Westerkamp Holsteins (Allemagne)Des animaux performants et une équipe motivée pour élever 620 VL à 37 kg de lait

| par | Terre-net Média

« Chaque jour, nous donnons le meilleur à nos animaux et c'est ainsi qu'ils nous offrent les meilleurs performances », voici comment Kim Sass-Hauschildt présente l'exploitation qu'il manage. Situé au nord de l'Allemagne, l'élevage Westerkamp Holsteins emploie une dizaine de salariés pour traire les 620 vaches laitières et produire 7,3 millions de kg de lait par an.

Pour traire ses 620 vaches laitières, l'élevage Westerkamp Holsteins en Allemagne est équipé d'une 2x16 XpressWay 2x16 de chez BoumaticPour traire ses 620 vaches laitières, l'élevage Westerkamp Holsteins en Allemagne est équipé d'une 2x16 XpressWay 2x16 de chez Boumatic. (©Westerkamp Holsteins)

Kim Sass-Hauschildt est depuis 2009 responsable de l’élevage Westerkamp Holsteins à 30 km au nord-ouest de Hambourg en Allemagne. Présent lors de la journée grands troupeaux organisée par Boumatic, l’éleveur de 37 ans explique : « Nous élevons 620 vaches laitières sur 409 ha. »

Westerkamps Holsteins en quelques chiffres :
620 VL et leur suite
409 ha
13 UMO

Moyennes :

56 % des vaches en gestation
28 % de taux de gestation (71 % taux de vaches inséminées*40 % de réussite en 1ère IA)
70 % des vaches en gestation moins de 120 jours de lactation
158 jours de lactation
36,6 kg/VL dans le tank
MSI : 24,3 kg
Efficacité alimentaire : 1,49
Âge au 1er vêlage : 22,2 mois

Un rapport de traite quotidien pour vérifier la qualité du travail

En 2005, l’élevage ne comptait que 120 vaches laitières et leur suite. Il y en avait 200 en 2010 puis l’évolution a été très rapide : une nouvelle étable a vu le jour en 2011 et le troupeau est passé de 220 vaches en janvier (32 kg de lait de moyenne) à 450 en novembre 2011 (29 kg de lait de moyenne). C’est en 2012 que l’éleveur a instauré les trois traites par jour, ce qui a nettement fait progresser la productivité par vache (460 VL à 30 kg de lait en janvier 2012 contre 620 VL à 37 kg de lait en décembre 2018). Ainsi, l’exploitation a livré 7,3 millions de kg de lait sur l’exercice 2017/2018. Les traites ont lieu à 4 h, 12 h et 20 h dans la salle de traite XpressWay 2x16 de Boumatic.

La routine de traite est la suivante : élimination des premiers jets, stimulation, branchement puis trempage. « Nous sommes très exigeants sur la traite et sur la qualité du lait. L’année dernière, nous étions assez mécontents du taux de mammites. Nous avons alors investi dans des brosses Pulli-brush qui stimulent la mamelle durant 12 secondes avant de brancher. Cette année, nous n’avons traité que 9 vaches, ce qui est très satisfaisant. »

Ainsi, la traite est suivie de près : « Tous les jours, nous sortons un rapport de traite que nous affichons dans l’étable pour motiver et impliquer les salariés. Il nous fournit quelques données sur la cadence, la quantité de lait, le débit, le nombre de décrochage, etc. ». Deux personnes sont présentes par traite. L’objectif est de passer une moyenne de 120 VL à l’heure. « La cadence est assez élevée : on passe environ 4h30 à chaque traite (lavage compris) et on a déjà fait grimper le débit de 4 l/min. »

Le management des salariés : une des clés du succès

« Nous nous fixons pour objectif de ne pas dépasser un coût de production de 32 centimes du litre. Nous sommes actuellement à 30,2 centimes/litre. »

 

Objectif

Réel

Coûts

moins de 32 cts €/l

30,2 cts €/l

Aliments

moins de 16 cts €/l

14,9 cts €/l

Salaires

moins de 5 cts €/l

4,8 cts €/l

Charges spéc.

moins de 3 cts €/l

2,9 cts €/l

Vétérinaire

moins de 1 cts €/l

0,9 cts €/l

Energie

1 cts €/l

1,1 cts €/l

Banque

moins de 6 cts €/l

5,6 cts €/l

« Notre production est économiquement durable mais ceci n’est possible qu’avec des animaux performants et en bonne santé, une équipe motivée, une technologie moderne, une bonne structure et la passion. » Du côté de la main d’œuvre, Kim emploie une équipe de Polonais pour traire : « Ils sont plus engagés que les Allemands. Si je le pouvais, j’embaucherais des Allemands mais ça ne les intéresse pas. »

