Salon de l'agricultureLe lama : de plus en plus populaire

| AFP

Introduits en France au début des années 1980,les lamas, qui font leur première apparition cette année au Salon de l'agriculture à Paris, sont de plus en plus populaires comme animaux de compagnie ou pour leurs capacités à débroussailler.

Au point que les quelque 2.000 lamas français, dotés de puces électroniques  et enregistrés à la Bergerie nationale de Rambouillet (Yvelines), commencent à  faire vivre quelques exploitants agricoles originaux.

Ainsi, Delphine Rivière, 35 ans, titulaire d'un MBA de l'Université Pace de  New York. Cadre dans le service exportation d'une firme américaine basée à  Lyon, elle se retrouve licenciée économique à la fin des années 90.

"Cela tombait bien, je voulais être mon propre patron", s'amuse Mme Rivière  qui achète son premier lama, "un animal doux" découvert lors d'un voyage au  Pérou et en Equateur, en 1999 lors du Salon international du lama et de  l'alpaga à Viviers (Ardèche). "Le lama avait une bonne bouille", se  rappelle-t-elle.

S'installant dans un moulin du 17e siècle à Chambost Longessaigne (Rhône),  cette urbaine n'est pas très bien accueillie par les éleveurs locaux,  spécialisés dans les robustes boeufs charolais.

Désormais à la tête d'un troupeau de 10 lamas, qui lui donne chaque année  trois ou quatre petits nés après une gestation de 11 à 13 mois, Delphine  Rivière affirme que son affaire "marche bien". Même si pour le moment elle  continue d'être, à mi-temps, professeur d'anglais commercial à l'Université de  Lyon III.

Chaque mâle est vendu 1.500 euros, tandis qu'une femelle rapporte 3.000  euros. Les acheteurs sont des cadres qui les utilisent dans leurs propriétés  ou leurs résidences secondaires pour débroussailler et comme animaux de  compagnie pour leurs enfants.

Contrairement aux moutons, aux ânes ou aux chevaux, les lamas, en plus de  l'herbe, avalent les épineux comme les ronces, l'aubépine, les chardons, les  genêts et le lierre.

Dans sa ferme pédagogique, "Les Lamas de Lafayette", Delphine Rivière  accueille chaque année 3.000 à 4.000 enfants et leurs accompagnateurs, venus  des écoles et centres sociaux de la région.

Pas de crainte, comme pour le capitaine Haddock dans "Tintin et le Temple  du Soleil", que les lamas crachent du "rumen", de l'herbe fermentée dans la  panse, à la figure des enfants. "Le lama, qui ne mord pas et ne donne pas de  coup de pied, crache uniquement quand on le met en colère ou quand il est  menacé par un prédateur", assure Mme Rivière.

Elle utilise aussi la laine de l'animal, qui est vendue après une tonte  annuelle après avoir été filée sur un fuseau, à l'ancienne.

Mme Rivière, qui plaide pour "la qualité", présente avec fierté un de ses  lamas, "Misti de Parassac". Sur le stand de "Agronomes et Vétérinaires sans  frontières", il parade, auréolé de son titre de Champion d'Europe conquis dans  une compétition réunissant des lamas venus de France mais aussi de Suisse,  d'Allemagne, d'Autriche et d'Italie.


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