Nutrition des veauxBien démarrer ses génisses

| par Cécile Julien | Terre-net Média

C'est dès la naissance que se joue la future carrière d'une laitière. Lors du Space, le nutritionniste américain Drew Vermeire a donné quelques recommandations pour bien démarrer ses génisses.

Drew Vermeire, nutritionniste américain, donne des conseils sur le démarrage des génisses.D'après Drew Vermeire : « les génisses avec la meilleure croissance seront celles qui produiront plus de lait » (©Terre-net Média)

Pour bien démarrer sa croissance, un petit veau a besoin de colostrum pendant ses quatre premiers jours. « Le colostrum est très important, il faudrait que le veau en absorbe 6 litres lors de son premier jour », recommande Drew Vermeire. L’éleveur doit avoir en tête de permettre à ses futures génisses une croissance la plus rapide dès la naissance, avec l’objectif de doubler le poids de naissance en deux mois. Pour cela, il faut leur apporter suffisamment d’énergie mais aussi de protéines pour que le veau développe sa musculature. « Autant pour des veaux de boucherie, il faut raisonner la ration la moins chère, mais pour les futures laitières, il ne faut pas faire de fausse économie sur leurs apports, sous peine de retarder leur mise à la reproduction, de pénaliser leur production ».

Dans le calcul de la ration, il faut penser à compenser les températures fraiches. Si le veau utilise plus d’énergie pour des besoins d’entretien qui augmentent avec le froid, sa croissance en sera pénalisée. Drew Vermeire a observé qu’à - 10°C à ration équivalente, il ne reste plus d’énergie pour la croissance, tout est absorbé pour contrer le froid. « Il faut ajouter 12 g d’aliment d’allaitement par degré en dessous de 20°C » recommande le nutritionniste.

Pour apporter de l’énergie, il faut miser sur le lait ou l’aliment d’allaitement mais aussi l’aliment sec en favorisant sa consommation dès le plus jeune âge. « Un veau qui consomme suffisamment d’aliment sec sera moins stressé et perdra moins de poids au sevrage, observe Drew Vermeire. En plus, l’aliment sec est souvent moins cher que l’aliment d’allaitement ». Là où les pratiques divergent entre la France et les Etats-Unis, c’est sur les sources de protéines (la farine de poissons y est autorisée) et les apports d’aliments fibreux. Au regard des normes bien-être, en France, il est obligatoire à partir de deux semaines. Aux Etats-Unis, l’apport est beaucoup plus tardif. « Les éleveurs ne distribuent de la paille ou du foin qu’à partir de 20 semaines, explique Drew Vermeire. A sa naissance, le veau est un pré-ruminant, il ne digère pas les fibres. Son rumen est petit. Il se développera si on lui apporte suffisamment d’acides gras volatils issus de la fermentation de l’amidon ».


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