Etude scientifiqueLe bien-être des vaches à la loupe

| par Elodie Mas | Terre-net média

Deux éleveurs de vaches laitières picards réfléchissent aux moyens d'améliorer leurs conditions de travail mais aussi le confort de leurs bêtes. Ils se sont donc groupés pour faire construire un bâtiment plus fonctionnel et ils participent actuellement à une étude comparative sur les revêtements de couchage pour logettes. Genèse et objectifs de cette étude scientifique qui a démarré en février et qui durera six mois.


Le bâtiment a été construit l'an passé. (© Terre-net Média)
Christian Bizet et Louis Baclé partagent, à la base, trois points communs : la localisation de leur exploitation à Saint-Quentin-d’Autheuil, à une dizaine de kilomètres de Beauvais (Oise), leur activité puisqu’ils élèvent tous deux des vaches laitières, et leur passion. Ils en comptent désormais deux de plus : un bâtiment commun et la participation à une étude scientifique.

« Voisins de palier »…

« L’objectif de la construction d’un bâtiment commun est de s’entraider pour la traite, la nourriture et le nettoyage afin d’améliorer nos conditions de travail en réduisant les tâches, résume Louis Baclé qui est à la tête d'une cinquantaine de vaches laitières. Aucun de nous deux n’aurait, en plus, pu investir seul dans une telle infrastructure de 2.500 m² avec des équipements de traite dernier cri. Nous restons en revanche totalement indépendants. Chacun gère sa société. Le bâtiment est d’ailleurs divisé en deux parties jumelles que ce soit pour les logettes comme pour la salle de traite. Les deux troupeaux ne se mélangent jamais, mais l’avantage c’est que celui qui nourrit ou qui traie le fait pour les deux. On est comme des voisins de palier en fait ! »

… puis candidats pour l’étude


Tout est aménagé en symétrie. (© Terre-net Média)
« Nous avons opté pour les logettes (système de caillebotis intégral) et au moment de prospecter pour choisir le revêtement de couchage, nous avions du mal à choisir entre les différents tapis et matelas en vente sur le marché… C’est pourquoi nous avons eu l’idée de participer à une étude afin de pouvoir comparer et aider les autres éleveurs aussi, explique Christian Bizet qui compte aussi une cinquantaine de vaches laitières. Nous voulions également communiquer sur ce type de bâtiment qui n’est pas forcément bien vu. Beaucoup associent en effet ce système de caillebotis intégral à de l’élevage intensif et hors sol alors qu’on peut l’utiliser avec une organisation laitière traditionnelle : nos troupeaux vont à l’herbe de mi-avril à mi-octobre. L’idée est vraiment que tout le monde y trouve son compte : les vaches comme nous ! »

Les objectifs ?

 En plus de ces deux agriculteurs, deux fabricants participent à cette étude pilotée par l’Institut de l’élevage, la chambre d’agriculture de l’Oise et l’Institut Polytechnique LaSalle : Bioret-Agri et Kraiburg. « Les logettes du premier troupeau sont recouvertes avec un matelas multicouches et multiplaces, et celles du second troupeau avec des tapis individuels monocouche, détaille Xavier Tetrel, conseiller en bâtiment élevage de la chambre d’agriculture. Nous avons aussi mis en place un test de préférence en bout de bâtiment où des génisses peuvent choisir entre différents types de matelas et tapis puisque chaque logette a un revêtement de couchage différent. L’objectif est de tester le bien-être des vaches afin de faire évoluer les recommandations aussi bien en matière de choix de revêtement que d’utilisation et de réglages (très importants !) des logettes. »

Les observations ?


Séverine étudie le comportement des vaches. (© Terre-net Média)
C’est une élève ingénieur d’Agrocampus qui est chargée de réaliser cette étude : Séverine Dubois. Après avoir sélectionné quarante vaches dans chacun des deux troupeaux, elle a attaqué ses observations le 2 mars et elle les poursuivra jusqu’à leur mise à l’herbe, mi-avril : « Chronomètre en main, je note tous leurs mouvements : levers, couchers... Je regarde comment elles entrent et sortent des logettes, mais aussi leur position quand elles se couchent, ou encore leur propreté. Nous avons commencé par une observation de 24 heures pour obtenir une première vision globale du comportement des deux troupeaux : temps de repos, d’inaction.... J’effectue désormais les relevés 5 jours sur 7, du matin au soir. »

Un travail ultra minutieux complété par des observations de santé générales. « Trois bilans vétérinaires sont programmés au cours de l’étude pour pointer leur état corporel et les éventuelles boiteries ou blessures. J’aurais ensuite un gros travail statistique à faire pour donner des conclusions sur le comportement des vaches. »

A suivre…

Rendez-vous cet été pour un nouvel article avec les toutes premières constatations de cette étude inédite.


Les vaches circulent librement entre les logettes. (© Terre-net Média)


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