Alimentation animaleLes protéines : un casse-tête pour l'Europe

| AFP

L'Europe importe 70 % de ses besoins en protéines pour l'alimentation animale, pour l'essentiel des tourteaux de soja - on appelle "tourteaux" la partie riche en protéines restant après extraction de l'huile - qui entrent dans la composition des aliments pour bétail.

Les trois principaux exportateurs de soja sont les Etats-Unis, l'Argentine et le Brésil, selon Prolea, la filière française des huiles et protéines végétales. De ces trois producteurs, le Brésil est le seul dont la production reste encore massivement non OGM.

Les importations françaises de tourteaux de soja (près de 5 millions de T par an) "proviennent à 80 % du Brésil, entre 10 et 15 % d'Argentine et le reste d'origine diverse", selon Adolphe Thomas, président du syndicat national des industries de l'alimentation animale (Snia).

Selon le Snia, la France est le premier producteur européen d'alimentation animale avec 22,8 millions de tonnes, dont la Bretagne fournit près de la moitié.

La demande européenne de protéines est en croissance constante (de l'ordre de 3 % par an depuis 20 ans). "Le déséquilibre du marché mondial place les pays importateurs en situation de fragilité (...) et leurs "filières animales en situation de vulnérabilité", souligne Prolea.

"La nutrition animale ne peut pas se passer du soja en raison notamment de certains acides aminés indispensables" qui n'existent pas dans les sources alternatives de protéines telles que le tournesol ou le colza, explique Adolphe Thomas.

Ces importations de tourteaux de soja se sont massivement développées dans les années 60 quand la Communauté économique européenne a décidé de fonder la politique agricole commune (Pac) : en échange d'une protection de son marché céréalier, la Communauté économique européenne (CEE), sous la pression des Etats-Unis principaux exportateurs, concède une entrée sans droits de douanes sur son territoire des graines et tourteaux d'oléagineux (Dillon Round en 1962).

L'Europe parle depuis des années de rétablir son autonomie en protéines. Le sujet a commencé à être évoqué en 1973, après l'embargo américain sur le soja à destination de l'Europe.

Mais Prolea craint que la réforme en cours de la Pac n'entraîne "un probable recul des surfaces (européennes) d'oléagineux et de protéagineux, conduisant à une nouvelle amplification du déficit en protéines végétales de l'Union européenne, avec tous les risques associés d'insécurité d'approvisionnement, en termes tant de qualité que de quantité".



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