la création de parcs boisés, les ressources ligneuses pour l’alimentation et la plantation d’arbres fourragers.

Côté alimentation, le mûrier blanc s’avère être l’espèce la plus adéquate. Ses racines lui permettent d’aller chercher l’eau en profondeur. Il peut alors palier aux déficits de fourrages en période sèche et améliorer l’autonomie des élevages. Jean-Claude Emile, chercheur à l’Inra Lusignan explique : « Le mûrier blanc est une plante assez exceptionnelle en termes de valeurs alimentaires. Elle se situe bien au-dessus des 35 échantillons testés dans l’étude. On est en moyenne sur une teneur en MAT de 17 % et une digestibilité enzymatique à plus de 85 %, ce qui la place de très loin comme une plante d’excellente valeur énergétique. »

Pour la faire entrer dans le système fourrager de son troupeau, Marcel Authier (éleveur allaitant pilote de l’expérimentation à Mirepoix dans l'Ariège) a planté une parcelle de mûriers blancs. « Les lignes d’arbres sont espacées de 80 cm pour pouvoir éventuellement se servir d’une bineuse en inter-rang. Les plantes sont espacées entre elles de 40 cm ce qui leur évitera de grossir trop, elles se comporteront plutôt comme des souches de vignes. » Interviewé par nos confrères de France 3, l’éleveur explique : « On peut faire pâturer le mûrier ou l’ensiler. Ça se présente alors comme de l’ensilage de maïs. Il faut qu’il soit haché finement. » Les chercheurs poursuivent leurs investigations pour savoir s’il est plus opportun de l’ensiler ou de le distribuer en vert. L’essai actuellement en place porte sur une petite surface (2 200 m2) mais d’autres travaux sont encore à venir. En effet, le projet devrait s’entendre sur six ans ce qui leur permettra d’éclaircir ces zones d’ombre.

Ci-dessous, le témoignage de Marcel Authier concernant la consommation de mûrier blanc par son troupeau :

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Ces résultats d’essai ont été présentés lors des rencontres recherches ruminants. Tous les textes sont consultables sur le site des 3R.

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DÉJÀ 7 RÉACTIONS


Patrice Brachet
Il y a 143 jours
Merci pour ces renseignements mais on n a toujours pas de prix et pas trop de recul pour les décades quelqu’un peut nous donner un ordre d idée du coût cela éclaircirait les débats
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Eliel
Il y a 144 jours
Le principale coût de cette technologie (banque fourragère à haute densité -25 000 plantes/ha) est pendant le premier an (installation). Le coût monte si la phase de pépinière est ignorée (cf. essentielle pour garantir une bonne plantation) et on fait recours à des pépiniéristes avec des prix exorbitants par plante. Une fois que la plantation est bien installée (au bout de 1.5 an) il reste que l'entretenir pendant les périodes de récolte. ET, la grande avantage: il s'agit d'une plantation pérenne; qui peut durer des décades avec des rendements en matière sèche très élevés et valeur nutritionnelles comme le reportage indique (> 16% MAT et >90% digestibilité).
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Patrice Brachet
Il y a 147 jours
Jonathan mes coups de gueule peuvent amuser mais j en ai ras le bol des gens qui ré inventent le fil à couper le beurre sans aucune notion de rentabilité et qui donnent aucun chiffres ! Ces même personne te copient quand tu as une bonne idée et la revendent des fois sans prendre le temps de vérifier Nous rien n est payant et par contre je dis toujours petit essaie avant de faire des hectares par dizaines l objectif est d arriver à l autonomie totale ( zéro achats) on n’y est pas encore mais l on commence à réduire les achats sérieusement y compris les minéraux ! Bon niveau méteils deux recettes : ( l avoine, et les fèves semences fermières) sol argilo calcaire :suivant le ps 50kg avoine 60feverole 15 pois fourrrager 7 vesce velu 3,5/4de trèfle squarosum fauche ; première fleur des pois 10a14 t/ ms hectare 14a 16 de mat Autre sols : 60kg avoine 25 pois 15 vesce commune 4/5de trèfle squarosum et si terrain hydromorphe 2,5/3 kg trèfle michelli rendement 7 a 12 tonne de ms mat pareil fauche toujours pareil. Derrière un maïs utilisé en maïs humide de préférence jamais de labour. La ration idéale : Méteil, bonne herbe maïs humide et un peu de colza
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Jonathan
Il y a 147 jours
Bien dit Patrice...toi qui fait des meteils. Je voulais savoir quel est ton mélange type ? Quels proportion de chaque espèces kg/ha ? Et rendements moyens ? Et derrière que fait tu maïs ou autre chose? Et produis tu tes semences ou achat ? Merci
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Patrice Brachet
Il y a 148 jours
Tu vois Jonathan c est pour cela que je met des vrais chiffres quand j explique Dans le cadre de mon association j ai eut connaissance de cette démarche mais de grâce il faut arrêter de faire des reportages amuse gueule où l on reste sur sa faim ( désolé Delphine) ont est des pros en majorité et il faut aller au bout des choses la partie financière fait partie de notre quotidien et il faut l aborder à chaque reportage là on nous vends du rêve mais quid du piétinement des animaux, du rendement, et surtout du coût de plantations ( c est énorme) et c est pour cela que j ai mis en face l irrigation Désolé la rédaction mais cela plusieurs fois que je tire la sonnette Sans rancunes Patrice
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Jonathan
Il y a 148 jours
Quels coûts ha, quels rendements, travail lors de l'implantation....?????
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Patrice Brachet
Il y a 148 jours
Beau projet plein d ambitions mais on a oublié l essentiel ! Coût à l hectare ? Pérennité, rendement. Je ne connais pas cette belle région mais je suis sûr qu’il y’a d autres alternatives avec stockage de l eau 1 à 10€/mètres cubes stockés pérennité sur 30 ans et des espérances de rendement en double culture à plus de 25 tonnes de ms Je parle sans subvention bien entendu ! Cela n engage que moi bien sûr mais je pense qu’il faut aussi se pencher sur le problème de stockage de l eau car le stockage individuel existe et peut être accompagné aussi c est à méditer
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