Suicide des agriculteursUn groupe de travail créé au Sénat

| AFP

Le Sénat a repoussé jeudi l'examen d'une proposition de loi visant à prévenir le suicide des agriculteurs, jugeant nécessaire d'approfondir la question avec la mise en place d'un groupe de travail.

Agriculteur La MSA fait état de 605 décès par suicide d'assurés du régime agricole.  (©Olena Mykhaylova/Fotolia)

La chambre des territoires a renvoyé en commission le texte proposé par le sénateur de l'Hérault Henri Cabanel (RDSE à majorité radicale), sans l'examiner. « Ce n'est pas une loi qui permettra de résoudre une fois pour toutes » la question du suicide des agriculteurs, a estimé la rapporteure Françoise Férat (centriste).

« Trop longtemps resté à l'écart du débat public », un problème « aussi grave ne peut pas rester sans solution », a-t-elle ajouté.

La commission des affaires économiques a ainsi décidé de créer un groupe de travail de douze membres, relatif « aux moyens mis en œuvre par l'État en matière de prévention, d'identification et d'accompagnement des agriculteurs en situation de détresse ».

Ces travaux devraient déboucher sur un rapport préconisant des solutions pour améliorer ce que l'État propose en matière de prévention du suicide des agriculteurs.

Pour le ministre de l'agriculture Didier Guillaume, « c'est une nécessité d'améliorer cette prévention ». Les statistiques les plus récentes de la sécurité sociale agricole, la MSA, font état de 605 décès par suicide d'assurés du régime agricole (233 salariés et 372 exploitants) en 2015.

« C'est plus d'un exploitant par jour qui se donne la mort, ce chiffre est terrible », a relevé Didier Guillaume. D'autres indicateurs sont également alarmants : « environ 300 appels par mois au dispositif d'écoute pour les agriculteurs en situation de détresse Agri'Ecoute ».

La proposition de loi d'Henri Cabanel visait à améliorer le système de détection des agriculteurs en situation de fragilité. L'idée était d'obliger les établissements bancaires à repérer les difficultés financières de leurs clients, chefs d'exploitation agricole ou salariés agricoles, et à les orienter vers un accompagnement social et psychologique. « Le compteur tourne », a alerté Henri Cabanel.


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DÉJÀ 6 RÉACTIONS


alain
Il y a 255 jours
en effet, les signes de souffrance mentale due au contexte socio-économique de l’agriculture sont fréquents, dont notamment un excès de risque de décès par suicide chez les travailleurs du secteur agricole. L’isolement géographique et social ou encore le faible revenu des exploitants agricoles accroissent les exigences et des pressions psychologiques exercées sur le psychisme de l’agriculteur. L’excès de charge mentale qui en résulte génère des conditions de travail stressantes, responsables de risques psychosomatiques, conduites addictives et somatisations (maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, troubles gastro-intestinaux, états d’anxiété et dépressifs, suicides…).: http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=589
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le cheval de devant
Il y a 266 jours
ces suicides a repetitions tant en agriculture que dans d'autres corporations traduit l’incapacité notoire de nos dirigeants nationaux comme européens a élaborer une vraie politique agricole digne de ce nom.une prise de conscience de nos populations nanties se fera jour seulement si un jour futur les rayons de super marches serons remplis de produits importes accessibles a prix d'or peut être qu'a ce moment nous regretterons ceux qui ont fait naguère la richesse de notre pays.
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crotte2bique
Il y a 282 jours
Si ça rapporte des sous, je veux participer au groupe anti-suicide pour gagner des sous, payer des bouts de MSA et éviter mon propre suicide...Suis-je claire?
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trop bete
Il y a 284 jours
Des prix corrects, couvrant nos coûts de production, moins de parasites qui se gavent grâce à nous et des consommateurs qui se rendent compte que s'il n'y a plus d'agriculteurs, il ne faudra pas demander de beaux paysages et des produits français...
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Énervé
Il y a 284 jours
Faudrait faire de même à la banque verte et surtout où il y’a de jeunes chef avide d avancement. Pour les coopératives faudra les dissoudre pour leur redonner une taille humaine et adapter la paye des directeurs à la taille de celle-ci
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misérable
Il y a 284 jours
Il faudra faire une loi qui oblige les grosses coopératives à affiché les portraits de tous les suicidés de l'agriculture à l'entrée des sièges social de toutes ces multinationales ,une sorte de lieu de commémorations .
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