« Pour moi, peu importe d’où viennent mes salariés, l’essentiel c’est d’être passionné et motivé. En Allemagne, ça n’est pas mal vu d’embaucher des étrangers dans le secteur agricole. D’ailleurs, il ne faut pas croire qu’ils me coûtent moins cher ! »

Chacun signe les résultats, ce qui rend chaque trayeur responsable

« Les trois traites facilitent justement le roulement des équipes : c’est plus attrayant que de faire une journée de deux traites avec une coupure au milieu. » Au niveau de l’organisation, Kim se place en haut de l’organigramme et dispose de deux  gestionnaires de troupeau en dessous de lui. Ensuite, cinq binômes d’ouvriers assurent la traite. « Tous les matins, je fixe un rendez-vous aux deux gestionnaires pour faire le point sur les traites passées. Nous faisons également une réunion avec toute l’équipe tous les 15 jours. »

Comme cité plus haut, les rapports de traite sont quotidiennement affichés : « Chacun signe les résultats, ce qui rend les trayeurs responsables. D’ailleurs, on peut voir sur chaque rapport qui a été le plus performant du binôme. Les salariés connaissent parfaitement leurs objectifs en termes de qualité et de quantité, c’est la base de la réussite : chaque personne doit savoir ce qu’on attend d’elle. »

Manager des salariés nécessite d'être forméPour ce chef d’entreprise, la base du succès passe par trois critères : la sincérité, le respect et la communication. « Il faut fixer des objectifs clairs et cohérents. Mieux vaut diriger l’équipe en tant que leader pour qu’elle nous suive plutôt que se placer en boss et donner les ordres. » L’éleveur a suivi une formation agricole (bac pro puis école supérieure d’agriculture) et a séjourné à l’étranger, notamment en Amérique du Nord et en Italie, mais il regrette de ne pas avoir suivi de formation pour manager une équipe. « Je trouve que c’est nécessaire pour savoir négocier, faire face aux critiques, établir des plans de carrière, etc. J’ai un conseiller d’entreprise que je consulte une à deux fois par an mais ce n’est pas suffisant. » Il rappelle d’ailleurs qu’il « ne faut pas oublier de faire évoluer la main d’œuvre pour la fidéliser. Il faut alors investir 10 à 20 000 €/an pour la formation des salariés. »


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 16 RÉACTIONS


didierloch
Il y a 142 jours
on a combien de retard en France? , c est juste de nos voisins dont on parle ,la
Répondre
caliméro
Il y a 195 jours
Mon dieu, j'ai envie de vomir.
Répondre
JPLAND
Il y a 199 jours
Voici l'aboutissement pour tous les producteurs laitiers ruinés ou en passe de l’être par l'économie productiviste de marché ,devenir employé dans une usine à lait ,l'économie moderne ne tolère plus les exploitations de tailles humaines .C'est lamentablement dramatique.
Répondre
Moty
Il y a 201 jours
Effectivement, ça engraisse bien tous les commerciaux.
Au niveau de la banque , c'est 400 000 € d'annuités ( 56€/1000l )
ça paraît maitriser
Avec nos 25 VL , nous ne les envions pas du tout
Répondre
Bizarre
Il y a 201 jours
400 000 euros de dettes pour une exploitation de cette taille c'est peu non !?!?
Répondre
steph72
Il y a 202 jours
Et avec la main d'œuvre payée normalement aux 35 h il faudrait rajouter 10 ctspar l

L'industrie laitiere peut se fare du gras avec de la main d'œuvre payee au lance pierre,quelle belle image de ce pays;

Pas de chomage mais de petits salaires
Répondre
FAB
Il y a 202 jours
Quand tu vois que le salarié est moins cher que la banque, merci les polonais….Elle est belle l'Europe!
Répondre
debutant
Il y a 202 jours
bin voila comment faire du lait a pas cher nul en France vous etes nul ...................
Répondre
Patrice Brachet
Il y a 203 jours
Merci à Vous pour ces paroles sensées A Tell je dis tu as entièrement raison mais à quel prix et l être humain est des fois trop bête et trop méchant dans ses actes
Répondre
tell14
Il y a 203 jours
oui Jonathan on est sur la même longueur d'ondes tu rajoute des races plus rustiques et le pâturage (quand c est possible)et la tu sort un ebe canon .
bien sur au debut tu passe pour un de bille puis avec le temps tu voie tes plus grands détracteurs faire comme toi....et la tu sais que tu as raison.
Répondre